Shame – Songs Of Praise

On raconte un peu partout que Shame sera le groupe britannique de 2018 et pourtant, je n’ai rien inventé. Révélés sur scène en 2015 lorsqu’ils faisaient la première partie de FIDLAR, le quintet de Brixton possède le punk dans la peau, mais le punk de la belle époque. Les fameuses bêtes de scène nous présentent un premier album intitulé Songs of Praise in your face.

Ne perdant pas de temps, Shame sort le gros lot avec le premier morceau « Dust On Trial » racé et habité symbolisant ces trois années de dur labeur. La voix rauque et implacable de Charlie Steen habille un peu plus les morceaux explosifs savamment travaillés et cela donne de grands moments de bravoure comme le post-punk énervé de « Concrete » en passant par les envolées guitaristiques de l’hymne « One Rizla » et « Gold Hole » qui est déjà connu de tous.

On appréciera encore plus des chefs-d’oeuvre à l’image de « The Lick » et de « Tasteless » qui iront interpréter toutes les prouesses musicales du quintet qui est apte à passer du venimeux à l’explosif en un claquement de doigts. Une véritable montagne russe musicale comme on en fait plus. Et que dire du son crade des titres punk bien brutaux comme « Donk », « Friction » mais encore « Lampoon » comportant une introduction noisy qui a de quoi faire passer METZ ou Girl Band pour des petites fillettes ? Après toute cette déflagration bien sonique vient quand même un peu de répit avec le final bien pop et bien mélancolique nommé « Angie » avoisinant les 7 minutes afin de clore cette maestria.

Au final, toute cette hype autour de Songs of Praise est justifiée car Shame donne l’impression qu’ils ont observé le terrain et étudié toute la scène punk britannique et même Outre-Atlantique pour pouvoir se surpasser et briller comme jamais. On est qu’au mois de janvier et on a déjà un premier album qui va squatter les tops de fin d’année en raison de ces hymnes que l’on chantera à tue-tête pendant un bon bout de temps, que ce soit chez soi ou en live.

Note: 10/10

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Cyclope Espion – Friday Night Epitaph

Cyclope Espion est le pseudonyme d’un auteur-compositeur-interprète français qui réside à New-York depuis maintenant une douzaine d’années. Ayant joué pour Skinny Bones en tant que bassiste, le groupe Bowery Boys en tant que guitariste, le bonhomme possède un CV plus que calibré dans le monde de l’underground new-yorkais. Maintenant, il est temps pour lui de lancer sa machine en solo avec un premier jet du nom de Friday Night Epitaph qui est loin d’être déplaisant ma foi.

Ici, il opère un virage à 360° et ira flirter dans le monde de l’indie pop revival avec une aisance déconcertante. Voici donc dix morceaux plutôt bien ciselés avec une introduction et une outro qui implantent le voyage que nous allons passer avec notre hôte et ce Friday Night Epitaph fonctionne de façon plutôt symétrique. Avec des morceaux pop chantés en français mettant au premier plan sa plume poétique et sa voix juste que sont « Faux Départ » et « Indélébile » placés stratégiquement en début et fin d’album, Cyclope Espion nous impressionne avec des titres mélodiques comme « Wishful Thinking », Snapdragon » et « Mad Love & The Self ».

Avec l’aide de Nate Kohrs à la production ainsi que de Tony Mantz (Nick Cave), le frenchy s’en tire avec les honneurs en enchaînant aussi bien des morceaux plus électriques comme le fougueux « D.B. Coper » que d’autres plus émouvantes comme la ballade pianistique de « Sacrifice ». Friday Night Epitaph est un premier album plutôt charmant montrant un auteur-compositeur-interprète sortant de sa zone de confort, loin du rock underground new-yorkais pour aller chercher vers l’indie pop plus sophistiqué et ingénieux.

Note: 7.5/10

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Fits – All Belief Is Paradise

Nouvelle révélation indie rock américaine présentée par le prestigieux Father/Daughter Records: Fits. En provenance du milieu concentré dans ce game nommé Brooklyn, le quatuor composé de Nicholas Cummins (chant, guitare), de Joe Galarraga (guitare), d’Emma Witmer (basse) et de Brian Orante (batterie) veut à tout prix frapper fort pour cette fin d’année avec leur premier opus All Belief Is Paradise qui a tout pour plaire.

Se baladant entre power-pop et indie rock, les membres des groupes Big Ups, gobbinjr et Fern Mayo déballent leur savoir-faire avec leurs morceaux ne dépassant jamais les 2 minutes 30 avec les expéditifs et brûlants « Ice Cream On A Nice Day », « Admission Day » ou même « Fulfilling ». Les riffs grungy se mêlent au chant désinvolte de Nicholas Cummins et font bon ménage sur « Drop Thistle » et « Superdead » mais peuvent également jouer le jeu du répit avec « How Did U » avant de repasser à l’attaque avec « All The Time ».

