
Graham Hunt a réussi à se faire une place confortable à travers ces quatre albums publiés en quatre ans, ce qui n’est pas rien. Le musicien originaire de Madison avait déjà mis le monde d’accord avec son précédent album bien émouvant nommé Try Not to Laugh il y a deux années de cela mais il continue d’enfoncer le clou avec Timeless World Forever qui viendra clôturer la trilogie entamée avec If You Knew Would You Believe It paru en 2022.
Le membre de Disq et de Midnight Reruns n’a pas dit son dernier mot et ce cinquième album en est la preuve concrète. S’ouvrant sur un « I Just Need Enough » plutôt délabré dans l’esprit, Graham Hunt se montre plus rationnel que jamais (“I don’t need no mausoleum, baby, I just need enough!”, chante-t-il). Il ira distiller une fois de plus ses influences à mi-chemin entre indie rock et power-pop avec une touche DIY (je ne serais presque pas surpris si il a utilisé Ableton pour la conception de ce disque) et psychédélique faisant des merveilles sur l’explosif « East Side Screamer » alternant rap sur les couplets et screamo sur les refrains mais aussi sur le volontairement étourdi « Spiritual Problems » qui ne finiront pas de nous enivrer.
Imaginez un croisement entre The Replacements, