Dream Machine – The Illusion

Fans de rock’n’roll aux sonorités 70’s, veuillez accueillir Dream Machine. C’est un duo venu d’Austin dans le Texas composé de Matthew Melton, futur ex-leader de Warm Soda qui a sorti leur ultime opus (dont la chronique arrive bientôt), et de sa femme Doris Melton, et à eux deux, ils rendent hommage à leurs plus grands idoles que sont Black Sabbath, Deep Purple, Iron Butterfly ou encore The Doors sur leur premier opus The Illusion.

Composé de onze titres bien ténébreux, on sent que Dream Machine est parfaitement à l’aise dans leur registre garage-rock psychédélique à tendance hard-rock des années 70 à l’écoute des morceaux bien théâtraux comme « The Illusion » avec son orgue bien trippy et ses chants bien ténébreux et sensuels de la part du duo mais aussi « I Walked In The Fire », « Buried Alive » ainsi que « Lose My Place In Time » et l’instrumental « Back To You » qui valent leur pesant d’or.

Les riffs sabbathiens et incisifs prennent aux tripes tandis que le duo exprime leur mécontentement et leur exaspération par rapport à la société actuelle hypnotisée par la technologie d’aujourd’hui. Les accrocs aux smartphones et aux réseaux sociaux sont particulièrement visés sur cet opus et notez qu’ils ne sont ni sur Facebook ni sur Twitter pour afficher leur différence. Et côté chanson, on peut citer par exemple les excellents « Caught In A Trap » et « Nothing Left » avec ses solos d’orgue qui nous font vibrer sans oublier le final tonitruant « Weeping Statue » qui montre un Dream Machine parfaitement bien siégé dans leur rôle de magicien(ne)s.

Note: 8/10

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Mr. Jukes – God First

Le dernier album de Bombay Bicycle Club date de 2014 et se nommait So Long, See You Tomorrow. Durant ce laps de temps, le groupe londonien a entamé une longue tournée avant de se mettre durant une pause indéterminée depuis un an maintenant. Tandis que l’on a vu Ed Nash se lancer avec son nouveau groupe Toothless en début d’année, voilà que Jack Steadman, leader du groupe, présenter son side-project Mr. Jukes et son premier album qui vient tout juste de paraître intitulé God First.

Contrairement à Toothless, Mr. Jukes ne s’aventure pas dans les territoires indie pop mais plutôt vers la soul et la funk. S’appropriant la culture du sampling et du crate-digging, Jack Steadman se sent dans son élément avec ce premier titre savamment orchestré « Typhoon » avec la Choir of St Aloysius College et RX Shantymen qui rappelle vaguement les rosters de Ninja Tune et de Tru Thoughts. La voix du londonien se fait entendre sur des titres colorés à l’image de « Ruby » et le downtempo onirique « Magic » et c’est à peine inimaginable que ce soit le même gars du groupe Bombay Bicycle Club qui nous propose ces nouvelles saveurs.

Bien évidemment, God First regorge de collaborations en tous genres avec la participation du crooner de Chicago sur l’odyssée jazzy impressionnante de « Angels/Your Love », le soulman Charles Bradley qui s’offre une seconde jeunesse sur le flamboyant « Grant Green » tout comme le légendaire Horace Andy et les toujours aussi cool De La Soul sur le romantique « Leap Of Faith ». N’oublions pas non plus Lalah Hathaway, fille du regretté Donny, qui scintille sur le boom-bap soulful de « From Golden Stars Comes Silver Dew » ainsi que Lianne La Havas qui chante aux côtés de Steadman sur le final onirique « When Your Light Goes Out ». En somme, God First est une bonne surprise de la part du leader de Bombay Bicycle Club qui erre dans de nouvelles directions soulful et groovy. Inattendu certes mais directement addictif.

Note: 7.5/10

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Rozwell Kid – Precious Art

Rozwell Kid est un quatuor qui nous vient de la Virginie-Occidentale aux States. Formé en 2011, il est composé de Jordan Hudkins (chant, guitare), Adam L. Meisterhans (guitare), Devin Donnelly (basse, chœurs) et de Sean Hallock (batterie, percussions) et avait publié trois albums en trois ans sur le label Broken World Media. Désormais signé sur un autre label indie underground SideOneDummy Records, ils remettent le couvert avec leur nouveau disque Precious Art.

