Pardoner – Uncontrollable Salvation

Vous voulez du punk brut qui décoiffe tout ? Et bien, Pardoner est sans conteste un groupe qui saura répondre à vos attentes. Le quatuor de San Francisco a fait ses premières preuves en 2015 avec ses premières démos Happy Trails et Kidney Pool ainsi que leurs EPs l’année suivante Not As Soft et Gravedigger. Signé sur le label underground Father/Daughter Records, les californiens passent à l’étape supérieure avec leur premier album Uncontrollable Salvation.

Ne vous attendez pas à du pop-punk tout gentillet et mélodique avec Pardoner, bien au contraire. Tout au long de ce Uncontrollable Salvation, le quatuor balance du gros son de « Blue Hell » à « Pivot Fakie » en passant par « Labrador » et « My Sorry Ass » où les riffs abrasifs et fuzzy sont en parfaite harmonie avec les lignes de basse malicieuse et la voix de Max Freeland qui sonne juste avec ses paroles sardoniques. Occasionnellement, ils en profitent pour ralentir le tempo comme sur « Carousel Of Punishment » avant de repartir sur « Pivot Fakie » jusqu’au dernier morceau flirtant avec le post-punk qu’est « Don’t Stop Believin’ In Me » où les natifs de la Bay Area se font plaisir pendant 7 minutes.

Avec Uncontrollable Salvation, Pardoner a atteint sa cible comme il se doit. Et pendant 41 minutes, on se prend une bonne salve de punk bien rageur sur un premier opus bien constant et survitaminé comme on en fait plus.

Note: 8/10

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Droeloe – A Moment In Time EP

Voici une sympathique découverte pour tous les amateurs d’EDM et de future bass: Droeloe. Il s’agit d’un duo néerlandais composé de Vincent Rooijers et de Hein Hamers qui possèdent un énorme béguin pour la scène électronique. On ne sait pas grand chose sur eux, si ce n’est qu’ils sont les boss de leur label Bitbird mais une chose est sûre, c’est que leur premier EP de 5 titres A Moment In Time est une de leur valeur sûre.

Conceptuellement parlant, cet EP se veut être une frise chronologique où l’on part de l’année 1997 avec le premier morceau « Back When » bien punchy comme il se doit et qui se conclut avec l’emballant « Just Now ». Et très vite, des morceaux plus punchy et dansants font surface avec la voix d’une chanteuse dont je connais pas le nom mais qui gère plutôt bien sur « Sunburn » et l’excellent « Homebound », là où le côté festif côtoie les émotions. Ceci dit, Droeloe s’en sort plutôt avec les honneurs avec A Moment In Time et des instrumentaux colossaux comme « Lilypads » prouvent qu’ils sont capables de soulever la scène électro dans pas longtemps.

Note: 8/10

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The Babe Rainbow – The Babe Rainbow

The Babe Rainbow est un groupe originaire de Byron Bay qui a tout de suite imposé son style. Il a tout de même attiré l’attention de Danger Mouse en personne qui n’hésite pas à les signer sur son nouveau label 30th Century Records aux côtés de Grandaddy, Autolux mais aux côtés d’actes mins connus comme Maybird et Dams of The West. Et voilà qu’ils viennent imposer leur style avec leur premier album.

Un style qui se caractérise par des compositions pop psychédéliques à la cool, comme l’affirme des titres ensoleillés et smooth as hell que sont « Losing Something », « Peace Blossom Boogy », « Johny Says Stay Cool » ou encore « Sunflower Sutra ». Et les quatre gars veulent se la jouer tellement cool qu’ils s’autorisent n’importe quel genre musical, à savoir la disco-funk trop délurée de « Monky Disco » chantée à moitié en français ou encore de la doo-wop sur « Supertition Shadow Walk ».

Même si cette sensation de déjà entendu est très vite mise en avant (« Charms Travel », « Cosmic Kiss »), The Babe Rainbow n’hésite pas à lâcher quelques bonnes surprises addictives que sont « Blue Hour » et « Survival Into The 21st Century » qui méritent à ce qu’on s’attarde dessus. Avec ce premier album fait pour les néo-hippies, le groupe australien prouve qu’ils savent kicker mais plus d’originalité aurait été la bienvenue.

