Spinning Coin – Permo

Quoi de mieux que de se prendre une bonne dose de jangle-pop made in Glasgow ? Et bien tout simplement les nouveaux venus Spinning Coin ont de quoi apporter leur expertise. Le quintet est composé de Sean Armstrong (voix, guitare), Cal Donnelly (basse), Jack Mellin (voix, guitare), Rachel Taylor (voix, clavier) et Chris White (batterie) et veut se démarquer avec leur premier album Permo.

Les Ecossais sont prêts à en découdre et délivrent leur savoir faire avec ces morceaux aussi bien mélodiques qu’entraînantes à l’image de « Raining On Hope Street », « Money For Breakfast » sans oublier « Metronome River ». Spinning Coin sait raviver la flamme de l’indie rock américain des années 1990 et n’hésite pas à ajouter un peu d’électricité dans l’air avec « Magdalene », « Sides » et « Be Free » ou de la douceur sur la plupart des morceaux comme « Floating With You », « Sleepless » ou encore mon favori qu’est « Running With The World ».

Rappelant aussi bien Teenage Fanclub que Pavement, ce premier album de 14 titres est un véritable concentré de jangle-pop avec un soupçon de slacker qui fait du bien pour les oreilles. Spinning Coin a réussi son exploit et on sent que le quintet pourrait marcher sur les traces des groupes cités précédemment.

Note: 8/10

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Pale Seas – Stargazing For Beginners

Direction Southampton pour partir à la rencontre de Pale Seas, un quatuor plus que prometteur. Composé du chanteur et guitariste Jacob Scott mais aussi de Graham Poole à la guitare, de Matthew Bishop à la basse et d’Andrew Richardson à la batterie, le groupe avait publié deux premiers EPs en 2012 et en 2014 avant de passer au long-format avec leur premier album Stargazing For Beginners.

En dix morceaux, Pale Seas maîtrise parfaitement les codes de l’indie rock british avec un soupçon de psychédélisme pour le moins élégant. Que ce soit des titres comme « Into The Night », « My Own Mind » mais aussi « Someday » où le quatuor est dans son élément avec la voix entraînante de Jacob Scott ainsi que ses guitares enivrantes ou d’autres plus aériennes comme le superbe refrain de « In A Past Life », les ballades de « Blood Return » mais aussi de la folk psychédélique du morceau-titre irrésistible.

En fin de compte, on appréciera ce Stargazing For Beginners pour son éclectisme musical et pour cette volonté de vouloir jouer avec nos émotions, allant des morceaux implacables tels que « Animal Tongue » et « Heal Slow » à d’autres plus atmosphériques comme la sublime conclusion de 7 minutes qu’est « Evil Is Always One Step Behind ». Pale Seas sait guérir les blessures à coup de morceaux riches en contrastes, tantôt aérien tantôt terre-à-terre mais toujours est-il qu’on ne s’ennuie pas une seconde à travers ce premier album.

Note: 8/10

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Tusks – Dissolve

J’étais censé parler de Tusks l’année dernière en raison de ses deux EPs Ink en 2014 et False en 2016 mais l’agenda chargé a eu raison de mes disponibilités. Fort heureusement pour moi (et pour vous), la native de Brighton a décidé de nous gâter avec son premier album intitulé Dissolve plutôt idéal en cette fin d’année.

Emily Underhill, de son vrai nom, a choisi son nom de scène via un titre de Fleetwood Mac qu’elle affectionne le plus. Voilà pour l’anecdote. Maintenant, intéressons-nous plutôt au contenu qui est plutôt prometteur. L’artiste se met à nu sur cet opus où naviguent multiples influences comme le post-dubstep, l’électro-pop et la néo-folk avec des morceaux sereins mais teintés d’une mélancolie insoupçonnée comme « False », le morceau-titre mais également « Ivy » totalement caractéristique si l’on prend en compte la voix féerique mais riche en émotions.

Dissolve est remarquable pour sa cohésion et son homogénéité tellement on se laisse bercer par la pop à la fois aérienne et pesante de Tusks. En chantant ses multiples déceptions amoureuses qui l’auront chagriné mais aussi endurcie, elle convainc totalement surtout à travers « Paris », le glacial « Toronto » ainsi que « My Love » où le spleen est total. Il ne manque plus qu’une reprise d’une chanson de Foals qui est « London Thunder » dans une version épurée et poignante montrant une musicienne à l’aise dans son art. Ce premier album est plus remarquable sur le fond plutôt que la forme mais il donne l’impression que le temps est suspendu tant on reste accro aux tristes récits que nous compte la mamzelle de Brighton.

Note: 7.5/10

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Lost Horizons – Ojalá

Tiens, un autre supergroupe pour cette année ? Comme si ça nous suffisait pas, voilà donc Lost Horizons. Mais qui se cache derrière ce supergroupe ? Il s’agit tout simplement de Simon Raymonde, éternel bassiste des légendaires Cocteau Twins, ainsi que de Richie Thomas, ex-batteur de Dif Juz, qui sortent un premier album du nom d’Ojalá.

