Romantic States – Corduroy In Italy

Romantic States est un sacré duo qui détonne. Composé de Jim Triplett (chant, guitare) et d’Ilenia Madelaire (chant, batterie), le duo de Baltimore a publié tout de même un bon nombre d’albums et d’EPs qui sont malheureusement passés inaperçus. Mais ils ne se laissent pas abattre car ils continuent leur route avec leur cinquième album intitulé Corduroy In Italy avec une synergie toujours aussi intacte.

Et c’est reparti pour une bonne fournée de titres aussi bien incendiaires comme « In My Arms », « Barren Idol » ou encore « Young Love » que mélodiques à l’image de « Ronnie », « Part Lemon » ainsi que le lancinant « Half Your Life ». Se partageant le micro en fonction des morceaux tantôt noisy tantôt mélodiques, le tandem Triplett/Ilenia Madelaire arrive à trouver une alchimie plus que complète sur ce Corduroy In Italy bien convaincant surtout avec des bonnes réussites telles que « Wait Longer » et « Lost In A Lie ». Un cinquième album totalement satisfaisant de la part du duo de Baltimore.

Note: 7.5/10

39th and The Nortons – The Dreamers

Il y a cinq ans pile, un groupe parisien avait fait ses premières impressions avec leur premier album nommé On Trial. Il s’agissait du groupe 39th & The Nortons qui est en réalité le side-project de Nick Wheeldon qui est également leader du groupe Os Noctambulos. Après quelques années d’absence, il fait appel à quatre autres membres pour remettre la machine en marche pour un second opus intitulé The Dreamers.

Avec l’aide du guitariste Loik Maille (Jaromil Sabor), du batteur Fabien Gilles (Mille Colombes), du bassiste Martin Meilhan-Bordes et du claviériste Sam Roux du groupe Bootchy Temple, 39th & The Nortons nous offre un second disque de folk psychédélique d’une maîtrise plutôt incroyable. S’ouvrant sur les accents country-soul de « If It’s So Easy », The Dreamers nous offre un moment de douceur insoupçonné notamment avec « Golden Sand », « I Ain’t Hiding » contenant sa farfisa hypnotique sans oublier les arrangements somptueux et presque militaires de « Step Into The World ».

Presque aucun titre n’est à jeter car Nick Wheeldon et ses acolytes nous envoûtent avec des perles musicales notamment avec « On My Own Time », « Destroy Me » ou encore le psychédélique « Deserve Each Other ». Il ne manque plus qu’une conclusion magistrale du nom de « Lookin’ For Tears » avec son pont instrumental des plus réussis pour prouver que The Dreamers est un opus magique de la part d’un groupe qui ne cherche qu’à en découdre.

Note: 7.5/10

Landlines – Landlines

Destination Portland pour parler d’un des groupes les plus attachants de la scène indie rock. Il s’agit du trio Landlines qui est présent depuis maintenant un petit bout de temps après avoir publié une bonne poignée d’albums et d’EPs depuis 2012. En cette rentrée, ils font leur petit retour avec leur nouvel album.

Prenez une dose de Pavement, The Velvet Underground et de Parquet Courts et vous obtiendrez la musique catchy et entraînante de Landlines. Leur énergie et leur passion pour leur musique se font énormément ressentir à travers des morceaux sympathiques à l’image de « Hanging Around », « Junkyard » ou encore « Medium » qui font taper du pied dès les premières secondes. Tantôt slacker-rock tantôt post-punk, Landlines va droit au but et connaît son affaire et c’est en entendant de bonnes perles comme « Some Ocean or Great Lake », « Hole In The Middle » et autres « Devices » montrant un groupe bien prometteur et en quête d’ambition.

Note: 8/10

Jessica93 – Guilty Species

Suite à la parution de leur dernier album Rise paru en 2014, Jessica93 s’est imposé de plus en plus dans le monde de l’indie rock underground français. Le side-project ou plutôt devrais-je dire l’alter-ego de Geoffroy Laporte a tout de même pris son envol même avec une concurrence fortement concentrée. Il aura fallu attendre novembre 2017 pour qu’il fasse son grand retour avec son nouvel opus Guilty Species qui laisse à penser que c’est peut-être son meilleur en fin de compte.

Ici, il muscle son jeu avec l’aide de ses camarades extérieurs pour faire de cet opus son plus accessible et son plus mélodique à ce jour. A l’écoute des réussites comme « R.I.P. In Peace », « Venus Flytrap » ou encore « French Bashing » qui flirtent avec les années 1990, Jessica93 quitte les ambiances DIY pour un mur du son plus implacable et directe, moins cold et plus grunge. On se laisse toujours autant hypnotiser par ses guitares stridentes et sa boîte à rythme martiale à chaque titre notamment les plus ambitieux « Anti Cafard 2000 » et « Bed Bugs » mais aussi les directs « Guilty Species » et « Uncertain To Me ».

Sur Guilty Species, le renouvellement est bel et bien là et Jessica93 nous surprend agréablement avec ce disque plus que mémorable avec des structures plus conventionnelles qui lui vont à merveille. Enfin l’heure de la consécration ? Allez, on y croit.

Note: 8.5/10

Shamir – Hope / Revelations

Ah, qu’il nous a enjaillé Shamir en 2015. Auteur d’un des meilleurs albums disco-house de cette année avec Ratchet (chroniqué ici), le succès semblait lui réussir pour le natif de Las Vegas. Et bien pas tout à fait, à vrai dire. Le jeune homme s’est retrouvé sans maison de disques qu’était XL Recordings après une longue tournée et a connu une énorme crise existentielle qui l’aura plongé dans une crise psychotique et une dépression en raison de sa bipolarité. A deux doigts de lâcher la musique, il fait quand même un petit retour cette année avec un nouvel opus intitulé Hope sorti sans label.

