
C’est toujours délicat de changer de fusil d’épaule ou de se réinventer. Parce qu’il y aura toujours cette crainte que les gens ne te suivent pas dans tes nouvelles envies et tes nouvelles lubies. Mais des fois, il est nécessaire de sortir de sa zone de confort, un peu comme Zoh Amba. On avait laissé l’artiste de free-jazz originaire de New York en pleine forme avec un précédent album nommé Sun mais un an plus tard, l’heure est venue de changer de fusil d’épaule avec un successeur nommé Eyes Full, soit son premier album en major.
En effet, le.a saxophoniste new-yorkais.e viendra troquer le free-jazz pour aller lorgner vers les influences alt-country et Americana. Iel va troquer son saxophone pour les guitares et on est en plein dedans dès le départ avec un « OCD » immersif où on se familiarise avec la voix rugueuse de Zoh Amba qui se débrouille plutôt bien tout comme son songwriting éloquent faisant effet sur des moments plus bruts de décoffrage à l’image de « Another Time » et de « Dead End Street » qui suivent. De quoi embarquer dans des terrains inconnus sur ce Eyes Full riche en surprises.
On serait tentés de faire des comparaisons avec Adrianne Lenker au niveau des intonations vocales mais aussi du songwriting introspectif qui est d’autant plus notable lors des écoutes de « Thousand Years » ainsi que de « Southern Soil » et de « Blueberry Thorn » entre autres. Toujours est-il que Zoh Amba a beau embraser ses nouvelles influences alt-country mais iel possède toujours cette expression free-jazz notamment sur « Emahoy » et sur « Odd Jobs » même si on aurait aimé un peu plus d’originalité et de singularité par moments.
Il ne manquera plus que les bien bruts « PG Tips » et « Smile With Your Eyes » pour prouver que Zoh Amba sait se renouveler mais conserve cette sensibilité à fleur de peau qui lui a permis de se démarquer sur la scène musicale.
Note: 8/10
