Teen Daze – Themes For Dying Earth/Themes For A New Earth

Teen Daze avait réussi sa reconversion musicale avec son second opus Morning World en 2015 (chroniqué ici). Le musicien multi-instrumentiste d’Abbotsford est passé de l’autre côté de la force en passant de la chillwave à l’indie pop mélodique et a fait éclater son talent au grand jour avec des morceaux plus touchants et sincères. Et bien préparez-vous à une autre transition avec son nouvel album intitulé Themes From Dying Earth.

Se voulant être un album conceptuel, Jamison Isaak a imaginé un univers où l’on peut s’échapper à la dure réalité pour aller chercher un endroit où il fait bon vivre sans soucis, sans emmerdes, sans rien du tout. Et il le retranscrit parfaitement avec ses compositions célestes et organiques à l’image de « Cycle » ou de l’éthéré « Water In Heaven ». A l’aide des synthés vaporeux et des guitares mélodiques, on plonge dans un monde riche en harmonies et en poésies où les participations extérieures ne font qu’embellir les choses avec notamment Nadia Hullett qui partage le micro sur « Lost », le guitariste Dustin Wong de Ponytail sur le magnétique « Cherry Blossoms » ou encore le bras droit de Bon Iver qu’est S. Carey sur le mélancolique « First Rain ».

Themes From Dying Earth nous fait échapper de la dure réalité pour aller confronter des endroits célestes parfaitement magnifiés sur les instrumentaux ambient comme « Dream City », « Becoming » et « Breath ». Teen Daze a réussi son pari, celui de faire oublier le train-train quotidien de son auditeur.

Note: 8/10

Alors qu’on n’a réellement pas atterri avec son céleste album Themes For Dying Earth en février dernier, Teen Daze nous a préparé la suite pour ce mois-ci. Prêts à planer encore plus haut ?

Les deux différences majeures entre ces deux albums, c’est que celui-ci est purement instrumental et résolument tourné vers l’ambient mais on retrouve également un son plus optimiste que son grand frère « jumeau ». Ainsi, on sera ébahis devant tant de justesse à travers des titres aériens et voluptueux allant de « Shibuya Again » à « Station » en passant par « River Walk » et « An Alpine Forest ». Hormis « Wandering Through Kunsthal » avec ses guitares sucrées, le reste de l’opus est entièrement synthétique et sans boîte à rythme en flirtant vers la new-age par moments (« Kilika » et « Echoes »).

Pour deux albums conceptuels, Jamison Isaak a réussi son pari haut la main. Tandis que l’auditeur était conquis par tant de beauté sur l’album précédent, voilà qu’il est aux anges avec cet opus qui incite à un voyage immobile et somptueux où l’on change de décor subtilement. Themes For A New Earth n’est pas qu’une invitation mais une incitation.

Note: 7.5/10

Xavier Boyer – Some/Any/New

L’un des groupes les plus sous-estimés de la scène hexagonale a publié son dernier EP …And The Rest Is Just Crocodile Tears que l’année dernière après leur emblématique Puzzle deux ans plus tôt. Suite à cela, Tahiti 80 s’est mis en pause et on espère que cet hiatus ne durera pas longtemps parce que le monde entier les attend au tournant. Mais tout ceci permet à Xavier Boyer, le leader du groupe, de s’émanciper à nouveau en solo avec son second opus Some/Any/New.

Dix ans pile après son premier disque Tutu To Tango, Xavier Boyer reprend les rênes de sa carrière en s’inspirant volontairement du légendaire album du génie Todd Rundgren qu’est Something Anything. Ici, on le voit arpenter des chemins pop nostalgiques sans être larmoyants à travers l’excellente introduction intitulée « Stockholm Syndrome » mais aussi faire un bilan de ses dix dernières années en jouant à fond la carte de l’introspection en ressassant sa rupture amoureuse pour la moins amère.

Les pop-songs que nous propose le leader de Tahiti 80 sont résolument addictifs avec les sonorités électro discrètes mais élégantes comme « Cherry Cloud Panic », « Quattrosonic » et « At This Point » mais aussi des ballades planantes à l’image de « At Bay », « Song For M. », « Aside » et plus mélancoliques comme « Longing/The International Merry Go-Round » et « Napoleon Columbus ». L’ensemble s’avère cohérent si l’on prend en compte le songwriting vaillant et brillant du très grand Xavier Boyer sur Some/Any/New résolument DIY dans l’âme. En 25 ans de carrière, mieux vaut sérieusement s’agenouiller devant le master en matière de french pop qu’il soit avec son groupe ou en solo.

Note: 8/10

Saskwatch – Manual Override

Qu’est-ce que Saskwatch ? Non, ce n’est pas la célèbre créature surnommée le bigfoot ou encore le comics de Marvel mais c’est un groupe indie pop venu de Melbourne en Australie mené par la chanteuse Nkechi Anele et qui a publié trois albums à leur actif. Et qu’est-ce que Manuel Override ? Leur quatrième album qui est à coup sûr le disque idéal de cette fin d’année 2017.

Si vous vous attendez à une formation soulful parce que cela compte plus de 4 membres, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Parce que Saskwatch est bien loin de tout cela et ils nous le font comprendre avec leur quatrième disque qui débute en grandes pompes avec l’introduction bien fuzzy et élégante du nom de « December Nights » qui est suivi de l’impeccable tube psychédélique à la Mac Demarco qu’est « Then There’s You » avec son orgue bien sinistre. Le chant de Nkechi Anele qui sublime les instrumentations vintage comme les fantastiques « Renoir » résolument 60’s, « Finger Painting » avec son riff de piano entêtant ainsi que l’ésotérique « 100 Years » avec son final inattendu un peu trop brutal avec une batterie saturée.