En quinze titres et 1h10 de musique, le tandem navigue entre post-rock, dream-pop, soft-rock des années 1970 et folk en déroulant un casting plus que prestigieux. On retrouve des voix féminines comme Beth Cannons, fidèle collaboratrice de Nordic Giants sur le morceau d’ouverture qu’est « Bones », Karen Peris de the Innocence Mission sur « The Places We’ve Been » mais encore Marissa Nadler à deux reprises sur les ballades cristallines « I Saw The Days Go By » et « Winter’s Approaching » ou la surdouée Gemma Dunleavy sur l’impressionnant « Give Your Heart Away » et le mélancolique « Asphyxia ».

Les voix masculines sont également présentes et tirent leur épingle du jeu sur des morceaux où les guitares flirtent avec les synthés avec finesse. On aperçoit le prestigieux Ghostpoet qui pose sa voix sur « Reckless », Tim Smith de Midlake sur le détendu « She Led Me Away » avec l’intervention bienvenue et divine des cordes sans oublier Cameron Neal de Horse Thief sur « Life Inside A Paradox » (avec en prime Sharon van Etten aux chœurs !) mais aussi les plus inconnus Ed Riman apparaissant sur « Frenzy, Fear » ainsi que sur le trip psychédélique « The Engine » et Phil McDonnell sur « The Tide ». Mais ce qu’on retiendra principalement sur ce Ojalá, ce sont des titres somptueux comme la ballade de fin « Stampede » interprétée par la géniale Hazel Wilde du groupe Lanterns Of The Lake. Ce premier album du superduo est un voyage musical éblouissant totalement abouti et cohérent faisant ressortir les talents de leurs vocalistes qui sont parfaitement prêtés au jeu.

Note: 8/10

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Casper Skulls – Mercy Works

C’est sans conteste la révélation indie rock de Toronto de cette année et elle se nomme Casper Skulls. C’est un quautor qui est prêt à en découdre tant leurs influences allant d’Arcade Fire des débuts à Joy Division en passant par Pink Floyd et Simon & Garfunkel se font ressentir à travers leur premier album Mercy Works.

Et très vite, ils mettent la barre très haute à travers l’explosif « You Can Call Me Allocator » après une introduction instrumentale synthétique mais aussi les plus convaincants « Lingua Franca », le dynamique « What’s That Good For » ou encore « Primeval ». Neil Bednis (chant, guitare) et Melanie Gail St-Pierre (chant, guitare) possèdent une plutôt bonne alchimie au micro tandis que Christopher Anthony (batterie) et Fraser McClean (basse) se débrouillent bien au niveau de la section rythmique.

Et à eux quatre, ils nous offrent des moments riches en sensations fortes avec les épiques « Colour Of The Outside », « Chicane, OH » mais encore « I Stared At « Moses and The Burning Bush » et « Glories » totalement massifs sans oublier un « Faded Sound » incroyablement prenant avec ses reverbs bien sentis en guise de conclusion. En fin de compte, il y avait de quoi parier sur Casper Skulls car ils sont à deux doigts de soulever la scène de Toronto avec leur Mercy Works dense et addictif.

Note: 8/10

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Wy – Okay

Wy est un duo venu de Malmö en Suède qui s’inscrit dans la lignée de Beach House, Boardwalk et j’en passe. Ebba Agren et Michel Gustafsson décident de se lancer dans cette aventure musicale avec leur premier album Okay afin de faire parler d’eux.

Voici donc dix morceaux à mi-chemin entre shoegaze et dream-pop où la voix soulful et poignante d’Ebba Agren brille sur des titres mélancoliques et planants à l’image de « Indolence », « Bathroom » ainsi que « Hate To Fall Asleep » qui nous mettent en transe. Contrastant les ambiances comme jamais, Wy n’hésite pas à incorporer d’autres influences comme les accents R&B sur « Mental » ou la folk gothique à la Zola Jesus sur « Don’t Call » sans jamais dénaturer leur style qui leur est propre.

Pour un premier album, Wy assure un travail pour le moins remarquable avec des titres intenses qui nous font frissonner comme pas possible avec les rêveurs « You + I » et « 10 p.m. ». Le duo suédois remplit le contrat comme il se doit et on dit Okay pour cette fois.

Note: 7.5/10

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Sahara – Colibris

Blandine Millepied et Jérémy Lacoste forment le duo Sahara plutôt hors du commun. Venu tout droit de Bordeaux, le duo mélange french pop aux accents world et psychédélique afin d’emmener son auditeur très loin, la preuve avec leur premier album Colibris sorti chez qui ? Chez La Souterraine, pour pas changer.

Après une introduction instrumentale mettant définitivement les points sur les i nommée « Fragments », Sahara sort les crocs avec les colorés et entraînants « Young and Pure », « Délice » ou encore « Child » avec la voix enjouée de Blandine Millepied pour couronner le tout. Chantant tantôt en français (« Colibri », « Bouleversement » avec son final complètement déjanté) tantôt en anglais (« Child ») mais également en portugais (« Felicidade »), les bordelais s’autorisent tout tant que l’auditeur se ballade dans les contrées psychédéliques bien plus complexes qu’il n’y paraît.

Il ne manque plus qu’une « Averse (Les ciels d’orage, la pluie d’été) » finale et définitive passant du calme à la tempête pour montrer que Sahara est un duo pas comme les autres car ils n’ont pas peur de dévoiler toutes les facettes de leur personnalité musicale. Colibris est un sacré premier disque bien osé nous faisant voir de toutes les couleurs et c’est bien rare d’entendre de la fraîcheur venue d’ailleurs.

Note: 8/10

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