
Il y a deux années de cela, nous avions fait la connaissance de Dua Saleh avec un premier album du nom de I SHOULD CALL THEM. Dès lors, l’artiste américano-soudanais·e qui possède un bagout pour les histoires sur les ambiguités des relations queer dans un contexte post-apocalyptique a tiré son épingle du jeu avec son univers musical hors du commun qui a séduit Justin Vernon en personne. En ce printemps, iel fait son retour avec son successeur qui s’intitule Of Earth & Wires.
Une fois n’est pas coutume, Dua Saleh sait explorer un univers thématique en chansons et ce Of Earth & Wires ne déroge pas à la règle. L’artiste vient retracer son parcours de réfugié·e en fuyant la guerre au Soudan faisant rage en s’installant aux Etats-Unis où iel y voit comme une sorte de traversée du désert. C’est à travers des titres semi-autobiographiques tels que l’entrée en matière du nom de « 5 Days » des plus angéliques avant de prendre son ascension vers des territoires plus percutantes où les distorsions se font entendre comme jamais avant d’enfoncer le clou avec « B re a t h e » et le magnifique « Firestorm » en ligne de mire.
Ce qui fera également la force de Of Earth & Wires est bien évidemment ce large évventail d’influences musicales que Dua Saleh saura ingérer avec tant d’élégance comme sur « I Do, I Do » convoquant ses racines soudanaises et sur les allures Afrobeat de « Speed Up ». Ce n’est pas un hasard si l’on passe d’un extrême à un autre comme sur « Callate » où iel virevolte entre baile funk et footwork/jungle mais toujours est-il qu’iel conserve sa base folk soudanaise avec une touche soulful et électronique pour relever le tout. C’est notamment le cas lors de ses collaborations avec Bon Iver comme sur « Flood », « Keep Away » et sur « Glow » notamment mais encore Gaidaa sur « Anemic » et la poétesse Aja Monet sur le final vibrant du nom de « ALL IS LOVE » nous rappelant qu’après toutes les adversités, l’amour ne peut que triompher.
Et c’est justement ce qui se passe pour Of Earth & Wires car il s’agit d’un triomphe pour Dua Saleh qui invoque son statut de réfugié·e pour créer une œuvre viscérale, émouvante et aventureuse qui ne laissera personne indifférent.
Note: 8/10
