Abiodun Oyewole – Gratitude

Beaucoup d’entre nous ont tendance à ignorer que les origines du hip-hop remontent aux années 1970. Auparavant, cet art fut considéré comme étant un outil militant et poétique en faveur de la communauté afro-américaine avec des ambassadeurs en la matière tels que le regretté Gil Scott-Heron ou encore The Last Poets remarquables pour le spoken-word. Ces ambassadeurs auront influencé le monde entier et bon nombre de rappeurs américains conscients et (pour reprendre le terme préféré des fachos de CNews) woke (et merde) tels que Common, Mos… euh Yasiin Bey, Talib Kweli ou encore Black Thought jusqu’à Kendrick Lamar. Abiodun Oyewole qui est le fondateur de The Last Poets continue à prêcher la bonne parole avec son nouvel album nommé Gratitude.

Le pionnier du spoken-word se remet au goût du jour et n’avait pas hésité à mâcher ses mots sur la désastreuse administration Trump lors des albums précédents et sur Gratitude, il affiche un message d’espoir envers la communauté afro-américaine. C’est en mêlant des productions soul, jazz et hip-hop avec un soupçon de modernité afin qu’Abiodun Oyewole puisse interpeller son auditoire à travers des messages d’espoir bien percutants notamment sur « My Life » (contenant un clin d’œil au fameux « Everybody Loves The Sunshine » de Roy Ayers) mais aussi sur « A Poem ».

Sur Gratitude, Abiodun Oyewole est bien évidemment accompagné d’invités en tous genres qui sont venus appuyer ses propos aussi bien spirituels qu’engagés. Il pourra compter sur Taylor Pace sur l’entrée en matière nommée « Rain » où l’activisme social et musical arrivera à résonner tout comme sur « Brooklyn » avec Ade de Poet, « To Begin » en compagnie de Pharoah Davis ou encore le chaleureux « Without You » avec Jessica Care Moore. Le fondateur de The Last Poets se montre non seulement en colère mais plus sage et plus spirituel que jamais tant il nous amène vers des voies introspectives en nous emmenant dans son quartier natal de « Harlem » ou en nous incitant à lever le poing sur le très engagé « Occupy » en compagnie de Mosi.

L’artiste spoken-word et militant continue donc de prêcher la bonne parole sur ce très beau Gratitude qui continue sur la tradition. En ces temps sombres, une lueur d’espoir est nécessaire et c’est avec ces messages militants et pleins de sagesse d’Abiodun Oyewole que l’on a affaire et qui fait du bien pour nos âmes en perdition.

Note: 8/10