Pardoner – Uncontrollable Salvation

Vous voulez du punk brut qui décoiffe tout ? Et bien, Pardoner est sans conteste un groupe qui saura répondre à vos attentes. Le quatuor de San Francisco a fait ses premières preuves en 2015 avec ses premières démos Happy Trails et Kidney Pool ainsi que leurs EPs l’année suivante Not As Soft et Gravedigger. Signé sur le label underground Father/Daughter Records, les californiens passent à l’étape supérieure avec leur premier album Uncontrollable Salvation.

Ne vous attendez pas à du pop-punk tout gentillet et mélodique avec Pardoner, bien au contraire. Tout au long de ce Uncontrollable Salvation, le quatuor balance du gros son de « Blue Hell » à « Pivot Fakie » en passant par « Labrador » et « My Sorry Ass » où les riffs abrasifs et fuzzy sont en parfaite harmonie avec les lignes de basse malicieuse et la voix de Max Freeland qui sonne juste avec ses paroles sardoniques. Occasionnellement, ils en profitent pour ralentir le tempo comme sur « Carousel Of Punishment » avant de repartir sur « Pivot Fakie » jusqu’au dernier morceau flirtant avec le post-punk qu’est « Don’t Stop Believin’ In Me » où les natifs de la Bay Area se font plaisir pendant 7 minutes.

Avec Uncontrollable Salvation, Pardoner a atteint sa cible comme il se doit. Et pendant 41 minutes, on se prend une bonne salve de punk bien rageur sur un premier opus bien constant et survitaminé comme on en fait plus.

Note: 8/10

Retrouvez Pardoner sur Facebook / Twitter / Bandcamp

Droeloe – A Moment In Time EP

Voici une sympathique découverte pour tous les amateurs d’EDM et de future bass: Droeloe. Il s’agit d’un duo néerlandais composé de Vincent Rooijers et de Hein Hamers qui possèdent un énorme béguin pour la scène électronique. On ne sait pas grand chose sur eux, si ce n’est qu’ils sont les boss de leur label Bitbird mais une chose est sûre, c’est que leur premier EP de 5 titres A Moment In Time est une de leur valeur sûre.

Conceptuellement parlant, cet EP se veut être une frise chronologique où l’on part de l’année 1997 avec le premier morceau « Back When » bien punchy comme il se doit et qui se conclut avec l’emballant « Just Now ». Et très vite, des morceaux plus punchy et dansants font surface avec la voix d’une chanteuse dont je connais pas le nom mais qui gère plutôt bien sur « Sunburn » et l’excellent « Homebound », là où le côté festif côtoie les émotions. Ceci dit, Droeloe s’en sort plutôt avec les honneurs avec A Moment In Time et des instrumentaux colossaux comme « Lilypads » prouvent qu’ils sont capables de soulever la scène électro dans pas longtemps.

Note: 8/10

Retrouvez Droeloe sur Facebook / Twitter / Soundcloud

Brand New – Science Fiction

Durant les années 2010, on a vu pas mal de groupes emo qui tentent de raviver la flamme comme ils le peuvent comme Sorority Noise, Modern Baseball, The Hotelier ou encore The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die. Mais bien avant eux, il y avait Brand New qui a régné sur la décennie précédente avec quatre albums dont le dernier en date de 2009 nommé Daisy. Huit années se sont écoulées et on n’a toujours pas de nouvelles du groupe de Long Island et les rumeurs de séparation éclatent. Ceci est vrai mais ils préfèrent se séparer avec classe avec leur cinquième et (probable) ultime album nommé Science Fiction.

Et permettez-moi de vous dire que Jesse Lacey et ses compères se sont incroyablement surpassés sur ce disque plus réfléchi et plus audacieux qu’auparavant. Débutant de façon grandiose avec la ballade aérienne de « Lit Me Up » aux claviers glaciaux, on sent que Science Fiction est plus une suite logique à leur autre chef-d’oeuvre The Devil and God Are Raging Inside Me de 2006 que celui de Daisy en raison du retour des samples de dialogues qui habillent leurs morceaux. S’en suivent également des futurs tubes à la hauteur de la réputation du groupe que sont « Can’t Get It Out », « Out Of Mana » ainsi que « No Control » possédant le rock aux saveurs emo dans la peau.

