Sun Kil Moon – Common As Light And Love Red Valleys Of Blood

Vous pensez vraiment que Sun Kil Moon allait en rester là après son album Universal Themes en 2015 (chroniqué ici) ? Et bien vous vous mettez le doigt jusqu’au bout du troufion. Parce que Mark Kozelek est prêt à en découdre et va multiplier les nombres d’albums pour bien emmerder… euh pardon, remplir sa fan base de musique jusqu’à saturation. Euh non, saturation ai-je dit ? Connais pas. Donc voici donc le premier album de 2017 en tant que Sun Kil Moon qui est un double-album nommé Common As Light And Love Are Red Valleys of Blood parce que deux fois plus, c’est mieux. Peu importe si c’est trop car beaucoup plus, c’est mieux.

Donc on reprend là où Mark Kozelek s’est arrêté avec Univesal Themes et refait appel à ses sbires comme Steve Shelley à la batterie (toujours aussi doué) et nous offre des longues compositions indie folk qui tiennent la route comme la magnifique introduction nommée « God Bless Ohio » mais aussi « Window Sash Weights » et « I Love Portugal » entre autres. Et comme à son habitude, il déblatère sa vie quotidienne toujours aussi passionnante et riche en dénouements où l’on passe d’un sujet à un autre sans que l’on comprenne vraiment les enchaînements avec toujours le fait qu’il n’ait toujours pas digéré que Pitchfork ait changé la note de son album précédent ou l’éprouvante élection présidentielle en passant par ses fameux name dropping (Father John Misty, Sufjan Stevens, etc…) et on se tape ça à la puissance 1000 avec « Philadelphia Cop », « The Highway Song », « Early June Blues » et « Bastille Day » entre autres.

Musicalement, Sun Kil Moon tente pas mal de trucs mais alors des milliers de trucs qui lui plaisent peu importe si ça part dans tous les sens notamment sur les titres riches en storytelling comme « Sarah Lawrence College Song » et « Butch Lullaby » où l’on fait des aller-retours entre passages chantés et d’autres en spoken-word. Ainsi, il faudra pas dire bip si l’on entend des cuivres et des synthés sur le bien chelou « Seventies TV Show Theme Song » parce que oui, entrer dans le cerveau fou de Mark Kozelek demande du courage. On appréciera beaucoup plus son côté vulnérable et romantique avec « I Love You Forever and Beyond Eternity » que son côté cynique et crise de la cinquantaine où il déblatère pas mal de trucs quitte à vexer les gens. En bref, Common As Light And Love Are Valleys Of Blood est un disque qui fonctionne comme un repas trop copieux avec 16 morceaux pour presque 2 heures de musique. Comme quoi, l’ex-leader des Red House Painters n’est pas là pour niaiser au niveau quantité même si il privilégie pas tout le temps la qualité. Et ça ce n’est que le début parce qu’on aura droit à de multiples sorties musicales de sa part dans les mois à venir. La fatigue ? Non connais toujours pas non. Il n’est pas là pour prendre des gens pour des jambons (lol).

Note: 7/10