Wishy – Nature’s Pill

Il y a deux années de cela, Wishy était sorti des sentiers battus avec un premier disque percutant du nom de Triple Seven. Suite à cela, le quintet d’Indianapolis mené par Kevin Krauter, ex-membre des maudits Hoops, a réussi à se réinventer avec son univers musical aussi percutant qu’acidulé, comme l’atteste son successeur tant attendu du nom de Nature’s Pill attendu de grandes pompes.

C’est en continuant de brouiller les pistes entre power-pop, shoegaze et indie rock noisy que Wishy brille de mille feux tout au long de ces douze nouvelles compositions pour les moins audacieuses. Démarrant sur les chapeaux de roue avec les guitares mélodiques de « All The Rage » à mi-chemin entre jangle-pop et garage-pop, le quintet américain mené par la voix pétillante de Nina Pitchkites pose les bases tandis qu’il crie leur apathie suite à une rupture sentimentale marquante (« So fuck doing the dishes, fuck these clothes on the floor / I don’t care anymore now that you’re gone ») avant d’enfoncer le clou avec le plus somptueux « Covergirl » aux faux airs de Third Eye Blind contrastant avec le sublime mélange entre grunge sucré et power-pop taillée pour la FM de « Sensational » notable par cette ligne de basse irrésistible de Mitch Collins et de jolies trouvailles guitaristiques de Kevin Krauter.

Nature’s Pill poursuit dans cette voie avec des hymnes fédérateurs nous invitant à repenser la vie moderne sous toutes ses formes. Wishy cicatrise leurs chagrins à travers des moments lumineux comme « You’re Not Serious » et « Mona Lisa » où le tandem vocal Krauter/Pitchkites réussit à nous envoûter. Et plus on avance, plus Nature’s Pill affiche clairement cette vulnérabilité notamment sur la face B qui regroupe entre autres les influences plus C86 de « Lovesick » contrastant aux moments plus brumeux comme « Headscratcher » et les rythmiques motorik de « Blitz » avant de s’achever sur un sublime moment de mélancolie qu’est « Party World » où les guitares jangly se confrontent aux arrangements plus denses tout en exprimant cette sensation de solitude qui nous ronge.

Tout est réuni pour faire de ce second disque une œuvre absolument touchante, romantique mais incroyablement catchy où Wishy met la mélodie au service de l’introspection à la perfection.

Note: 8.5/10