Robert Robert – Welcome To Finetown

Robert Robert est un jeune producteur montréalais qui s’est fait connaître sur le label Secret Songs qui est celui du bien-aimé Ryan Hemsworth où il a publié deux EPs. Suite à cela, le bonhomme s’est fait remarquer sur plusieurs scènes et sur la compilation Nowadays Vol. 7 entre autres, à un point que le label all-stars a décidé de le signer sur-le-champ. C’est ainsi qu’il nous présente son nouvel EP intitulé Welcome To Finetown où il continue son bonhomme de chemin en toute tranquillité.

Composé de 7 morceaux dont 2 interludes, Robert Robert intrigue par sa musique électronique voyageuse et colorée avec des titres percutants comme « Coolest Place in the Universe » et « Sad Anthem » montrant toutes ses compétences derrière ses machines. Pour mieux habiller ses textures électroniques, il fait appel à quelques voix extérieures comme Anna Majidson du duo Haute sur l’aérien « Misunderstood » et la chanteuse et productrice montréalaise Ryan Playground sur le final incisif et électrique « Get To You Safe » mais aussi sa propre voix sur l’époustouflant « Clay » et c’est toujours ça de gagné.

Ce troisième EP du canadien permet de synthétiser tout l’univers aussi bien entraînante qu’envoûtante. Quoi de mieux que de faire un tour dans ce Finetown qui est le lieu le plus cool de l’univers de Robert Robert ?

Note: 8/10

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Dream Machine – The Illusion

Fans de rock’n’roll aux sonorités 70’s, veuillez accueillir Dream Machine. C’est un duo venu d’Austin dans le Texas composé de Matthew Melton, futur ex-leader de Warm Soda qui a sorti leur ultime opus (dont la chronique arrive bientôt), et de sa femme Doris Melton, et à eux deux, ils rendent hommage à leurs plus grands idoles que sont Black Sabbath, Deep Purple, Iron Butterfly ou encore The Doors sur leur premier opus The Illusion.

Composé de onze titres bien ténébreux, on sent que Dream Machine est parfaitement à l’aise dans leur registre garage-rock psychédélique à tendance hard-rock des années 70 à l’écoute des morceaux bien théâtraux comme « The Illusion » avec son orgue bien trippy et ses chants bien ténébreux et sensuels de la part du duo mais aussi « I Walked In The Fire », « Buried Alive » ainsi que « Lose My Place In Time » et l’instrumental « Back To You » qui valent leur pesant d’or.

Les riffs sabbathiens et incisifs prennent aux tripes tandis que le duo exprime leur mécontentement et leur exaspération par rapport à la société actuelle hypnotisée par la technologie d’aujourd’hui. Les accrocs aux smartphones et aux réseaux sociaux sont particulièrement visés sur cet opus et notez qu’ils ne sont ni sur Facebook ni sur Twitter pour afficher leur différence. Et côté chanson, on peut citer par exemple les excellents « Caught In A Trap » et « Nothing Left » avec ses solos d’orgue qui nous font vibrer sans oublier le final tonitruant « Weeping Statue » qui montre un Dream Machine parfaitement bien siégé dans leur rôle de magicien(ne)s.

Note: 8/10

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Mura Masa – Mura Masa

Son premier oeuvre Soundtrack to a Death sorti fin 2014 sur le label Jakarta l’a révélé au grand public avec son énorme tube « Lotus Flower ». L’année suivante, il touchera un plus large public avec son EP Someday, Somewhere (chroniqué ici) contenant les efficaces « Firefly » avec la révélation NAO et « Lovesick Fuck ». A seulement 21 ans, le londonien n’a plus rien à prouver et voilà qu’il présente enfin son véritable premier album officiel.

Pour les mordus de future bass, de trap et de tropical house, vous allez être servis avec ce premier album de Mura Masa qui est gorgé de tubes et riche en collaborations en tous genres. On ne sera pas surpris de croiser Bonzai à deux reprises sur les efficaces « Nuggets » orienté big beat et des sonorités UK Garage « What If I Go ? »et le fameux « Firefly » dont on ne se lassera jamais mais on appréciera les contributions de Jamie Lidell sur le funky « Nothing Else ! » et de Tom Tripp sur le garage futuriste de « Helpline ».