Pour le reste, Brand New synthétise tout ce qu’ils ont pu accomplir de légendaire durant leur carrière sur ce Science Fiction riche en sensations. Impossible de ne pas frissonner à l’écoute de « Could Never Be Heaven », « Same Logic/Teeth » ainsi que « 137 » et il n’est pas un hasard de croiser les influences sudistes sur le bluesy « Desert » ou d’autres plus abrasives sur le défouloir « 451 ». Après tout ce festival musical qu’a pu nous offrir le groupe, voilà qu’ils concluent la cérémonie avec une dernière danse plus planante nommée « Batter Up » qui a de quoi nous offrir un petit pincement au cœur. Un final aussi triomphant que classe comme ça, c’est pas tous les jours que ça a lieu et Brand New nous offre une sortie digne de ce nom. Science Fiction est assurément une très très grande note à leur testament en tant que groupe. Merci pour tout.

Note: 9.5/10

The Babe Rainbow – The Babe Rainbow

The Babe Rainbow est un groupe originaire de Byron Bay qui a tout de suite imposé son style. Il a tout de même attiré l’attention de Danger Mouse en personne qui n’hésite pas à les signer sur son nouveau label 30th Century Records aux côtés de Grandaddy, Autolux mais aux côtés d’actes mins connus comme Maybird et Dams of The West. Et voilà qu’ils viennent imposer leur style avec leur premier album.

Un style qui se caractérise par des compositions pop psychédéliques à la cool, comme l’affirme des titres ensoleillés et smooth as hell que sont « Losing Something », « Peace Blossom Boogy », « Johny Says Stay Cool » ou encore « Sunflower Sutra ». Et les quatre gars veulent se la jouer tellement cool qu’ils s’autorisent n’importe quel genre musical, à savoir la disco-funk trop délurée de « Monky Disco » chantée à moitié en français ou encore de la doo-wop sur « Supertition Shadow Walk ».

Même si cette sensation de déjà entendu est très vite mise en avant (« Charms Travel », « Cosmic Kiss »), The Babe Rainbow n’hésite pas à lâcher quelques bonnes surprises addictives que sont « Blue Hour » et « Survival Into The 21st Century » qui méritent à ce qu’on s’attarde dessus. Avec ce premier album fait pour les néo-hippies, le groupe australien prouve qu’ils savent kicker mais plus d’originalité aurait été la bienvenue.

Note: 7/10

Retrouvez The Babe Rainbow sur SiteFacebook / Bandcamp

https://open.spotify.com/embed?uri=spotify:album:2Nnv5SBMqH4yCbM7NTp9Vs

Seapony – Be Here Again EP

C’était sans doute le come-back auquel on s’attendait le moins. Alors qu’on était sans nouvelles de Seapony depuis leur prétendue séparation en 2015 après la parution de leur troisième album A Vision sur le label Hardly Art, voilà qu’ils ont annoncé leur reformation à travers leu nouvel EP de 6 titres Be Here Again. Nous voilà soulagés alors.

Et très vite, on oublie cette mauvaise nouvelle de séparation car le trio de Seattle n’oublie jamais ses repères tant on se laisse baigner par leurs morceaux indie pop rêveurs. Aussi bien à l’aise avec une drum machine sur les plus synthétiques « Imagining Things », « Have It Made » ainsi que sur le final « Nothing’s Right » qu’avec une batterie sur les plus organiques « What’s Gonna Happen » et l’envoûtant « Watch Out ». Donc non, pour ceux qui doutaient, Seapony revient plus fort avec cet EP stellaire et totalement planant avec la voix de Jen Weidl toujours aussi ensorcelante. Welcome back, les gens !

