Ratboys – GN

Vous en connaissez des groupes qui allient indie rock pur et dur et country-folk sans effort ? Et bien, Ratboys est capable de réussir dans ce domaine. Le groupe originaire de Chicago ayant comme têtes pensantes Julia Steiner (chant, guitare) et David Sagan (guitare) a publié un premier album AOID en 2015, c’est ainsi qu’ils récidivent avec leur second opus GN dans la droite lignée de son grand frère.

On retrouve à nouveau ce mélange qu’ils appellent de la « post-country » sur ce nouveau disque et encore une fois, on reste fasciné par la magnifique et éthérée voix de Julia Steiner avec des morceaux efficaces comme « Molly », « Elvis Is In The Freezer » et autres « Control » où l’on vacille de la douceur acoustique à la furie électrique éclatant de façon inattendue. Racontant leur quotidien à Chicago, Ratboys reste à nouveau dans leur élément en ouvrant la porte de leur intimité comme « Crying About The Planets », « Wandered » ainsi que « The Record ».

Le quintet réussit à nouveau son mélange en poussant le concept un peu plus loin pour un résultat des plus satisfaisants. GN ouvrira pas mal de portes à Ratboy ainsi que leur post-country aussi bien onirique qu’incisif.

Note: 8/10

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Blonder – Blender

Blonder est un quintet indie rock venu du Milwaukee et composé de Matt (chant, guitare), Mina (chant, violon, claviers), James (guitare), Vince (basse) et d’Eric (batterie). Formé il y a quelques années, le groupe a publié une première démo en 2013 suivi d’un EP deux ans plus tard et voilà qu’ils rentrent dans le grand bain avec leur premier album Blender.

Dès le premier titre « Lucky », les dés sont jetés: de l’indie rock pur et dur à tendance slacker avec le chant passionnant de Matt qui règne en maître. C’est un peu la tendance globale de ce Blender plutôt entraînant montrant cinq musiciens qui veulent en découdre et pas mal de morceaux énergiques et passionnants sont à souligner comme « Stupor », « The Fort » ou encore « Wait ». La plume incisive de Matt n’est pas en reste non plus tant il passe en revue ses émotions divers allant de l’euphorie à la mélancolie, de la joie à la rage, comme en témoigne « Fall Leaves » et la conclusion épique « Heat and Secrete ».

Après un bonus track « Fast » interprété par Mina, Blonder montre qu’ils veulent en découdre avec son premier album qui sent le DIY et la détermination à plein nez. Blender réconciliera les éternels puristes des années 1990 à coup sur.

Note: 8/10

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Somehow – Hidden Memories

Somehow est le side-project du Parisien Erwan Pépiot et avait publié un premier album l’an dernier du nom de The Desert of Wasted Time découvert sur le tard malheureusement. Mais fort heureusement, il revient frapper un grand coup avec son second album nommé Hidden Memories sur le label Toolong Records.

Voici donc neuf morceaux indie pop lo-fi purement mélodiques et sentimentales où la voix grave du multi-instrumentiste Erwan Pépiot presque semblable à celle de Jarvis Cocker dans sa période Pulp sans oublier les vocalises de  brille sur « Meet Me At The Western Point », « All The Ways Are Leading to You » ou encore « A Man And A Diving Soul ». Somehow ira flirter du côté de la folk que ce soit sur « Someday » et sur « Escape » ou de la pop romantique avec les instrumentations touffues de « Red Butterflies », « Fear of Heights » et de la conclusion « Meaningless Thoughts in Dark Times » témoignant de tous les talents du parisien.

Si vous êtes des fans inconditionnels de Belle and Sebastian, ce second album de Somehow est en quelque sorte la relève en raison de ses titres pop sentimentaux et incroyablement renversants.

Note: 7/10

Washed Out – Mister Mellow

Au rayon chillwave, toutes les oreilles sont tournées vers Toro y Moi ou encore Neon Indian. Et Washed Out alors ? Le musicien originaire de Géorgie est également un homme hors-pair dans cette catégorie mais beaucoup de gens ont tendance à passer à côté alors que c’est l’un des pionniers, ce qui est fort dommage. Après deux albums chez Sub Pop, voilà qu’Ernest Greene atterrit chez Stones Throw pour son nouvel opus Mister Mellow.

Comme tout pionnier qui se respecte, Washed Out nous offre un bon moment de musique relaxante et recherchée où l’on plonge dans le cerveau fou du musicien. Composé de 12 titres dont quatre interludes, Mister Mellow mélange sans souci lounge, free-jazz, electronica et hip-hop à travers des morceaux réussis comme « Burn Out Blues », « Floating By » et autres « I’ve Been Daydreaming My Entire Life ».

Qu’elle soit remuante sur « Hard To Say Goodbye » et « Get Lost », psychédélique sur l’étrange « Instant Calm » ou rêveur sur « Million Miles Away », il montre à nouveau son savoir-faire et arrive à mettre à l’amende toute la concurrence en 28 minutes chrono. Mister Mellow ou la chillwave à l’état pur comme on en fait plus.

