Casper Skulls – Mercy Works

C’est sans conteste la révélation indie rock de Toronto de cette année et elle se nomme Casper Skulls. C’est un quautor qui est prêt à en découdre tant leurs influences allant d’Arcade Fire des débuts à Joy Division en passant par Pink Floyd et Simon & Garfunkel se font ressentir à travers leur premier album Mercy Works.

Et très vite, ils mettent la barre très haute à travers l’explosif « You Can Call Me Allocator » après une introduction instrumentale synthétique mais aussi les plus convaincants « Lingua Franca », le dynamique « What’s That Good For » ou encore « Primeval ». Neil Bednis (chant, guitare) et Melanie Gail St-Pierre (chant, guitare) possèdent une plutôt bonne alchimie au micro tandis que Christopher Anthony (batterie) et Fraser McClean (basse) se débrouillent bien au niveau de la section rythmique.

Et à eux quatre, ils nous offrent des moments riches en sensations fortes avec les épiques « Colour Of The Outside », « Chicane, OH » mais encore « I Stared At « Moses and The Burning Bush » et « Glories » totalement massifs sans oublier un « Faded Sound » incroyablement prenant avec ses reverbs bien sentis en guise de conclusion. En fin de compte, il y avait de quoi parier sur Casper Skulls car ils sont à deux doigts de soulever la scène de Toronto avec leur Mercy Works dense et addictif.

Note: 8/10

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Romantic States – Corduroy In Italy

Romantic States est un sacré duo qui détonne. Composé de Jim Triplett (chant, guitare) et d’Ilenia Madelaire (chant, batterie), le duo de Baltimore a publié tout de même un bon nombre d’albums et d’EPs qui sont malheureusement passés inaperçus. Mais ils ne se laissent pas abattre car ils continuent leur route avec leur cinquième album intitulé Corduroy In Italy avec une synergie toujours aussi intacte.

Et c’est reparti pour une bonne fournée de titres aussi bien incendiaires comme « In My Arms », « Barren Idol » ou encore « Young Love » que mélodiques à l’image de « Ronnie », « Part Lemon » ainsi que le lancinant « Half Your Life ». Se partageant le micro en fonction des morceaux tantôt noisy tantôt mélodiques, le tandem Triplett/Ilenia Madelaire arrive à trouver une alchimie plus que complète sur ce Corduroy In Italy bien convaincant surtout avec des bonnes réussites telles que « Wait Longer » et « Lost In A Lie ». Un cinquième album totalement satisfaisant de la part du duo de Baltimore.

Note: 7.5/10

Xavier Boyer – Some/Any/New

L’un des groupes les plus sous-estimés de la scène hexagonale a publié son dernier EP …And The Rest Is Just Crocodile Tears que l’année dernière après leur emblématique Puzzle deux ans plus tôt. Suite à cela, Tahiti 80 s’est mis en pause et on espère que cet hiatus ne durera pas longtemps parce que le monde entier les attend au tournant. Mais tout ceci permet à Xavier Boyer, le leader du groupe, de s’émanciper à nouveau en solo avec son second opus Some/Any/New.

Dix ans pile après son premier disque Tutu To Tango, Xavier Boyer reprend les rênes de sa carrière en s’inspirant volontairement du légendaire album du génie Todd Rundgren qu’est Something Anything. Ici, on le voit arpenter des chemins pop nostalgiques sans être larmoyants à travers l’excellente introduction intitulée « Stockholm Syndrome » mais aussi faire un bilan de ses dix dernières années en jouant à fond la carte de l’introspection en ressassant sa rupture amoureuse pour la moins amère.

Les pop-songs que nous propose le leader de Tahiti 80 sont résolument addictifs avec les sonorités électro discrètes mais élégantes comme « Cherry Cloud Panic », « Quattrosonic » et « At This Point » mais aussi des ballades planantes à l’image de « At Bay », « Song For M. », « Aside » et plus mélancoliques comme « Longing/The International Merry Go-Round » et « Napoleon Columbus ». L’ensemble s’avère cohérent si l’on prend en compte le songwriting vaillant et brillant du très grand Xavier Boyer sur Some/Any/New résolument DIY dans l’âme. En 25 ans de carrière, mieux vaut sérieusement s’agenouiller devant le master en matière de french pop qu’il soit avec son groupe ou en solo.

Note: 8/10

Calling Marian – The Parade

Calling Marian avait fait ses premières preuves avec son premier EP auto-produit du nom de 199x il y a maintenant deux ans. La DJ lyonnaise nous impressionnait pour son acid techno hypnotique et percutant et ce n’est pas pour rien que la résidente des soirées Arm Aber Sexy récidive avec son nouvel EP intitulé The Parade.