Ce qui saute aux yeux (ou aux oreilles, je sais plus), c’est la comparaison évidente avec le cultissime groupe Weezer en raison de ses compositions power-pop qui donnent la pêche mais aussi son sens de l’humour au niveau des textes mordants mais également personnels de Jordan Hudkins. La ressemblance est tellement flagrante à l’écoute des bangers pop-punk comme « Wendy’s Trash Can », « Boomerang » ou encore « Blow It » aux riffs de guitare musclés à la Thin Lizzy ainsi que sur des titres plus mid-tempos avec « Futon » et « MadTV ». Au-delà des inspirations du groupe de Rivers Cuomo, Rozwell Kid sait se montrer plus soft et touchant avec l’atmosphérique « Gameball » (et l’interlude au piano de « South By ») avant de relancer la machine avec le final turbulent « Michael Keaton ».

Avec ce quatrième opus, Rozwell Kid n’aura pas trop de mal à se frotter face à la concurrence qui se fait de plus en plus redoutable à l’heure actuelle. Precious Art est un opus regorgé d’humour et d’amour destiné aux nostalgiques de la musique pop-punk/power-pop/emo des années 1990-2000 sans se la jouer désuet et ringard.

Note: 7.5/10

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Slaughter Beach, Dog – Welcome / Motorcycle.jpg

Nota bene: Cette chronique a été rédigée en octobre 2016 mais n’a jamais été publiée. Elle a été mise à jour en juillet 2017, le temps que j’attende son prochain EP pour pouvoir mieux traiter le sujet.

Slaughter Beach, Dog est en fait le side-project de Jake Ewald qui n’est autre que le chanteur et guitariste du groupe emo Modern Baseball. Alors qu’on a été gâté par leur dernier album (chroniqué ici), voilà que le musicien de Philadelphie a envie de faire ses preuves en solo avec ce premier album sobrement intitulé Welcome.

Une fois n’est pas coutume, un musicien issu d’un groupe qui se lance en solo s’éloigne quelque peu des origines musicales de son groupe d’origine et c’est exactement le cas pour Slaughter Beach, Dog. En dix morceaux, Slaughter Beach, Dog explore tous les recoins de l’indie rock à l’état brut avec des monuments électriques comme « Mallrat Semi-Annual », « Monsters », « Forever » et autres « Drinks » très Hold Steady dans l’âme mais aussi des moments plus nuancés avec l’envoûtant « Toronto Mug » divisé en deux parties, le jangly « Bed Fest » ainsi que la ballade folk de « Politics of Grooming ». Il ne manque plus que l’instrumental bien explosif nommé « Essex Street » en guise de conclusion pour apprécier toute la créativité du natif de Philadelphie.

Slaughter Beach, Dog n’est pas qu’un projet supplémentaire pour Jake Ewald montrant un musicien à l’aise dans ses baskets et dans son univers riche et passionnant. Un bon moyen pour nous souhaiter la bienvenue dans son jardin secret.

Note: 8/10

L’année 2017 n’a pas été facile pour Modern Baseball en raison de l’annulation de leur tournée suite aux nombreuses crises d’angoisse que traversent Brendan Lukens entre autres. Et tandis que le groupe de Philadelphie fait face à un avenir incertain, Jake Ewald remet en selle son projet solo qu’est Slaughter Beach, Dog avec un EP en guise de dessert nommé Motorcycle.jpg faisant suite à son premier album paru en septembre dernier.

Composé de quatre titres, cet EP montrera le côté doux de l’artiste avec des pièces plus indie folk/alt-country qu’à l’accoutumée, à l’image de « Your Cat » et de « Glowing » avec son songwriting qui fait toujours autant mouche. Quelques moments plus originaux viennent s’y glisser avec le spoken-word intrigant de « 104 Degrees » avant que le final « Building The Ark » fera intervenir une guitare électrique fuzzy sans jamais désorienter son auditeur.

Encore une fois, Slaugher Beach, Dog nous accueille chaleureusement et on reste captivé par autant d’aisance. Et même si l’avenir de son groupe est en plein questionnement, Jake Ewald se fait plaisir en s’émancipant de plus en plus et se sent comme un poisson dans l’eau.

