
Impossible de ne pas passer à côté de Flora Hibberd qui a mis tout le monde d’accord avec son précédent album nommé Swirl en janvier 2025. La musicienne franco-britannique a enfin rencontré le succès escompté grâce à son univers musical chatoyant et captivant qui lui a valu une renommée instantanée. Mais hors de question pour elle de se reposer sur ses lauriers car elle retente l’exploit en cet automne avec son successeur intitulé Mammoth.
Et autant vous dire que Flora Hibberd ira emprunter un virage à 90 degrés afin de mieux nous surprendre. Son indie folk sera teintée d’arrangements un brin arty et cela fait effet dès le départ avec « Bowling Ball » où, à travers ce jeu de fingerpicking mêlé aux rythmes entraînants, elle se confronte aux fantômes du passé et de l’avenir avant de prendre le large avec d’autres compositions un brin synthétiques mais fascinantes telles que le plus punchy « Silent Movie Baby » ainsi que « Ache » qui ne laisseront personne indifférents.
Mais toujours est-il que Flora Hibberd n’a rien perdu de cette grâce qui a fait sa renommée. On en veut pour preuve le somptueux « Perfect Ripple » en compagnie de Sufjan Stevens himself ou encore la magnifique ballade au piano qu’est « Deltaplane » et « Mythic Figure » rappelant du Aldous Harding par moments, où on retrouve également Lonny et Kate Stables. C’est en comptant sur la patte de Ben Lanz que Mammoth frappe fort par cette énergie électrisante et sous tension où les synthés modulaires et les cuivres accompagnent avec brio le jeu de fingerpicking feutré de la franco-britannique, notamment sur les vibrants « Dew Pond » et « Shelley » avant qu’il ne s’achève sur un « Hares On The Mountain » qui est une chanson folk traditionnelle britannique (reprise par Shirley Collins notamment).
On saluera ainsi la prise de risque de Flora Hibberd qui arpentera de nouveaux chemins sur Mammoth afin de se confronter aux différents fantômes de la vie à différentes époques et à différents endroits.
Note: 8.5/10