Note: 8/10

This Is The Kit – Moonshine Freeze

En l’espace de trois albums, Kate Stables alias This is The Kit est devenue une des artistes indie folk les plus intéressantes de ces dernières années. Et il y a de quoi être séduits par son univers mélancolique mais poétique, ce n’est donc pas un hasard si on se laisse tenter une nouvelle fois avec son nouveau disque Moonshine Freeze toujours aussi paisible dans l’âme.

La chanteuse et musicienne originaire de Bristol et basée à Paris a fait appel à de grands noms pour cet opus: John Parish à la production et Aaron Dessner que je ne présente plus désormais mais ces deux noms majeurs iront rajouter un peu de caractère à la musique intimiste mais habile de la Britannique. C’est à coup de guitare acoustique qu’on se laisse bercer par tant de douceur dégagé avec des morceaux bien représentatifs comme « Bullet Proof » qui fait intervenir les cordes obsédantes ou encore les ambiances pastorales de « Easy on the Thieves ».

Pour le reste, on constate une évolution pour le moins fascinante et pour la première fois, This is The Kit sort des sentiers battus avec des influences venues d’ailleurs comme le jazz avec le saxophone qui fait des siennes sur « Hotter Colder » mais aussi quelques incursions gospel sur l’étonnant « Two Pence Piece ». Sa folk lumineuse prend un tournant plus étoffée et plus brute et on ne s’étonne pas d’entendre du Rozi Plain dans les sonorités sur le chaloupé « All Written On In Numbers » et l’hypnotique « Riddled With Ticks » par exemple. Mettant en avant les percussions, les claviers et autres arrangements, ce quatrième album déçoit rarement comme en atteste les derniers morceaux grandioses que sont « By My Demon Eye » et « Solid Grease ». Une fois de plus, This is the Kit saura nous envoûter en nous proposant des pièces folk paisibles qui sentent la saison estivale à plein nez et ce Moonshine Freeze en est la preuve.

Note: 8/10

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WYVE – Birth

WYVE est un duo parisien d’électro-pop composé de Michaël Dietrich (guitare, batterie) et de Maxime Toussaint (chant, guitare) formé en 2015. Avec des influences riches allant d’AaRON à Daft Punk en passant par Woodkid et The xx, les deux têtes pensantes veulent en découdre avec un premier album nommé Birth qui est plutôt un très bel acte de naissance.

Dès le premier titre, nous voilà plongé dans un univers très visuel et épuré où chaque instrument et chaque arrangement nous saisit à chaque seconde, si on prend également en compte la voix déchirante de Maxime Toussaint. Il règne un parfum de spleen et de légère mélancolie à chaque acte avec de très beaux exemples comme « Dust », le tendu « I Wanna Go » ainsi que le dense « Breathe » nous mettant en transe sans nous lasser. C’est une avalanche d’envolées épiques que l’on se prend en pleine face avec « Drifting Away » avant que les arrangements pop cristallins ne prennent le dessus sur la conclusion déchirante nommée « Lost » où l’association des guitares et des machines ne font plus qu’un afin de mettre en valeur le chant poignant de son hôte.

Birth est plutôt un très beau premier essai de la part de WYVE qui sait capter l’attention à travers des morceaux cinématiques et bouleversants. Il faudra cependant faire part de maturité et d’originalité pour la suite car on sent que le duo pourrait très vite incarner le futur de l’électro-pop visuel à la française d’ici peu de temps.

Note: 8/10

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Lucy Rose – Something’s Changing

Suite au succès rencontré avec son premier album Like I Used To en 2012, Lucy Rose est devenue une valeur sûre de la scène indie folk/country britannique. Avec comme principales inspirations Bob Dylan, Neil Young et Johnny Cash, la chanteuse et guitariste a récidivé en 2015 avec Work It Out aux accents plus soul-folk qu’auparavant, ce qui n’était pas pour nous déplaire. Deux ans plus tard, elle tente à nouveau de nous séduire avec Something’s Changing, sa troisième livraison discographique.

Il lui aura fallu un voyage en Amérique Latine ayant duré deux mois pour retrouver de l’inspiration pour Lucy Rose. Et voilà qu’elle revient nous émouvoir avec ses compositions minimalistes majoritairement centrés autour de la voix et de la guitare (avec un parfum de pedal steel qui traîne par ci par là…) telles que « Is This Called Home », « Strangest of Ways » et bien entendu « Soak It Up » où elle le fait sans effort. Si vous cherchez de la pop-folk sophistiquée, vous êtes à la bonne adresse. Bien entendu, on retrouve quelques titres qui sortent du lot comme les ballades aux piano sobrement nommée « Love Song » et la très Natalie Prass nommée « Second Chance » ainsi que la collaboration avec le trio The Staves sur « Floral Dresses » aux chœurs harmonieux.

Tandis que l’on se laisse bercer par des standards poignants comme « Moirai » et « Find Myself », la britannique surprend quelque peu en s’essayant dans un registre plus pop avec le plus enjoué « No Good At All » dont la mélodie au piano rappelle vaguement « Life’s Like This » de Kurt Vile. Mais majoritairement, elle réussit à nouveau son pari en excellant dans son domaine qui est la pop-folk romantique et incroyablement touchante. Something’s Changing est certainement son volet le plus inspirant de sa discographie, ce qui inaugure pas mal de bonnes choses pour la suite.

Note: 8/10

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