Tandis qu’Alex Crossan prête également sa voix autotunée sur des titres comme l’introduction expérimental de « Messy Love » et sur l’interlude éthéré de « Give Me The Ground », on ne peut pas dire que toutes les collaborations ne sont pas réussis malgré toute leur bonne volonté. On préfère largement la première version de « Lovesick Fuck » qui était un pur banger qu’on retrouve sous le nom de « Lovesick » avec un A$AP Rocky pas très en forme et on aurait aimé plus de pep’s de la part de Charli XCX sur le refrain de « 1 Night » avec son steel-drum toujours aussi présent. Ah tiens, on retrouve la pâle copie de Future qu’est Desiigner sur l’interlude trap brise-nuques nommé « All Around The World » sympa mais hors-sujet ainsi que Christine & The Queens sur le R&B synthétique aux quelques relents jungle de « Second 2 None » mais heureusement qu’un peu de douceur est de bienvenue avec « Who Is It Gonna B » avec A.K. Paul (qui est le frère de Jai Paul dont on attend toujours son album) et la conclusion magnétique nommée « Blu » conviant le légendaire Damon Albarn.

Même si tout n’est pas parfait sur ce premier album, Mura Masa aura évité le piège du « festival de featurings à tout va » dont est tombé de nombreux actes comme DJ Khaled, Gorillaz et autres Flume. Rendant hommage à sa ville natale chérie, le jeune artiste sait nous impressionner avec sa marque de fabrique indélébile qu’elle soit future bass ou tropical house et montre qu’il veut encore en découdre.

Note: 7/10

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Mr. Jukes – God First

Le dernier album de Bombay Bicycle Club date de 2014 et se nommait So Long, See You Tomorrow. Durant ce laps de temps, le groupe londonien a entamé une longue tournée avant de se mettre durant une pause indéterminée depuis un an maintenant. Tandis que l’on a vu Ed Nash se lancer avec son nouveau groupe Toothless en début d’année, voilà que Jack Steadman, leader du groupe, présenter son side-project Mr. Jukes et son premier album qui vient tout juste de paraître intitulé God First.

Contrairement à Toothless, Mr. Jukes ne s’aventure pas dans les territoires indie pop mais plutôt vers la soul et la funk. S’appropriant la culture du sampling et du crate-digging, Jack Steadman se sent dans son élément avec ce premier titre savamment orchestré « Typhoon » avec la Choir of St Aloysius College et RX Shantymen qui rappelle vaguement les rosters de Ninja Tune et de Tru Thoughts. La voix du londonien se fait entendre sur des titres colorés à l’image de « Ruby » et le downtempo onirique « Magic » et c’est à peine inimaginable que ce soit le même gars du groupe Bombay Bicycle Club qui nous propose ces nouvelles saveurs.

Bien évidemment, God First regorge de collaborations en tous genres avec la participation du crooner de Chicago sur l’odyssée jazzy impressionnante de « Angels/Your Love », le soulman Charles Bradley qui s’offre une seconde jeunesse sur le flamboyant « Grant Green » tout comme le légendaire Horace Andy et les toujours aussi cool De La Soul sur le romantique « Leap Of Faith ». N’oublions pas non plus Lalah Hathaway, fille du regretté Donny, qui scintille sur le boom-bap soulful de « From Golden Stars Comes Silver Dew » ainsi que Lianne La Havas qui chante aux côtés de Steadman sur le final onirique « When Your Light Goes Out ». En somme, God First est une bonne surprise de la part du leader de Bombay Bicycle Club qui erre dans de nouvelles directions soulful et groovy. Inattendu certes mais directement addictif.

Note: 7.5/10

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Rozwell Kid – Precious Art

Rozwell Kid est un quatuor qui nous vient de la Virginie-Occidentale aux States. Formé en 2011, il est composé de Jordan Hudkins (chant, guitare), Adam L. Meisterhans (guitare), Devin Donnelly (basse, chœurs) et de Sean Hallock (batterie, percussions) et avait publié trois albums en trois ans sur le label Broken World Media. Désormais signé sur un autre label indie underground SideOneDummy Records, ils remettent le couvert avec leur nouveau disque Precious Art.

Ce qui saute aux yeux (ou aux oreilles, je sais plus), c’est la comparaison évidente avec le cultissime groupe Weezer en raison de ses compositions power-pop qui donnent la pêche mais aussi son sens de l’humour au niveau des textes mordants mais également personnels de Jordan Hudkins. La ressemblance est tellement flagrante à l’écoute des bangers pop-punk comme « Wendy’s Trash Can », « Boomerang » ou encore « Blow It » aux riffs de guitare musclés à la Thin Lizzy ainsi que sur des titres plus mid-tempos avec « Futon » et « MadTV ». Au-delà des inspirations du groupe de Rivers Cuomo, Rozwell Kid sait se montrer plus soft et touchant avec l’atmosphérique « Gameball » (et l’interlude au piano de « South By ») avant de relancer la machine avec le final turbulent « Michael Keaton ».