Et c’est reparti pour un tour pour cet EP de 4 titres résolument acides où la TB-303 dominent tout au long de ce The Parade. Marianne Delorme réussit son pari avec les addictifs « 0019.1 » et « Teal » en nous faisant danser et planer sans que l’on se rende réellement compte. Il ne manque plus qu’un « Monochrome » pour être convaincu du talent de l’artiste qui est une habituée des soirées Wet For Me, House of Moda, Mutante ou encore Garçon Sauvage. On parie qu’avec The Parade, on la verra dans les soirées Boiler Room ?

Note: 8/10

Wy – Okay

Wy est un duo venu de Malmö en Suède qui s’inscrit dans la lignée de Beach House, Boardwalk et j’en passe. Ebba Agren et Michel Gustafsson décident de se lancer dans cette aventure musicale avec leur premier album Okay afin de faire parler d’eux.

Voici donc dix morceaux à mi-chemin entre shoegaze et dream-pop où la voix soulful et poignante d’Ebba Agren brille sur des titres mélancoliques et planants à l’image de « Indolence », « Bathroom » ainsi que « Hate To Fall Asleep » qui nous mettent en transe. Contrastant les ambiances comme jamais, Wy n’hésite pas à incorporer d’autres influences comme les accents R&B sur « Mental » ou la folk gothique à la Zola Jesus sur « Don’t Call » sans jamais dénaturer leur style qui leur est propre.

Pour un premier album, Wy assure un travail pour le moins remarquable avec des titres intenses qui nous font frissonner comme pas possible avec les rêveurs « You + I » et « 10 p.m. ». Le duo suédois remplit le contrat comme il se doit et on dit Okay pour cette fois.

Note: 7.5/10

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39th and The Nortons – The Dreamers

Il y a cinq ans pile, un groupe parisien avait fait ses premières impressions avec leur premier album nommé On Trial. Il s’agissait du groupe 39th & The Nortons qui est en réalité le side-project de Nick Wheeldon qui est également leader du groupe Os Noctambulos. Après quelques années d’absence, il fait appel à quatre autres membres pour remettre la machine en marche pour un second opus intitulé The Dreamers.

Avec l’aide du guitariste Loik Maille (Jaromil Sabor), du batteur Fabien Gilles (Mille Colombes), du bassiste Martin Meilhan-Bordes et du claviériste Sam Roux du groupe Bootchy Temple, 39th & The Nortons nous offre un second disque de folk psychédélique d’une maîtrise plutôt incroyable. S’ouvrant sur les accents country-soul de « If It’s So Easy », The Dreamers nous offre un moment de douceur insoupçonné notamment avec « Golden Sand », « I Ain’t Hiding » contenant sa farfisa hypnotique sans oublier les arrangements somptueux et presque militaires de « Step Into The World ».

Presque aucun titre n’est à jeter car Nick Wheeldon et ses acolytes nous envoûtent avec des perles musicales notamment avec « On My Own Time », « Destroy Me » ou encore le psychédélique « Deserve Each Other ». Il ne manque plus qu’une conclusion magistrale du nom de « Lookin’ For Tears » avec son pont instrumental des plus réussis pour prouver que The Dreamers est un opus magique de la part d’un groupe qui ne cherche qu’à en découdre.

Note: 7.5/10

Sahara – Colibris

Blandine Millepied et Jérémy Lacoste forment le duo Sahara plutôt hors du commun. Venu tout droit de Bordeaux, le duo mélange french pop aux accents world et psychédélique afin d’emmener son auditeur très loin, la preuve avec leur premier album Colibris sorti chez qui ? Chez La Souterraine, pour pas changer.

Après une introduction instrumentale mettant définitivement les points sur les i nommée « Fragments », Sahara sort les crocs avec les colorés et entraînants « Young and Pure », « Délice » ou encore « Child » avec la voix enjouée de Blandine Millepied pour couronner le tout. Chantant tantôt en français (« Colibri », « Bouleversement » avec son final complètement déjanté) tantôt en anglais (« Child ») mais également en portugais (« Felicidade »), les bordelais s’autorisent tout tant que l’auditeur se ballade dans les contrées psychédéliques bien plus complexes qu’il n’y paraît.

Il ne manque plus qu’une « Averse (Les ciels d’orage, la pluie d’été) » finale et définitive passant du calme à la tempête pour montrer que Sahara est un duo pas comme les autres car ils n’ont pas peur de dévoiler toutes les facettes de leur personnalité musicale. Colibris est un sacré premier disque bien osé nous faisant voir de toutes les couleurs et c’est bien rare d’entendre de la fraîcheur venue d’ailleurs.

Note: 8/10

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