Joao Selva – Natureza

Quand monsieur Bruno « Patchworks » Hovart n’est pas trop occupé avec ses millions de side-projects (comprenez Uptown Funk Empire, Taggy Matcher ou Voilaaa à deux reprises), il reste derrière les manettes pour les autres. Et ici, le workaholic lyonnais a décidé de s’allier avec Jonathan Da Silva alias Joao Selva, un autre workaholic venu d’Ipanema à l’origine des actes musicaux comme Forro de Rebecca ou Seu Matuto, en produisant son nouvel album nommé Natureza.

En huit titres exotiques, le combo Patchworks/Selva part à la source de la bossa-nova, la samba et autres musiques brésiliennes sur des réussites tropicales comme « Pessoas », « Felicidade » ou encore l’excellent et rythmé « Um Caroço ». L’ambiance chill est au rendez-vous et on ne peut pas s’en plaindre tant la voix suave du natif d’Ipanema caresse nos tympans et les morceaux comme « Se Foi », « Maria » ou encore le dernier morceau « Babado Forte » jouent avec nos sens naturellement.

Entre la production DIY reconnaissable entre mille de Patchworks et le savoir-faire de Joao Selva, ce Natureza est plus qu’un hommage à la musique brésilienne festive (les spectres de Jorge Ben et de Caetano Veloso) mais une extension de la tropicalia dont la flamme est ravivée.

Note: 8.5/10

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Curumin – Boca

Curumin n’est pas du tout connu dans tout l’Hexagone mais dans son Brésil natal, il est un petit peu plus populaire. Auteur de trois disques, le musicien de Sao Paulo a tissé un univers musical aussi bien indescriptible qu’ingénieux et il continue à brouiller les pistes avec son nouvel album Boca.

En 13 titres et 35 minutes chrono, Curumin montre qu’il a plus d’un tour dans la poche avec des expérimentations pop venues d’ailleurs comme l’introduction entraînante « Bora Passear » ou encore les aventures électro déjantés de « Boca Pequena no 1 » conviant l’artiste local Russo Passapusso sans compter son sequel centré sur les percussions et bien entendu le trippy « Cabeça ». Hormis ces moments left-field résonnent des mélopées plus modernes avec le soulful « Prata, Ferro, Baro » avec la participation de Lucas Martins et Luê et autres « Terrivel » et le quasi-parfait « Boca de Groselha ».

Boca est tout simplement une exploration à travers les différentes inspirations musicales du musicien multi-instrumentiste en passant des influences hip-hop sur l’interlude « Tramela » avec Rico Dalassam avec son instru très Run The Jewels au funk sur le fiévreux « Boca Cheia » avec Indee Styla, sans oublier une conclusion bien locale et exotique nommée « Paçoca » avec une flopée d’invités tels que Andreia Dias, Anelis Assumpção, Edy Trombone, Iara Rennó, Max B.O. ou encore Zé Nigro. Le quatrième opus de Curumin confirme un peu plus l’étrangeté et l’excentricité de Curumin sans pour autant nier sa qualité mélodique qui nous dépayse en moins de deux.

Note: 7.5/10

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