Manual Override est un disque riche en sensations fortes où l’on vacille entre morceaux tendres et aériens (« North Terrace » chanté aux côtés de Liam McGorry ainsi que les arrangements de cordes renversantes de « Fortress » et de « Heaven Seems So Far ») et d’autres plus enlevés et rythmés (le jubilatoire « Gemini » et l’agressif « Shrinking Violet ») et ce sans jamais se perdre dans leurs idées. Après la conclusion bien mélancolique et poétique du nom de « Renaissance Man », Saskwatch sait enfin jongler parfaitement avec son style tantôt indie pop tantôt pop psychédélique des années 1960 sans fioritures. Le quatrième album est sans doute leur perle rare de leur discographie et on espère vivement que le monde entier s’y attarde car il mérite tout de même sa reconnaissance pour son travail d’orfèvre irréprochable.

Note: 10/10

 

Stars – There Is No Love In Fluorescent Light

Depuis 2000, Stars n’arrête pas d’impressionner son entourage à travers une discographie riche. Changeant de style musical à chaque sortie, le groupe canadien reste insaisissable. Allez donc savoir ce qu’ils nous ont concocté avec leur neuvième opus There Is No Fluorescent Light.

Le quintet continue son bonhomme de chemin après leur (disons-le honnêtement) décevant album No One Is Lost paru en 2014 en nous offrant des morceaux indie pop teintés de mélancolie à l’image de « Privilege », « Alone » ou encore « The Gift Of Love » et autres plus enlevés comme le déjanté « Fluorescent Light », « Hope Avenue » et autres « Real Thing » très 80’s.

Ce neuvième disque voit aussi l’occasion pour notre tandem adoré Torquil Campbell et Amy Martin de se faire un tour de passe-passe au micro tant le couple évoque différents thèmes où l’on se retrouve complètement, que ce soit la paranoïa sur « Losing You », le besoin d’être reclus sur « Alone » ou même de se libérer de son passé comme sur « California, I Love That Name ». Plus élaboré et plus concis musicalement parlant, There Is no Fluorescent Light

Note: 7/10

 

Deradoorian – Eternal Recurrence

Dans le lot des anciens membres d’Animal Collective, la personne qui a réussi sa carrière solo pour le moment restera Angel Deradoorian. Il y a deux ans, nous avons succombé à son dernier album The Expadning Flower Planet (chroniqué ici) et voilà que la fidèle collaboratrice de Rostam Batmanglij décide de nous faire part d’un nouvel EP intitulé Eternal Recurrence.

Composé de six titres, Deradoorian mise tout sur la spiritualité et la méditation sur ce nouvel EP planant et mystique. De « Love Arise » au contemplatif « Mirrorside » avec un piano et une flûte luxuriante en passant par l’instrumental chargé d’émotion nommé « Ausar Temple » et la longue pièce de résistance nommée « Return-Transcend », la voix riche en harmonies de la demoiselle s’élève dans les hautes sphères tandis que les morceaux atmosphériques riches en synthés chaleureux flirtent avec le new-age et qui atteignent leur paroxysme avec une conclusion digne de ce nom qu’est donc « Mirrorman ».

Voilà de quoi penser tantôt à du Dead Can Dance mais aussi à du Philip Glass et Meredith Monk, Eternal Recurrence vous aidera à retrouver la paix intérieure et la sérénité surtout en ces temps sombres, le tout bien sûr avec la voix charismatique de Deradoorian qui n’en finit pas d’impressionner avec son évolution artistique.

Note: 8/10

Orouni – Somewhere In Dreamland

Le dernier disque d’Orouni remonte à 2014 et il se nommait Grand Tour. Et depuis, le groupe a énormément tourné, effectué des sessions à droite à gauche et bosse actuellement sur un nouvel album prévu pour l’année prochaine. Mais pour bien patienter, Rémi Antoni et ses acolytes nous offrent un petit EP intitulé Somewhere In Dreamland en guise d’apéritif.

Et que les choses soient claires: oui, les quatre titres sont des reprises de l’album de Grand Tour mais ils sont réinterprétés par une certaine Emma Broughton sous une version plus pop et mélodique. On retrouve ainsi les somptueux « Speedball » et « Uca Pugilator » avec ses harmonies vocales renversantes ainsi que les envoûtants « The Sea Castle » et « Kalimbalism » qui donneront des envies d’ailleurs. La voix d’Emma Broughton sublime les arrangements raffinés qui ont fait la réputation d’Orouni. Il faudra maintenant patienter 2018 pour le nouvel album.

Note: 8/10

 

Arianna Monteverdi – Getting Close

On était passé à côté du nouvel album d’Arianna Monteverdi et bien on va se pencher dessus maintenant. L’auteure-compositrice-interprète basée à Nantes possède sa petite réputation locale et va continuer à nous enchanter avec son nouvel opus intitulé Getting Close.

Composé de sept titres, la demoiselle nous envoûte avec ses ballades country-folk douces-amères entièrement composés à la guitare électrique allant de « 5000 Miles Away » à « Stay ». Avec l’aide de son acolyte Vincent Dupas du groupe My Name Is Nobody, la cousine éloignée de Dolly Parton nous prend dans ses bras avec les planants « Another Day », « Just Another Day In Texas » ainsi que « The Man Walking Around With A Stick At Night » sans oublier le plus électrique « NY Like » et fait de ce Getting Close un disque où l’on aurait aimé se perdre pendant un bon bout de temps.

Note: 8/10