Note: 7/10

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Albé – Face A

Si le nom d’Albé ne vous dit pas grand chose, peut-être que le duo parisien Singtank vous parlera un peu plus. C’est en effet Alexandre de la Baume qui a décidé de se lancer en solo après deux albums du duo. A l’heure où l’avenir du groupe est incertain, celui qui a fait la première partie de Juniore en mars dernier à La Boule Noire décide de présenter son univers personnel avec son tout premier EP Face A.

Composé de quatre titres, Albé dévoile sa facette la plus romantique qu’il n’a jamais pu développer avec Singtank. Ainsi, on est charmé par tant de grâce à l’écoute du tendre « Gene » où il alterne le français et l’anglais avec classe et distinction mais aussi de l’attachant et très vif et soyeux « Valises » où l’on suit religieusement les paroles du parisien. Ensuite, c’est la guitare acoustique qui prime sur « Henri » où les violons synthétiques viennent amplifier l’émotion tant il nous raconte l’histoire poignante d’un enfant ou d’un homme ainsi que le dernier morceau « Egards » qui se veut plus coloré où il se lamente sur un amour perdu et irrattrapable. Nul doute qu’Albé possède la science infuse en matière de pop française romantique et touchante. Si Akhenaton ne parlera pas d’amour sur la face A, la moitié du duo Singtank le fait sans vergogne et de façon poétique mais attendons de voir ce qu’il nous réserve pour la face B si il y aura lieu.

Note: 7.5/10

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Date With Elvis – First Date

La scène marseillaise n’est pas morte, quoi qu’on en dise ! Non seulement on a apprécie l’électro-pop inventive de certains actes comme Kid Francescoli, Oh! Tiger Mountain, Nasser ou encore French 79 mais voilà que la cité phocéenne sait s’orienter vers le garage-rock. La preuve avec le duo Date With Elvis composé de Yohan Demeillers (chant, guitare) et Jean-Pierre Léon (batterie) qui nous délivre un premier album colossal du nom de First Date, faisant suite à deux EPs pour le moins prometteurs.

Avec Kid Francescoli à la production et French 79 à la participation, voilà qu’il faut à s’attendre à du… Marseille et sa production ! A peu près. Date With Elvis conjugue sans souci garage-rock, psychobilly et blues-rock avec des sonorités électroniques discrètes tout au long de ce premier album. Et très vite, on comprend que le duo veut en découdre avec des morceaux brûlants comme « Evil Or Love » et « Human Quadrumanous » sans oublier les vibrants « I Get Dizzy », « Ain’t Got No » ainsi que « One Way Or Another ».

Ainsi, le tandem chic et choc est aussi bien capable de nous transporter dans un univers western sur le blues rugueux de « So Glad » que dans un monde plutôt original (les intonations reggae de « Cool and Calm »). En définitive, les marseillais atteignent leur but et malgré quelques légers défauts (l’accent français dans leurs textes en anglais qui peut s’avérer être un petit handicap à la longue), ce First Date homogène et tonitruant tient la route. Du garage-rock pas faite pour cent personnes mais pour des millions.

Note: 7/10

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Midnight Sister – Saturn Over Sunset

En juillet dernier, je suis tombé sur une découverte bien sympathique mais trop courte passée à la radio: Midnight Sister. Et comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, j’apprends que leur premier album était prévu pour ce mois-ci. Mais avant de parler de leur disque, une présentation s’impose: c’était un duo de Los Angeles composé de la chanteuse et parolière Juliana Giraffe et du producteur Ari Balouzian. Et à eux deux, ils partagent une passion commune pour les années 1970 et ça s’entend parfaitement sur leur détonnant Saturn Over Sunset.

