
Il y a des retours qui ont de quoi surprendre tellement cela paraît impossible, voire surréaliste. Des retours gagnants dans la musique qui pourraient presque devenir un miracle et qui mettent du baume au coeur. C’est notamment le cas pour Syd Matters qui a gentiment disparu des radars après un Brotherocean paru en 2010 et c’est dire qu’ils nous avaient tant manqué. A l’heure où on pensait que le groupe était de l’histoire ancienne, les voici de retour en chair et en os avec un nouvel album du nom de A Gospel of Some Sort.
Tandis que Jonathan Morali, tête pensante de Syd Matters, s’est fait discret, un autre membre du groupe, à savoir Oliver Marguerit a connu une carrière solo fructueuse avec deux disques emblématiques et des collaborations remarquables la décennie précédente. On pensait vraiment que le groupe était de l’histoire ancienne, et pourtant. L’annonce du retour paraît invraisemblable et c’est à se demander si ils ont conservé la qualité mélodique des précédents albums. Ne tournons pas autour du pot: oui. Le premier morceau nommé « Armageddon Time » retrouve tout ce qui a fait leur renommée: à savoir cette mélancolie cristalline et ces arrangements ouatés et enveloppants qui prendront de l’ampleur avec de sublimes ritournelles que sont « Choking on Anger » et « Easy » qui suivent.
A Gospel of Some Sort regroupe ainsi l’interprétation si soyeuse de Jonathan Morali qui brille de mille feux notamment lors des écoutes des moments hypnotiques que sont « Memorize » et « Many Years In The Making ». Une fois n’est pas coutume, Syd Matters règne en maître lorsqu’il s’agit de transporter son auditoire dans des contrées brumeuses et enchanteresses avec entre autres « In The Darkness » ou de l’instrumental lancinant un brin synthétique du nom de « Ténèbres » avant de nous embarquer dans un monde imaginaire parsemé de mystères en tous genres avec « The Holy Ghost » ainsi qu’avec « Tongues ».
Après un dernier tour de passe-passe avec l’épuré et poétique « Nuclear », Syd Matters opère un retour gagnant avec A Gospel of Some Sort. Un véritable disque de retrouvailles où la mélancolie cristalline qui a longtemps fait la force n’a clairement pas pris une ride et prouve que Jonathan Morali, Olivier Marguerit et ses comparses continuent de nous bouleverser et de nous transporter au lointain.
Note: 9/10
