Sylvan Esso – Ow ∞

C’est dire qu’ils nous avaient manqué, ces deux-là. Sylvan Esso n’avait pas donné signe de vie depuis leur précédent album nommé No Rules Sandy paru il y a quatre années de cela maintenant et qui signait un parfait retour aux sources. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est de savoir si Amelia Meath et Nick Sanborn maintiennent le niveau avec leur successeur nommé Ow ∞.

Désormais indépendants, Sylvan Esso continue leur ascension avec une ambition nouvelle qui se décline en douze titres aussi abrasifs qu’enivrants avec ce sens de la démesure qui leur est familier. Ow ∞ débute avec un « Entertainment & Coca-Cola » aussi bien psychédélique que distordue mais ô combien efficace où on retrouve la voix enchanteresse d’Amelia Meath plus redoutable comme sur les influences plus indie rock des allures glitchy de « Flood Season » qui suit de très près. Plus intense et plus immédiat que jamais, le duo de la Caroline du Nord mise sur l’imprévisible pour mieux nous captiver et cela s’entend lors des morceaux percutants comme « Hot Slob » et « Sledge » plus nerveux que jamais mais ô combien jouissifs.

Sylvan Esso convoque l’énergie de l’indie rock et les rythmiques électroniques implacables et un brin arty pour pouvoir appuyer leur réflexion sur la résilience. Et c’est à travers d’autres morceaux ensorcelants comme les ambiances trip-hop de l’hallucinogène « Concrete Glen » qui sample la voix de Jonsi de Sigur Ros ou bien le futuriste « Back Again » frôlant les sonorités chuptune que le duo tire de nouveau son épingle du jeu en faisant parler leur créativité hors normes. Ow ∞ saura cohabiter efficacement différentes émotions entre résilience et vulnérabilité avec « Right To Left » ainsi que « Good at Pain » parfaitement bien écrits pour celleux qui utilisent la souffrance comme une nécessité et un moteur dans notre quotidien. Petit à petit, l’ambiance se fait plus contemplative et éthérée avec « Jessica » ainsi que « On & On » avant que « Plastic Sword » se clôture tel un mantra inachevé mais avec une imagerie mêlée à la mort presque lancinante et lugubre.

Une fois n’est pas coutume, Sylvan Esso continue de nous étonner avec ce Ow ∞ plus incisif que jamais. Une preuve que le duo de la Caroline du Nord reste un électron libre dans l’ndiesphère américaine qui n’hésite pas à sauter dans l’inconnu vers un présent s’annonçant dystopique à travers ces nouveaux titres ô combien inventifs.

Note: 8/10