
Pour être honnête, un des temps forts musicaux les plus fous de l’année dernière restera TVOD. Tout simplement parce que le sextet de Brooklyn nous a mis sens dessus dessous avec leur troisième album bien survolté du nom de Party Time qui leur a permis d’avoir un sacré succès d’estime et personnellement, cela restera une grosse claque sur scène. Hors de question pour nos joyeux lurons de se reposer sur leurs lauriers car les voici de retour avec leur successeur qui s’intitule The Farm.
Inspiré par la fameuse ferme des animaux de George Orwell, TVOD ira établir un parallèle avec un commandement satirique de l’ouvrage qu’est « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres ». Après nous avoir accueilli dans leur ferme, le groupe de Brooklyn envoie leur sauce avec des brûlots post-punk bien survoltés à l’image de « Clorox » où le chant insolent et flamboyant de Tyler Wright donne le ton.
Le groupe fera preuve de sarcasme en explorant les thèmes liés au pouvoir mais également à une société sombrant de plus en plus dans l’idiocratie avec d’autres morceaux à l’image de « Wet Brain » qui fera d’un hymne au goumin en un hymne exaltant mais également des effrénés « Rerun » et « Bottomless Pit » à l’énergie surnaturelle mais qui viendra raconter ce grand écart entre ambitions artistiques et chaos du quotidien. Bien entendu, The Farm est un concentré de colère et de malaise collectif à travers d’autres titres à la fois nerveux et dansants tels que « Natalie Portman » ainsi que « Pilots » et « Crab » tout en envoyant chier l’autorité.
Après un dernier tour de force avec « Meetings » qui capture toutes les émotions négatives qui découlent d’une relation toxique, le groupe de Brooklyn calme pour la première fois le jeu avec la conclusion mélancolique et éthérée du nom de « Counting Sheep (Bed) », TVOD ne laissera clairement personne indifférent à travers ce nouveau disque aussi frontal que méditatif. Le groupe de Brooklyn a encore de l’énergie à revendre sur ce disque efficace mais nous permet de voir la triste réalité en face.
Note: 8.5/10
