Robert Robert – Welcome To Finetown

Robert Robert est un jeune producteur montréalais qui s’est fait connaître sur le label Secret Songs qui est celui du bien-aimé Ryan Hemsworth où il a publié deux EPs. Suite à cela, le bonhomme s’est fait remarquer sur plusieurs scènes et sur la compilation Nowadays Vol. 7 entre autres, à un point que le label all-stars a décidé de le signer sur-le-champ. C’est ainsi qu’il nous présente son nouvel EP intitulé Welcome To Finetown où il continue son bonhomme de chemin en toute tranquillité.

Composé de 7 morceaux dont 2 interludes, Robert Robert intrigue par sa musique électronique voyageuse et colorée avec des titres percutants comme « Coolest Place in the Universe » et « Sad Anthem » montrant toutes ses compétences derrière ses machines. Pour mieux habiller ses textures électroniques, il fait appel à quelques voix extérieures comme Anna Majidson du duo Haute sur l’aérien « Misunderstood » et la chanteuse et productrice montréalaise Ryan Playground sur le final incisif et électrique « Get To You Safe » mais aussi sa propre voix sur l’époustouflant « Clay » et c’est toujours ça de gagné.

Ce troisième EP du canadien permet de synthétiser tout l’univers aussi bien entraînante qu’envoûtante. Quoi de mieux que de faire un tour dans ce Finetown qui est le lieu le plus cool de l’univers de Robert Robert ?

Note: 8/10

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Mura Masa – Mura Masa

Son premier oeuvre Soundtrack to a Death sorti fin 2014 sur le label Jakarta l’a révélé au grand public avec son énorme tube « Lotus Flower ». L’année suivante, il touchera un plus large public avec son EP Someday, Somewhere (chroniqué ici) contenant les efficaces « Firefly » avec la révélation NAO et « Lovesick Fuck ». A seulement 21 ans, le londonien n’a plus rien à prouver et voilà qu’il présente enfin son véritable premier album officiel.

Pour les mordus de future bass, de trap et de tropical house, vous allez être servis avec ce premier album de Mura Masa qui est gorgé de tubes et riche en collaborations en tous genres. On ne sera pas surpris de croiser Bonzai à deux reprises sur les efficaces « Nuggets » orienté big beat et des sonorités UK Garage « What If I Go ? »et le fameux « Firefly » dont on ne se lassera jamais mais on appréciera les contributions de Jamie Lidell sur le funky « Nothing Else ! » et de Tom Tripp sur le garage futuriste de « Helpline ».

Tandis qu’Alex Crossan prête également sa voix autotunée sur des titres comme l’introduction expérimental de « Messy Love » et sur l’interlude éthéré de « Give Me The Ground », on ne peut pas dire que toutes les collaborations ne sont pas réussis malgré toute leur bonne volonté. On préfère largement la première version de « Lovesick Fuck » qui était un pur banger qu’on retrouve sous le nom de « Lovesick » avec un A$AP Rocky pas très en forme et on aurait aimé plus de pep’s de la part de Charli XCX sur le refrain de « 1 Night » avec son steel-drum toujours aussi présent. Ah tiens, on retrouve la pâle copie de Future qu’est Desiigner sur l’interlude trap brise-nuques nommé « All Around The World » sympa mais hors-sujet ainsi que Christine & The Queens sur le R&B synthétique aux quelques relents jungle de « Second 2 None » mais heureusement qu’un peu de douceur est de bienvenue avec « Who Is It Gonna B » avec A.K. Paul (qui est le frère de Jai Paul dont on attend toujours son album) et la conclusion magnétique nommée « Blu » conviant le légendaire Damon Albarn.

Même si tout n’est pas parfait sur ce premier album, Mura Masa aura évité le piège du « festival de featurings à tout va » dont est tombé de nombreux actes comme DJ Khaled, Gorillaz et autres Flume. Rendant hommage à sa ville natale chérie, le jeune artiste sait nous impressionner avec sa marque de fabrique indélébile qu’elle soit future bass ou tropical house et montre qu’il veut encore en découdre.

Note: 7/10

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Mr. Jukes – God First

Le dernier album de Bombay Bicycle Club date de 2014 et se nommait So Long, See You Tomorrow. Durant ce laps de temps, le groupe londonien a entamé une longue tournée avant de se mettre durant une pause indéterminée depuis un an maintenant. Tandis que l’on a vu Ed Nash se lancer avec son nouveau groupe Toothless en début d’année, voilà que Jack Steadman, leader du groupe, présenter son side-project Mr. Jukes et son premier album qui vient tout juste de paraître intitulé God First.

Contrairement à Toothless, Mr. Jukes ne s’aventure pas dans les territoires indie pop mais plutôt vers la soul et la funk. S’appropriant la culture du sampling et du crate-digging, Jack Steadman se sent dans son élément avec ce premier titre savamment orchestré « Typhoon » avec la Choir of St Aloysius College et RX Shantymen qui rappelle vaguement les rosters de Ninja Tune et de Tru Thoughts. La voix du londonien se fait entendre sur des titres colorés à l’image de « Ruby » et le downtempo onirique « Magic » et c’est à peine inimaginable que ce soit le même gars du groupe Bombay Bicycle Club qui nous propose ces nouvelles saveurs.

Bien évidemment, God First regorge de collaborations en tous genres avec la participation du crooner de Chicago sur l’odyssée jazzy impressionnante de « Angels/Your Love », le soulman Charles Bradley qui s’offre une seconde jeunesse sur le flamboyant « Grant Green » tout comme le légendaire Horace Andy et les toujours aussi cool De La Soul sur le romantique « Leap Of Faith ». N’oublions pas non plus Lalah Hathaway, fille du regretté Donny, qui scintille sur le boom-bap soulful de « From Golden Stars Comes Silver Dew » ainsi que Lianne La Havas qui chante aux côtés de Steadman sur le final onirique « When Your Light Goes Out ». En somme, God First est une bonne surprise de la part du leader de Bombay Bicycle Club qui erre dans de nouvelles directions soulful et groovy. Inattendu certes mais directement addictif.

Note: 7.5/10

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Washed Out – Mister Mellow

Au rayon chillwave, toutes les oreilles sont tournées vers Toro y Moi ou encore Neon Indian. Et Washed Out alors ? Le musicien originaire de Géorgie est également un homme hors-pair dans cette catégorie mais beaucoup de gens ont tendance à passer à côté alors que c’est l’un des pionniers, ce qui est fort dommage. Après deux albums chez Sub Pop, voilà qu’Ernest Greene atterrit chez Stones Throw pour son nouvel opus Mister Mellow.

Comme tout pionnier qui se respecte, Washed Out nous offre un bon moment de musique relaxante et recherchée où l’on plonge dans le cerveau fou du musicien. Composé de 12 titres dont quatre interludes, Mister Mellow mélange sans souci lounge, free-jazz, electronica et hip-hop à travers des morceaux réussis comme « Burn Out Blues », « Floating By » et autres « I’ve Been Daydreaming My Entire Life ».

Qu’elle soit remuante sur « Hard To Say Goodbye » et « Get Lost », psychédélique sur l’étrange « Instant Calm » ou rêveur sur « Million Miles Away », il montre à nouveau son savoir-faire et arrive à mettre à l’amende toute la concurrence en 28 minutes chrono. Mister Mellow ou la chillwave à l’état pur comme on en fait plus.

Note: 8/10

WYVE – Birth

WYVE est un duo parisien d’électro-pop composé de Michaël Dietrich (guitare, batterie) et de Maxime Toussaint (chant, guitare) formé en 2015. Avec des influences riches allant d’AaRON à Daft Punk en passant par Woodkid et The xx, les deux têtes pensantes veulent en découdre avec un premier album nommé Birth qui est plutôt un très bel acte de naissance.