Note: 7/10

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Jason Loewenstein – Spooky Action

Les éternels dinosaures de l’indie rock ne raccrocheront jamais les gants, c’est certain. On a assisté au grand retour des bien-nommés Dinosaur Jr. avec leur album paru l’an dernier (chroniqué ici) et cette année, c’est autour de Jason Loewenstein, légendaire chanteur, guitariste, bassiste du groupe Sebadoh et de The Fiery Furnances, de faire son grand retour avec son deuxième album solo Spooky Action paru 15 ans après son At Sixes and Sevens.

Et très vite, on sent que le musicien de Boston n’a pas le temps de plaisanter, qu’il a envie d’en découdre après une introduction de 10 secondes avec des brûlots bien costauds comme « The One », « Machinery » et « Correction » aux riffs explosifs et aux rythmiques fusant à 100 à l’heure. Il n’y a aucun temps mort tant on bouge la tête à l’écoute des morceaux heavy tels que « Dead », « New Rocker » et autres « Fall Into A Line » même si quelques incursions country font surface comme sur « The Fuck Out » par exemple.

A l’écoute de ce Spooky Action, Jason Loewenstein se rapproche plus de Sebadoh que de The Fiery Furnaces, ce qui est à la fois une bonne et une moins bonne chose. On retrouve tout de même de l’indie rock qui dépote et qui explose de tous parts sans pause pipi où on se déchainera pendant le reste de l’année. Espérons ne pas attendre 2032 pour un troisième album du bonhomme ceci dit.

Note: 7/10

Ratboys – GN

Vous en connaissez des groupes qui allient indie rock pur et dur et country-folk sans effort ? Et bien, Ratboys est capable de réussir dans ce domaine. Le groupe originaire de Chicago ayant comme têtes pensantes Julia Steiner (chant, guitare) et David Sagan (guitare) a publié un premier album AOID en 2015, c’est ainsi qu’ils récidivent avec leur second opus GN dans la droite lignée de son grand frère.

On retrouve à nouveau ce mélange qu’ils appellent de la « post-country » sur ce nouveau disque et encore une fois, on reste fasciné par la magnifique et éthérée voix de Julia Steiner avec des morceaux efficaces comme « Molly », « Elvis Is In The Freezer » et autres « Control » où l’on vacille de la douceur acoustique à la furie électrique éclatant de façon inattendue. Racontant leur quotidien à Chicago, Ratboys reste à nouveau dans leur élément en ouvrant la porte de leur intimité comme « Crying About The Planets », « Wandered » ainsi que « The Record ».

Le quintet réussit à nouveau son mélange en poussant le concept un peu plus loin pour un résultat des plus satisfaisants. GN ouvrira pas mal de portes à Ratboy ainsi que leur post-country aussi bien onirique qu’incisif.

Note: 8/10

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Blonder – Blender

Blonder est un quintet indie rock venu du Milwaukee et composé de Matt (chant, guitare), Mina (chant, violon, claviers), James (guitare), Vince (basse) et d’Eric (batterie). Formé il y a quelques années, le groupe a publié une première démo en 2013 suivi d’un EP deux ans plus tard et voilà qu’ils rentrent dans le grand bain avec leur premier album Blender.

Dès le premier titre « Lucky », les dés sont jetés: de l’indie rock pur et dur à tendance slacker avec le chant passionnant de Matt qui règne en maître. C’est un peu la tendance globale de ce Blender plutôt entraînant montrant cinq musiciens qui veulent en découdre et pas mal de morceaux énergiques et passionnants sont à souligner comme « Stupor », « The Fort » ou encore « Wait ». La plume incisive de Matt n’est pas en reste non plus tant il passe en revue ses émotions divers allant de l’euphorie à la mélancolie, de la joie à la rage, comme en témoigne « Fall Leaves » et la conclusion épique « Heat and Secrete ».

Après un bonus track « Fast » interprété par Mina, Blonder montre qu’ils veulent en découdre avec son premier album qui sent le DIY et la détermination à plein nez. Blender réconciliera les éternels puristes des années 1990 à coup sur.

Note: 8/10

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