Note: 8/10

Rostam – Half-Light

Après dix ans de bons et loyaux services, Rostam Batmanglij a décidé de quitter Vampire Weekend l’année dernière. Tandis que la nouvelle est déchirante, rassurez-vous, il sera bel et bien présent sur le prochain album du groupe. Espérons-le seulement. Entre temps, le guitariste et second cerveau principal du groupe en a profité pour travailler auprès d’autres musiciens et groupes comme Ra Ra Riot et HAIM mais aussi auprès du monde du R&B comme Frank Ocean et Solange. L’année dernière, il nous a offert un sublime opus aux côtés de Hamilton Leithauser (chroniqué ici), et voilà qu’il nous présente enfin son premier album solo intitulé Half-Light.

C’est dire qu’il était vivement attendu ce premier opus tellement ce Rostam était hyper-talentueux. On retrouve toute la synthèse de son succès à travers ces quinze morceaux de pop baroque aux arrangements peaufinés avec « Sumer » qui donne l’impression que Modern Vampires Of The City ne date de la veille, sans oublier « Bike Dream » et « Thatch Snow ». La voix presque chuchotée du bonhomme brille parfaitement sur des titres riches en sensations fortes comme « Never Going To Catch Me » ou encore les accents gospel de l’angélique « EOS » et sait se cantonner dans plusieurs genres.

Il n’hésite pas à envoyer un clin d’oeil à ses origines iraniennes sur les influences orientales de « Wood » et les percussions exotiques de « When » mais aussi à ses productions antérieures avec « Rudy » pouvant être une suite logique à « Diplomat’s Son » de son ancien groupe mêlant les ambiances aussi bien chaotiques (« Don’t Let It Get To You », « Warning Intruders ») que célestes (« I Will See You Again », « Don’t Let It Get To You (Reprise) » en version aérienne). Bien sûr, il peut compter sur la présence de Kelly Zutrau sur « Half-Light » mais également de sa fidèle collaboratrice Angel Deradoorian sur le R&B expérimental « Hold You » où il use de l’Auto-Tune.

En ouvrant son livre au monde entier, on arrive à retracer tout le parcours de Rostam Batmanglij à travers ce Half-Light où il offre sa vision du monde par rapport à la situation géopolitique et son orientation sexuelle mais aussi à travers ces innombrables influences musicales qu’il a su ingérer durant toutes ces années. Half-Light déborde d’inspiration et d’humilité

Note: 8/10

https://open.spotify.com/embed?uri=spotify:album:2eVtqdI1qU02LHrPH72Omq

See Through Dresses – Horse Of The Other World

See Through Dresses nous vient du Nebraska et a débarqué en 2013 avec leur premier album. Même si ils ont eu peu de reconnaissance, le quatuor sait mêler indie rock pur et dur avec des relents de shoegaze et de dream-pop de façon efficace. Après un EP paru en 2015, le groupe rempile avec un nouvel opus intitulé Horse Of The Other World.

Et ils ne perdent pas de temps avec les accents new wave de « Diamonds » où on reprend là où ils se sont arrêtés deux ans plus tôt avec une influence très Orchestral Manoeuvres. Le son est plus policé et plus authentique qu’auparavant comme l’affirme d’autres morceaux aussi bien aériens que terre-à-terres avec « Radiant Boy », « Light in August » ou encore les mélodramatiques « Catacombs » et « Shelley » qui prouvent de l’incroyable maturité du quatuor. On aurait cru entendre du Cocteau Twins et autres The Jesus & Mary Chain par moments mais aussi du Alvvays notamment sur « Pretty Police » mais le plus frappant, c’est la voix de Sara Bertuldo qui se rapproche de celle d’Emily Haines.

Hormis ces petites similitudes, le quatuor de Nebraska s’en sort à merveille et sait montrer ses crocs comme bon leur semble sur le quasi-punk « Lucy’s Arm » ou encore sur les dernières secondes du final « Horse of The Other World ». Riche en reverbs, See Through Dresses continue à se démarquer de la scène pour ses morceaux cathartiques et hantés mais toujours aussi envoûtants.

Note: 8/10

https://open.spotify.com/embed?uri=spotify:album:2xFYEYcp3j036rxKL0DVvS