Liz Phair – Soberish

La carrière de Liz Phair a été plutôt intéressante à suivre et à analyser. Celle qui avait changé le game avec son désormais culte Exile In Guyville en 1993, la musicienne américaine a vu le reste de sa carrière prendre petit à petit la pente descendante malgré son statut remarquable sur la scène rock féminine. Après un dernier Funstyle paru en 2010 qui n’a pas réellement convaincu, elle a décidé de mettre sa carrière musicale en pause pendant une décennie avant de revenir cette année avec son disque tant attendu du nom de Soberish.

Une pochette comme ça, t’as peur. Mais une fois que l’on appuie sur la touche Play, les doutes s’estompent et prouvent que Liz Phair en a encore des choses à dire, surtout en ces circonstances où les mouvements #MeToo et #TimesUp prennent de l’ampleur, on avait hâte de connaître sa position. Et c’est dire que le son pop-rock qu’elle a mis en exergue avec son producteur Brad Wood se laisse écouter sans soucis avec « Spanish Doors » qui ouvre le bal mais encore avec « The Game » et le futur hymne live « In There » aux arrangements soignés et une interprétation précise et allant droit au but.

Il ne fait aucun doute que Liz Phair arrive à asseoir son autorité sous ce patchwork musical harmonique. On retrouve sa hargne au niveau des textes faisant écho à notre époque sur « Hey Lou » (« No one knows what to think when you’re acting like an asshole/Spilling all the drinks, talking shit about Warhol », chante-t-elle). Mais n’oublie pas non plus malgré son positionnement féministe qui a fait mouche tout au long de sa carrière et se fait entendre sur les allures folk de « Good Side », « Sheridan Road » ou encore sur « Soul Sucker », son côté femme fatale ou succube reste impalpable notamment sur le puissant « Ba Ba Ba » et « Bad Kitty ». Soberish montre ainsi une Liz Phair beaucoup plus entreprenante et pétillante que jamais. Même si ce n’est pas au niveau d’Exile In Guyville (car soyons honnêtes, elle ne compte pas atteindre ce niveau) mais supérieur à ses disques précédentes, la musicienne de Chicago nous rappelle son statut d’icône de l’indie rock de ces trente dernières années et récupère son trône.

Note: 7/10