Signés sur le label Jagjaguwar, Midnight Sisters se cantonne parfaitement dans le genre pop baroque des années 1970 avec des titres aussi bien mélodiques qu’audacieux comme « Canary » ou le très beau « Leave You » avec sa délicieuse mélodie de piano accompagnée de ses motifs de mellotron rappelant le fameux « Strawberry Fields Forever » des Beatles. Pour faire court, on imaginerait parfaitement feu Trish Keenan qui décide de faire un voyage dans les 70’s et qui s’approprie parfaitement le style vintage et toujours imprévisible comme en témoignent les plus sautillants « Blue Cigar », « Daddy Long Legs ».

On savait à l’avance que Juliana Giraffe est réalisatrice à ses heures perdues (la preuve, elle réalise quelques clips de Midnight Sister) et ce n’est pas un hasard si les arrangements psychédéliques de Saturn Over Sunset possèdent quelques relents cinématographiques. Il suffit d’écouter les cordes frémissantes de « The Crow » pouvant filer la chair de poule à un certain Hitchcock ou l’implacable « The Drought » que l’on imaginerait dans un film de Truffaut. De plus, les ambiances pop baroque de « The View From Gilligan’s Island », « Hitman » avec ses coups de feu et « Clown » cinématisent parfaitement les textes sombres de la californienne. Et ils ont de quoi nous filer la chair de poule.

Pour un premier album, c’est un sacré album que nous offre le duo de Los Angeles. En nous offrant un voyage dans le temps, Midnight Sister arrive à créer une intrigue audiovisuelle dont on ne s’ennuie jamais une seconde, un peu comme si Hollywood flirtait avec l’esthétique psychédélique des années 1970 sans oublier sa dose d’intemporalité.

Note: 8/10

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IDLES – Brutalism

Bristol a longtemps été la capitale de la trip-hop et de la drum’n’bass. Ayant comme principaux monuments musicaux Massive Attack, Tricky et autres Portishead, on n’imaginait pas être une ville bien rock’n’roll. Et pourtant, IDLES renverse la tendance deux décennies plus tard. Le quintet est formé en 2012 et est composé de Joe Talbot (chant), Mark Bowen (guitare), Lee Kierman (guitare), Adam Devonshire (basse) et de Jon Beavis (batterie) et ils ont décidé de tout valser avec un premier album Brutalism.

Ne les rangez pas dans le rayon « post-punk » parce qu’ils n’aiment pas du tout cet étiquette. IDLES, c’est du punk pur et dur comme l’affirme le titre de leur opus. Ne perdant pas de temps, ils lancent les hostilités avec les brûlots bien bruitistes comme « Heel/Heal », « Well Done » ou encore « Date Night ». Les dés sont jetés: les riffs aiguisés du tandem Bowen/Kierman ainsi que le chant brutal et vicelard de Joe Talbot ainsi que la section rythmique bien cinglante et martiale du duo Devonshire/Beavis qui nous en mettent plein la vue.

Convoquant aussi bien METZ au niveau brutalité mais aussi The Fall pour le côté post… enfin, bref vous voyez ce que je veux dire ou encore The Clash, The Buzzcocks et The Sex Pistols pour le côté anarchique, IDLES gagne sur tous les points. Vous n’y trouverez aucune once de repos à travers ce Brutalism, que ce soit les futurs hymnes live comme « Mother », « Divide & Conquer » et « Rachel Khoo » ou l’énergie dévastatrice et fulgurante des titres comme « Stendhal Syndrome », « Exeter » et « White Privilege », le quintet envoie la sauce à 100 à l’heure. On serait même tenté de les mettre dans le même panier que Sleaford Mods tant leurs textes sont des véritables cocktails molotov lancés à la gueule de la Grande Bretagne à l’époque du Brexit et du règne de Theresa May. Mais ne vous inquiétez pas, après tant de boucheries punk déglinguées vient quand même l’heure de la ballade avec la conclusion reposante et touchante nommée « Slow Savage » qui a de quoi faire penser Protomartyr pour son côté dramaturgie.

En définitive, IDLES a misé gros avec leur premier album Brutalism. Qui l’eut cru qu’un groupe de Bristol pourrait défier la concurrence avec un opus incisif, tonitruant et bien bourrin sans jamais perdre une once d’inspiration ? Seuls eux ont le secret et nul doute qu’ils se glissent parmi l’une des meilleures révélations britanniques de cette année.

Note: 9/10

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