Avec ce quatrième opus, Rozwell Kid n’aura pas trop de mal à se frotter face à la concurrence qui se fait de plus en plus redoutable à l’heure actuelle. Precious Art est un opus regorgé d’humour et d’amour destiné aux nostalgiques de la musique pop-punk/power-pop/emo des années 1990-2000 sans se la jouer désuet et ringard.

Note: 7.5/10

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Slaughter Beach, Dog – Welcome / Motorcycle.jpg

Nota bene: Cette chronique a été rédigée en octobre 2016 mais n’a jamais été publiée. Elle a été mise à jour en juillet 2017, le temps que j’attende son prochain EP pour pouvoir mieux traiter le sujet.

Slaughter Beach, Dog est en fait le side-project de Jake Ewald qui n’est autre que le chanteur et guitariste du groupe emo Modern Baseball. Alors qu’on a été gâté par leur dernier album (chroniqué ici), voilà que le musicien de Philadelphie a envie de faire ses preuves en solo avec ce premier album sobrement intitulé Welcome.

Une fois n’est pas coutume, un musicien issu d’un groupe qui se lance en solo s’éloigne quelque peu des origines musicales de son groupe d’origine et c’est exactement le cas pour Slaughter Beach, Dog. En dix morceaux, Slaughter Beach, Dog explore tous les recoins de l’indie rock à l’état brut avec des monuments électriques comme « Mallrat Semi-Annual », « Monsters », « Forever » et autres « Drinks » très Hold Steady dans l’âme mais aussi des moments plus nuancés avec l’envoûtant « Toronto Mug » divisé en deux parties, le jangly « Bed Fest » ainsi que la ballade folk de « Politics of Grooming ». Il ne manque plus que l’instrumental bien explosif nommé « Essex Street » en guise de conclusion pour apprécier toute la créativité du natif de Philadelphie.

Slaughter Beach, Dog n’est pas qu’un projet supplémentaire pour Jake Ewald montrant un musicien à l’aise dans ses baskets et dans son univers riche et passionnant. Un bon moyen pour nous souhaiter la bienvenue dans son jardin secret.

Note: 8/10

L’année 2017 n’a pas été facile pour Modern Baseball en raison de l’annulation de leur tournée suite aux nombreuses crises d’angoisse que traversent Brendan Lukens entre autres. Et tandis que le groupe de Philadelphie fait face à un avenir incertain, Jake Ewald remet en selle son projet solo qu’est Slaughter Beach, Dog avec un EP en guise de dessert nommé Motorcycle.jpg faisant suite à son premier album paru en septembre dernier.

Composé de quatre titres, cet EP montrera le côté doux de l’artiste avec des pièces plus indie folk/alt-country qu’à l’accoutumée, à l’image de « Your Cat » et de « Glowing » avec son songwriting qui fait toujours autant mouche. Quelques moments plus originaux viennent s’y glisser avec le spoken-word intrigant de « 104 Degrees » avant que le final « Building The Ark » fera intervenir une guitare électrique fuzzy sans jamais désorienter son auditeur.

Encore une fois, Slaugher Beach, Dog nous accueille chaleureusement et on reste captivé par autant d’aisance. Et même si l’avenir de son groupe est en plein questionnement, Jake Ewald se fait plaisir en s’émancipant de plus en plus et se sent comme un poisson dans l’eau.

Note: 7/10

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Jason Loewenstein – Spooky Action

Les éternels dinosaures de l’indie rock ne raccrocheront jamais les gants, c’est certain. On a assisté au grand retour des bien-nommés Dinosaur Jr. avec leur album paru l’an dernier (chroniqué ici) et cette année, c’est autour de Jason Loewenstein, légendaire chanteur, guitariste, bassiste du groupe Sebadoh et de The Fiery Furnances, de faire son grand retour avec son deuxième album solo Spooky Action paru 15 ans après son At Sixes and Sevens.

Et très vite, on sent que le musicien de Boston n’a pas le temps de plaisanter, qu’il a envie d’en découdre après une introduction de 10 secondes avec des brûlots bien costauds comme « The One », « Machinery » et « Correction » aux riffs explosifs et aux rythmiques fusant à 100 à l’heure. Il n’y a aucun temps mort tant on bouge la tête à l’écoute des morceaux heavy tels que « Dead », « New Rocker » et autres « Fall Into A Line » même si quelques incursions country font surface comme sur « The Fuck Out » par exemple.

A l’écoute de ce Spooky Action, Jason Loewenstein se rapproche plus de Sebadoh que de The Fiery Furnaces, ce qui est à la fois une bonne et une moins bonne chose. On retrouve tout de même de l’indie rock qui dépote et qui explose de tous parts sans pause pipi où on se déchainera pendant le reste de l’année. Espérons ne pas attendre 2032 pour un troisième album du bonhomme ceci dit.

Note: 7/10