
Alors que revoilà Death Cab For Cutie. Il faut dire que le légendaire groupe de Bellingham a prouvé qu’il n’a pas dit son dernier mot et ce avec leur précédent album nommé Asphalt Meadows il y a trois années et demi de cela. Ben Gibbard et ses compères ont rappelé à leurs détracteurs qui les pensaient morts suite au départ de leur producteur fétiche Chris Walla. Et quelque chose nous dit qu’ils iront enfoncer le clou avec leur successeur nommé I Built You A Tower.
C’est en convoquant le toujours aussi réputé John Congleton aux commandes que Death Cab For Cutie compte nous rappeler qu’ils en ont encore dans le ventre. I Built You A Tower s’ouvre sur un « Full of Stars » des plus somptueux où le duo guitare acoustique/piano accompagne avec brio le storytelling vibrant de Benjamin Gibbard noyant son chagrin de la plus belle des manières. Il est suivi de très près par les guitares étincelantes des plus incisifs « Punching The Flowers » ainsi que « Envy The Birds » tandis que notre protagoniste cicatrise ses maux les plus profonds ainsi que ses ruminations qui le rongent jusqu’ici avec ces compositions taillées sur mesure.
Les questionnements existentiels sont au centre de ce onzième opus avec également des ballades mélancoliques à l’image de « Stone Over Water » qui retranscrit le combat intérieur acharné de notre auteur. Pour le reste, Death Cab For Cutie réussit à faire parler leur versatilité allant des élans post-punk sur le très sombre « How Heavenly A State » aux accents ynthpop/ambient sur le très 80’s « Trap Door » qui sauront nous ensorceler. Benjamin Gibbard, quant à lui, réussit à jouer avec nos sens avec le moreau-titre scindé en deux parties: une première partie axée sur la naissance des sentiments amoureux et une seconde partie plus inquiétante qui raconte sur le fait que ces sentiments amoureux pourraient devenir toxiques et obsessionnels et qui clôture ce disque de façon magistrale.
N’ayons pas peur des mots, Death Cab For Cutie poursuit sa remontada avec ce I Built You A Tower absolument doux-amer et thérapeutique. Plus instinctif et plus organique que jamais, ce onzième album évoque cette volonté à dresser des murs émotionnels afin de garder le contrôle tandis que tout s’effondre autour de soi.
Note: 8/10
