Modest Mouse – An Eraser and A Maze

On pensait sincèrement que Modest Mouse allait être de l’histoire ancienne. Tout simplement parce que le groupe a traversé un drame: tout le monde se souvient du décès brutal de Jeremiah Green, illustre batteur, il y a quatre années de cela maintenant. Mais c’est mal connaître Isaac Brock et ses compères qui décident d’avancer tout en honorant sa mémoire sur leur nouvel album nommé An Eraser and A Maze, faisant suite à The Golden Casket survenu cinq années plus tôt.

Il suffit d’appuyer sur la touche Play et de se laisser guider par un « Picking Dragons’ Pockets » des plus punchy et incisifs pour rappeler que Modest Mouse n’a rien perdu de sa hargne. Et autant vous dire qu’Isaac Brock et ses acolytes reviennent à un style beaucoup plus abrasif qui fait mouche notamment lors des écoutes des textures atmosphériques de « Life’s A Dream » et de « Third Side Of The Moon » riches en reverbs remettant facilement les pendules à l’heure. De quoi embarquer dans ce périple viscéral qu’est An Eraser and A Maze rendant un sublime hommage à Jeremiah Green qui intervient sur l’excentrique « Stoner Party ».

Modest Mouse viendra apporter une réflexion bien brute sur la mortalité et l’acceptation de voir un être cher parti tout au long de ce disque pour le moins doux-amer. Que ce soit sur des moments plus acoustiques à l’image de « Remember Yourself » ou bien de « Dogbed In Heaven / Give It A Skeleton » contrastant avec les plus incisifs « I Can’t Talk Right Now » ainsi que « Speak N Spell (Or Not) », le groupe raconte un parcours initiatique absolument cathartique qui pourrait attiser notre curiosité de temps à autre, comme l’atteste les errances synth-pop du maladroit « Rotten Fruit » en compagnie de pkpkpk.

Mais très rapidement, Modest Mouse repart de plus belle sur la fin avec des titres comme « Look How Far » et de la conclusion pleine de sérénité du nom de « Impossible Somedays ». De quoi nous rappeler à travers ce An Eraser and A Maze que malgré le départ d’un être cher ainsi que les différentes périodes de turbulence, le groupe continue de maintenir le cap même si on est clairement à mille lieues du niveau des années 1990-2000.

Note: 7.5/10