MaMaMa – EST

Il y a deux années de cela, Petit Prince a abandonné ce pseudonyme pour se renommer MaMaMa. Et les gens se sont familiarisés rapidement car le musicien français a mis tout le monde d’accord avec son précédent album du nom de Hier sera meilleur qui fut un sacré bijou de pop psychédélique à la française lui permettant d’avoir un succès critique tant mérité. Et cette année, il récidive avec l’arrivée de son successeur sobrement intitulé EST.

Elliot Diener, de son vrai nom, retrousse ses manches pour cette nouvelle aventure musicale toujours aussi planante et mystérieuse qui promet d’être de nouveau fascinante. EST demeure un disque qui traverse de nombreux états d’âme, à commencer par « Aussi loin qu’il tiendra debout » qui est un parfait hymne à la persévérance avant de creuser plus profondément avec les arrangements fascinants de « Tout sauf la vérité » et de « Emily Jane » qui suivent de très près. MaMaMa élargit ses horizons à travers son univers à la fois foisonnant et passionnant qui n’est pas avare en surprises.

Cette cartographie musicale qu’est ce troisième disque n’aura pas fini de nous surprendre avec notamment « Si bien ensemble » et « Anywhere you are, there you are » aussi nébuleux que cotonneux. Loin des faux semblants, MaMaMa va droit au but et réussit à prendre son auditoire à contre-coup notamment sur « Beau Garçon » qui est un sublime hommage à son fils avec son final presque technoïde et turbulent avant de repartir sur des bases plus immersives avec « Le beurre et le miel » ou le fascinant « Le bout du ballon ». C’est en abordant toute la complexité des relations sociales et humaines, allant du conflit aux amitiés non prometteuses (« S’envoler ») en passant par l’incompréhension (« Elle me parle une langue ») que notre protagoniste retient toute notre attention sur ce EST qui lui permettra de s’élever de la masse avec cette pop psychédélique sans fioritures où le verbe et le mot sont choisis minutieusement et poétiquement.

Note: 8.5/10