Daprinski – Chorégraphies de l’ordinaire

Nota bene: Pour cette chronique quelque peu particulière, j’ai essayé de me mettre dans la peau de Daprinski et d’en faire un espèce de scénario fantaisiste. Parce que cet album est sacrément cinématographique…

Vendredi 3 mars à 15h: me voici sur mon balcon pépère en train de siroter mon mojito sous un beau soleil plombé comme je l’aime tant. Je venais d’écouter le « Play Me Again » de mon gars sur marseillais Kid Francescoli avec son ex (l’est-elle vraiment ? Je ne sais guère à vrai dire…). Bizarrement en écoutant ce disque, je commence à avoir un flashback sur une de mes conquêtes amoureuses et une m’a particulièrement frappé. Je m’appelle Benoît d’Aprigny mais tout le monde m’appelle Daprinski et voici mon histoire ou plutôt devrais-je dire mes chorégraphies de l’ordinaire.

Dimanche 5 mars à 12h: Pour donner de l’inspiration sur mes écrits quand je ressasse mes souvenirs, j’ai du replonger dans ma filmographie fétiche: ça va du Claude Sautet, Guillaume Canet, Cédric Klapisch ou même du Jean-Pierre Jeunet. Ce qui me donne l’inspiration surtout, c’est de rentrer dans la psychologie du personnage principal tu vois. Tu ne sais pas pourquoi tu t’y attaches tant mais t’as juste envie que le personnage trouve le bonheur du côté de sa dulcinée. Et c’est pourquoi je vous raconte mon histoire d’amour avec une de mes conquêtes nommées Shan Jiang. Imaginez un peu entendre des cordes mielleux et des notes de piano sur quelque chose nommée « Ouverture » lorsque j’ai vu pour la première fois son visage angélique et son charisme infaillible. Je ne saurais vous décrire cette sensation…

Mardi 7 mars à 14h: C’est en fouillant dans mon iPhone et dans mes différentes notes que j’ai pu collecter tous mes écrits. Je n’arrive plus à dormir et de temps en temps, je fais un saut dans ma ville en arpentant les cafés et les bistrots afin de trouver une inspiration pour romancer ma plus belle histoire d’amour. En effet, je reste obsédé sur cette fille et je vous assure que ce n’était pas un one-itis, loin de là. Il y a eu une vraie connexion quand on était tous les deux en se promenant sur les grands boulevards sous des compositions orchestrales et sophistiquées comme « Le dernier homme », « Intrigue » ou encore le climax de cette belle histoire nommé « Visite éclair au paradis » où je l’étais vraiment. Je me rappelle où je m’étais assis dans un parc avec Shan Jiang où on se roulait sur l’herbe comme deux gamins amoureux avant de rencontrer les « Pleurs sur la ville » qui me mettent la baume au cœur. Ah le bon temps… Merde, il est déjà 23h à l’heure où j’écris ? Le temps passe vite. Et j’ai même oublié de répondre à Olivier Rigout qui m’a envoyé un message pour savoir où est-ce que j’en étais dans mon album. Fuck, je lui répondrais plus tard…

Samedi 18 mars à 17h15: Dans moins d’une semaine, je dois rendre mon premier album à Olivier et Pascaline et j’ai un peu la pression. Parce que j’ai pas tout à fait fini cette belle histoire d’amour qui a connu des hauts et des bas. Et les bas, justement c’était la tentation de voir ailleurs alors que tout allait bien avec ma Shan Jiang adorée. C’est à travers des passages instrumentaux ou des intermèdes comme « Flashback », « Scène de nuit », « Chorégraphie du départ » mais la plus marquante est pour moi « La fuite ». Parce qu’il fallait que je m’enfuis, je ne sais ni où ni pourquoi mais je sentais qu’il fallait le faire. Suis-je un lâche ? Un menteur ? Pourtant non, je ne suis qu’un homme bon mais j’ai des doutes depuis que j’ai vu « Les yeux de Maud » sous un fond de cordes et de note de clavecins. Je vous laisse imaginer la suite. Et pendant que je me livrais à une bataille sans merci après cette mini-aventure qui s’avère être une « Mortelle randonnée » bien ténébreuse, je voyais des trucs hallucinants à travers ce « Forfait limité » comme Omar Sherif dans le bus n°22, un café n°22 avec un gars de Canal Plus et un gars mourir en sortant du KFC. Tout ceci me paraissait à la fois banal et étrange, d’autant plus que je n’arrivais pas à gérer mes émotions à cause de mon autre aventure. Devais-je le dire à Shan Jiang ou devais-je le garder pour moi-même ? Que dire à cette fameuse Maud ? Dans tous les cas, je suis perdu et désorienté. Au final, j’ai pris mon courage à deux mains et tout avouer. Car on me dit souvent que la vérité permet de se libérer de toutes contraintes même si c’est désagréable. Mon idylle avec Shan Jiang a pris fin et je n’ai plus de nouvelles de cette Maud. Sale histoire. Pour elle, je ne suis devenu qu’un « Etranger » que l’on apprête à enterrer avec ses cors mortuaires et ses cordes mélancoliques. A l’époque, ça m’a détruit mais tout ceci, c’est du passé et j’ai réussi à m’en remettre depuis. J’ai décidé d’aller de l’avant car qui sait, peut-être trouverais-je la perle rare. Et à l’heure où je finis cette phrase, j’ai enfin terminé cette histoire et je m’apprête à aller voir Alter K pour présenter mes chorégraphies de l’ordinaire.

Vendredi 31 mars à 10h: C’est le jour J. Mon premier album Chorégraphies de l’ordinaire est sorti et je suis fier de mon petit bébé car j’ai mis mon cœur et âme à travers ce projet. J’y repense à cette listening session avec mon label et Olivier (ou Pascaline, je ne sais plus) m’a sorti: « Poto, en écoutant ce disque, ça se voit que t’as voulu créer une bande originale sans film. Sérieux, on retrouve une ouverture, des petites intermèdes instrumentaux incroyablement cinématographiques entre les belles scénettes pop et un générique de fin. T’as du écouter du Morricone et du Philippe Sarde quand tu racontes ta sublime histoire ou quoi ? ». Ils ont vu juste en fait. C’est en racontant ce qui m’est arrivé que je me suis mis à écouter pas mal de pop orchestrale aux arrangements luxuriants. Le processus était un peu tortueux mais j’y suis arrivé. Des fois, je pense à Shan Jiang pour voir ce qu’elle est devenue. M’a-t-elle oublié ? Je l’ignore. Au fond de moi, j’aurais souhaité qu’elle me passe un coup de fil pour qu’on puisse se capter, vu que ça fait tout de même un bon bout de temps que l’on ne s’est plus vus. Ah, le bon temps… Mais bon, pour le moment, je me dois de préparer la listening party avec le label et pas mal de mes confrères avec qui je partagerais la scène. Ça promet d’être mémorable, comme cet album pour des milliers de fans. Je sais qu’il y aura certains détracteurs qui trouveront déprimant mais je m’en fous, à vrai dire. Merci à tous de m’avoir lu et j’espère que vous apprécierez ce court-métrage musical.

Note: 7.5/10

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