S’achevant sur le mélancolique « The Levers », Fits nous laisse sur une plutôt bonne impression même si l’on aurait aimé quelque chose de plus osé et de plus couillu. Ceci dit, All Belief Is Paradise est ce genre de disque prometteur que l’on écoutera en cas de plaisir pour se défouler de temps en temps mais pas tout le temps.

Note: 7.5/10

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Nuit Oceān – Island EP

Cela fait depuis le mois de février que je voulais mettre en lumière ce talent particulier du nom de Nuit Oceān mais mieux vaut tard que jamais, non ? Il s’agit du pseudonyme d’un jeune musicien et producteur bordelais qui se veut être à la croisée entre James Blake et The xx, surtout à l’écoute de son premier EP atmosphérique et envoûtant du nom d’Island.

En 4 titres, on vacille entre la nuit et le jour avec la voix envoûtante de notre hôte qui brille sur des productions électro-soul mélancoliques et vertigineuses, à commencer par « Falling Night » et « Together Alone ». Aérien et contemplatif, Nuit Oceān ne laissera personne indifférent à son voyage musical résolument spleenesque et mystiques avec des oeuvres surréalistes comme « Island » et « I Don’t Blame The Sea » où il aura recours à l’Auto-Tune. Fermez les yeux et laissez-vous vous emporter par cette délicatesse que nous offre le bordelais en attendant sa seconde livraison en février prochain.

Note: 8/10

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BOPS – BOPS

BOPS est un jeune trio de frangins venu de Rennes qui pratique de la garage-pop des années 1960. En 2015, ils ont fait paraître un premier EP intitulé 156 et se sont fait remarquer non pas chez Howlin Banana Records comme on l’aurait imaginé mais par Mauvaise Foi Records qui les signe sur le champ et c’est ainsi qu’ils présentent leur premier album.

Résolument garage-pop, la musique de BOPS se veut à la fois enjoué et vintage à l’image de « Mary », « Slit It » et « No Voices » entre autres. Il y a de quoi rappeler les Kinks par moments surtout à l’écoute de bonnes trouvailles sympathiques comme « Sing » divisé en deux parties mais aussi « Fantasia » et « Mr. Cubabalouder » qui ont de quoi mettre la banane et c’est exactement ce qu’on l’attendait de la part d’un disque honorable et sympathique. Allant droit au but, les trois rennais ont atteint leur objectif en toute objectivité.

Note: 7/10

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Poussin – Comma

La scène montpelliéraine regorge toujours des perles et encore une fois, je ne dis pas ça parce que c’est ma ville natale. Cette fois-ci, on s’attaque à Poussin, un jeune quatuor indie folk qui avait fait paraître un premier EP en 2015 qui leur a permis d’être révélé aux Inrocks Lab. En novembre dernier, ils ont récidivé avec un nouvel EP intitulé Comma qui est plutôt de bonne facture.

En cinq titres, Poussin nous envoûte avec des mélodies caressantes comme la sublime introduction « The Rose and The Flames » mais aussi les titres plus salvateurs comme « Coma » et « This Charming Man ». Pouvant passer de la frénésie sur le passionnant « Wish I Could » au sautillant sur la conclusion « Til The End Bites », le quatuor montpelliérain arrive à nous convaincre avec leur pop-folk apaisante et organique et ce Comma est un bel essai.

Note: 8/10

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Tomalone – Seuls

Et on continue notre exploration de l’électro-pop à la française avec une autre révélation de l’année nommée Tomalone. Après avoir publié une poignée d’EPs, le crooner digital marseillais est prêt à prendre d’assaut la fin de l’année mais aussi l’année suivante avec son premier album intitulé Seuls.

Contrairement à d’autres crooners, Tomalone ira lamenter les pertes et les douleurs suite aux ruptures sentimentales. On ignore si c’est du vécu mais ce qui est sur, c’est qu’il sait analyser avec brio les conséquences sur des titres électro-pop vintage à l’image de « Toi », « Dès que tu me touches » mais aussi « Je me méfie de toi » avec une écriture parfois bateau mais pointue allant droit au but. Musicalement, le bonhomme se débrouille à merveille avec les entêtants « Prisonnier », « L’Epopée » et « Regarde-Moi » qui permet d’accentuer ses propos poétiques.

Aussi bien dansant qu’enivrant avec « Pigments » et « Ailleurs », Seuls est aussi une sorte de motto et de source de motivation pour l’auditeur en perdition qui peine à cicatriser ses problèmes sentimentaux. C’est ainsi que Tomalone nous délivre un message porteur d’espoir avec ce « Ensemble » qui permet de voir un avenir plus radieux et plus solidaire afin d’en finir avec la solitude qui nous ronge. C’est avec ce message universel qui fait que Seuls soit un disque pour le moins impressionnant qui demande du courage pour cicatriser nos plaies et de relever la tête/.

Note: 7/10

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