Barry Can’t Swim – Loner

Beaucoup d’entre nous avaient succombé au premier album de Barry Can’t Swim du nom de When Will We Land il y a deux années de cela (chroniqué ici). Le producteur écossais, qui possède plusieurs nominations aux Brit Awards et Mercury Prize à son actif, poursuit son ascension avec un périple musical absolument immersif qui aura fait fureur lors de ses prestations scéniques, notamment à la prestigieuse Brixton Academy. Pour cet été, il répondra présent avec l’arrivée de son successeur tant attendu qui s’intitule Loner.

Pour ce nouveau périple musical, Barry Can’t Swim viendra s’ouvrir à nous à travers ces douze compositions à la fois euphoriques et nostalgiques. Loner est une exploration du monde où il se trouve et son auteur viendra affiner sa formule en se livrant sans fioritures, dès le départ avec « The Person You’d Like To Be » résolument clair-obscur annonçant la couleur. Très rapidement, l’univers musical protéiforme du producteur écossais viendra nous prendre de court avec les plus hédonistes et imparables « Different » ainsi que « About To Begin » ajoutant une petite touche fun à ce Loner hors du commun.

Effectivement, on passe dans différents états tout au long de ce second album de Barry Can’t Swim. On en veut pour preuve des moments un brin nostalgiques et mélancoliques à l’image de « All My Friends » mais aussi de « Cars Pass By Like Childhood Sweethearts » aux doux airs de soul digne des années 1960 comme si on observait, à ses côtés, la fête de loin sans jamais y être. A côté de cela, on retrouve des bangers pour les moins efficaces à l’image de « Still Riding » notable pour son sample de Kali Uchis mais également de « Like It’s Part Of The Dance » mais suffisant pour que l’on puisse contempler la fête au loin. Car oui, Loner ira raconter la solitude de Barry Can’t Swim et sous toutes ses formes. On peut se sentir seul même au milieu d’une foule agitée sur le dancefloor et il réussit à retransmettre toutes ses émotions, à travers des collaborations remarquables avec O’Flynn sur le planant « Kimpton » ainsi que Seamus le temps des influences ambient feutrées de « Machine Noise For A Quiet Daydream » mais également sur des derniers titres aussi bien soulful que nostalgiques avec « Marriage » et « Childhood » nous procurant d’innombrables frissons avec cette montée en puissance ô combien vibrante.

Après un « Wandering Mt. Moon » bien contemplatif en guise de générique de fin pour annoncer que la fête est terminée, on en ressort ébahis face à ce Loner qui est un véritable feu d’artifices musical et émotionnel. Barry Can’t Swim réussit à nous emmener dans son psyché où il narre avec beaucoup de génie ses errances, ses envies d’évasion au milieu de cette grande fête pleine de contrastes en tous genres. Contrairement à Kevin Parker qui avait déclaré sur le morceau « Solitude Is Bliss » 15 ans plus tôt: « There’s a party in my head and no one is invited », le producteur écossais nous tend la main et nous invite à cette fête à la fois joyeuse et mélancolique.

Note: 8.5/10