
Tiens donc, cela faisait un bon bout de temps que l’on était sans nouvelles de Widowspeak. En effet, il fallait remonter à l’année 2022 lorsque le duo en couple sur scène et à la ville avait publié un The Jacket confirmant pour de bon leur virage Americana et jangle-pop avant de se faire bien discret. Molly Hamilton et Robert Earl Thomas n’auront pas fini de nous enivrer, c’est certain et ce n’est pas leur nouvel album nommé Roses qui nous dira le contraire.
Le disque s’ouvre sur un « The Hook » et saura nous réconforter dès les premières secondes. Widowspeak reste de nouveau à l’aise dans leur zone de confort Americana tout en dévoilant leur palette sensible qui ne laissera personne indifférent à travers d’autres compositions somptueuses à l’image de « No Driver » et du plus nostalgique « If You Change ». C’est en parlant des petits échecs et galères de la vie de tous les jours que le duo de Brooklyn saura nous apaiser comme personne avec la pedal-steel baladeuse de « Wondering » qui ne tombe jamais dans le nihilisme.
Il suffit que l’interprétation soyeuse de Molly Hamilton et des arrangements cristallins pour que l’on soit de nouveau enivrés notamment lors des écoutes de « Angel Number » beaucoup plus sixties ou encore des plus chatoyants « Soft Cover » et « Heaven Is Waiting » beaucoup plus spatial qui viendra prendre des allures dronesques. Widowspeak enfonce le clou avec d’autres moments éthérés et cristallins à l’image de « Actor » notable par ces harmonies vocales venues d’ailleurs de Molly Hamilton agrémenté d’un solo de guitare aérien et de la conclusion nommée « Hourglass » riches en reverbs afin de faire de ce Roses un disque aussi bien romantique que truffé de sincérité. Et c’est à cela qu’on reconnaît le style du duo de Brooklyn qui sait affûter leur songwriting de fil en aiguille.
Note: 8/10
