Bedouine – Neon Summer Skin

On continue notre saga des grands retours musicaux avec cette fois-ci Bedouine qui sort de sa tanière pour notre plus grand plaisir. Il faut dire que cela fait tout de même cinq longues années que nous étions sans nouvelles suite à son Waysides absolument charmant, ce qui n’est pas rien. Mais la musicienne indie folk californienne viendra mettre un terme à ce long silence avec l’arrivée de son nouvel album qui s’intitule Neon Summer Skin.

Azniv Korkejian, de son vrai nom, aura des choses à dire sur ce nouveau disque placé sous le signe de la perte et de l’espoir. On se familiarise avec ses compositions indie folk si paisibles et touchantes telles que l’entrée en matière nommée « On My Own » (avec des arrangements signés Jonathan Rado) où l’émotion est à son comble tandis que le Mellotron retentit lorsqu’elle évoque de nombreuses émotions contrastées lorsqu’elle aborde son road-trip sur ses terres d’origine, à savoir l’Arabie Saoudite. Mentionnons également l’apport de The Lemon Twigs pour les arrangements qui subliment parfaitement les propos de l’artiste californienne.

Bedouine ira pleurer la fin de son enfance marquée par l’évolution et la séparation progressive de la famille, causée par le contexte politique entre autres, à travers d’autres compositions élégantes et épurées à l’image de la ballade orchestrale nommée « Long Way To Fall » qui est une ode envers un membre de sa famille qui lutte contre ses addictions mais encore les accents jazzy de « One Thing Right » faisant sortir les cuivres. Neon Summer Skin frappe d’emblée par le songwriting viscéral de notre protagoniste qui n’a pas fini de nous ensorceler avec la ballade acoustique « Canopies » (que l’on retrouvera en format piano/voix) racontant l’enfance de sa maman sous les yeux de sa grand-mère mais encore les allures gentiment bossa-nova de « Deghma Cheega » interprété en arménien où elle raconte son parcours d’immigrée.

Ajoutez ceci à d’autres titres introspectifs riches en émotion comme « White Patent Leather » qui raconte le rituel de l’agneau sacrificiel durant les mariages syriens et vous obtiendrez un Neon Summer Skin à la fois viscéral, remuant mais ô combien humaniste. Bedouine signe un retour où elle repart sur ses terres d’origine pour mieux nous émouvoir à travers ces titres scintillants inspirés par la classe de Karen Carpenter et de Carole King avec ce twist moderne rendant le tout absolument charmant.

Note: 9/10