Fini donc la house des années 1990, la disco-pop loufoque et fluo de Ratchet, Shamir s’est définitivement assagi. A travers ce nouveau disque, il se met à nu et sort les guitares électriques et autres équipements DIY/lo-fi en lorgnant vers l’indie rock de deux décennies plus tôt. Se rapprochant plus de Kim Deal que de Donna Summer, le bonhomme à la voix androgyne surprend quelque peu avec son nouveau style lo-fi avec des titres de vigueur comme « What Else », « Ignore Everything » ainsi que « Like A Bird ».

On appréciera ce changement de style mais seulement voilà, la plupart des titres sont quelque peu bancals et ce ne sont pas des trop ordinaires « One More Time Won’t Kill You » et autres « I Fucking Hate You » où il tentera de hausser le ton avec son falsetto rageur qui vont réellement sauver la mise même si on appréciera plus la ballade de fin qu’est le plus bouleversant « Bleed It Out ». Hope est une reconversion musicale à 100 % avec une satisfaction client tournée à 60 %. Ah, tiens on me signale dans l’oreillette que ce n’est pas tout à fait fini.

Note: 6/10

 

Après donc son second opus sorti en camini au printemps dernier, Shamir a fait les yeux doux auprès du label underground Father/Daughter Records qui est plutôt spécialiste dans la matière. Dès lors, le natif de Las Vegas avance visage masqué (aucun rapport avec la pochette) et sort son troisième disque intitulé Revelations.

Continuant sa mue envers l’indie rock lo-fi DIY des années 1990, l’excentrique bonhomme continue de cicatriser ses plaies tant qu’il peut avec des morceaux bedroom-pop bien révélateurs sur sa personnalité comme « Games » avec son atmosphère à la Tori Amos et « You Have A Song » sans oublier les sonorités grungy « 90’s Kids » et l’énergique « Blooming ».

Tandis que la voix androgyne fait toujours son effet et est riche en émotions tout comme ses textes à double sens, il manque un petit truc qui fait la différence. A cause de son côté trop linéaire et son réel manque de prise de risques, on est face à des morceaux qui laissent un peu à désirer comme « Cloudy » et le dernier morceau qui est « Straight Boy » qui méritait plus. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé pour autant pour Shamir et pourtant, des actes comme Jay Som et Vagabon (les meilleures révélations indie de cette année) ont pourtant réussi de ce côté, on appréciera cependant cette volonté de changer de style afin d’ouvrir son jardin secret comme il se doit. Pour le moment, on reste sur notre faim et on garde un visage impassible.

Note: 6/10

The Portalis – Miracle Sun

Révélé en 2012 avec leur EP Invisible Science, on sentait déjà que The Portalis sortait du lot. Le quatuor qui avait fait les premières parties de BB Brunes (gloups…) ou encore d’Hyphen Hyphen (pas glop) s’est énormément fait remarquer en raison de leur mélange d’électro et d’indie rock et cinq ans plus tard, ils reviennent avec un second EP intitulé Miracle Sun.

Composé de sept titres dont deux remixes, The Portalis frappe à nouveau comme il y a cinq ans avec des tueries interstellaires à l’image de « Crazy » et « Miracle Sun » (qui, lui, bénéficie de deux remixes de la part de Sirius et Sintropez) où les influences brit-pop se frottent à merveille à leur énergie électro-rock salutaire. Après une trêve plus calme et plus mélancolique du nom de « Breathe », c’est reparti pour un tour avec l’accrocheur et juvénile « Satellite » et la conclusion bien punchy nommée « Tianjin ». Ce second EP verra l’occasion pour le quatuor de marquer une évolution musicale bien maîtrisée qui pourra briller sur leur futur premier album à paraître en début d’année prochaine.

Note: 7.5/10

 

 

Space Mountain – Supermundane

Au-delà du fait que ce soit le nom d’une attraction ultra-populaire de Disneyland Paris, Space Mountain est aussi un side-project les plus mystérieux de la scène indie underground américaine. Pensé par Cole Kinsler, il a fait parler de lui en mai 2013 avec son premier album Ferry Lane avant de récidiver deux ans plus tard avec Gargantua. Désormais signé chez Forged Artifacts, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Boston nous présente donc son troisième disque intitulé Supermundane.

Voici donc neuf morceaux indie folk-rock bien méticuleux où Cole Kinsler nous fait état de ses milliers de questionnements existentiels sans pour autant être l’homme confus de ses albums précédents. Il en résulte pas mal de petites réussites à l’image de « Starlight », « White Light » et autres « Big History ». Alternant titres acoustiques et d’autres plus électriques comme « Godhead », Space Mountain ne laissera personne indifférent surtout à l’écoute des instrumentaux toujours aussi bien ficelés comme « Solo Dog II ».

Se refermant sur le gracieux « Five Rivers », le natif de Boston mettra une troisième fois d’accord pas mal de monde avec ce Supermundane bien arrangé et mélodique. En remettant en cause la nature humaine sans oublier de se mettre à nu pour autant, Space Mountain nous promet un voyage musical paisible avec quelques petites perturbations électriques à prévoir n’étant jamais de trop.

Note: 8/10