Dès le premier titre, nous voilà plongé dans un univers très visuel et épuré où chaque instrument et chaque arrangement nous saisit à chaque seconde, si on prend également en compte la voix déchirante de Maxime Toussaint. Il règne un parfum de spleen et de légère mélancolie à chaque acte avec de très beaux exemples comme « Dust », le tendu « I Wanna Go » ainsi que le dense « Breathe » nous mettant en transe sans nous lasser. C’est une avalanche d’envolées épiques que l’on se prend en pleine face avec « Drifting Away » avant que les arrangements pop cristallins ne prennent le dessus sur la conclusion déchirante nommée « Lost » où l’association des guitares et des machines ne font plus qu’un afin de mettre en valeur le chant poignant de son hôte.

Birth est plutôt un très beau premier essai de la part de WYVE qui sait capter l’attention à travers des morceaux cinématiques et bouleversants. Il faudra cependant faire part de maturité et d’originalité pour la suite car on sent que le duo pourrait très vite incarner le futur de l’électro-pop visuel à la française d’ici peu de temps.

Note: 8/10

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Half Waif – Form/a

En juin dernier, un article est consacré à Sam Skinner (à retrouver ici) pour son premier EP solo. Le bassiste du groupe prometteur Pinegrove avait publié son EP Danny Through Junior comptant la participation d’une certaine Natasha Jacobs. Et cette dernière nous intéresse justement avec son projet nommé Half Waif qui publie un premier EP qui fascine pas mal de webzines. Décortiquons sa sortie nommée Form/a et estampillée Cascine Records pour voir ce qu’il en est réellement.

Half Waif nous impressionne pour son univers partagé entre électro-pop et avant-pop et le tout en six titres. Et très vite, on est charmés par sa voix voluptueuse qui habille parfaitement les compos hypnotiques et fantomatiques de « Severed Logic » et de l’élégant « Wave ». Après une interlude vocale renversante nommée « Magic Trick » soutenue par ses synthés discrets prenant en compte ses prouesses, on est reparti pour un tour avec le disco psychédélique lumineux de « Frost Burn » et le minimaliste et sucré « Night Heat » avec son fabuleux break au piano.

Il suffit d’une conclusion très classe du nom de « Cerulean » pour comprendre tout l’engouement autour de Half Waif. Il est certain que Form/a est un très bon EP d’avant-pop d’une artiste qui n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de nous entraîner dans un univers parallèle intense et hypnotique.

Note: 8/10

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Alligator – Octet

On continue notre exploration du catalogue du collectif underground (non-label) parisien La Souterraine avec la découverte d’un duo pour le moins détonnant Alligator. Avant toute moquerie, mieux vaut faire une petite présentation du binôme reptilien composé de Camille G (chant, claviers, drum machine) et de Alexis C (chant, guitare, drum machine) qui possède un faible pour les années 1980 comme le montre leur première sortie intitulé Octet.

Composé de huit titres, ce premier ouvrage d’Alligator permet de démontrer tout le potentiel que possède le duo à nous transporter trois décennies en arrière avec des fulgurances synthétiques quelque peu kitsch de « Correspondance » qui plante le décor ainsi que « Brume », « Sous la pluie » et autres « Riviera ». Sachant hypnotiser son auditeur de la meilleure des manières avec un « Rafale » qui sort du lot pour son côté quelque peu dansant et qui contraste avec le plus aérien « Les Nords », le tandem sait conjuguer électro-pop, chanson française et post-punk sans le moindre souci avec de trouvailles sympathiques comme « La Virée » et « Esprits » où les claviers, les drum machines et les voix spectraux du binôme ont leur mot à dire.

Avec ce premier essai, Alligator prouve que l’on sait faire de la pop française des 80’s sans être ringard. Malgré son côté un peu trop kitsch qui leur desservent un peu, le binôme étonne pour sa simplicité et sa justesse avec ce Octet résolument nostalgique.

Note: 7/10

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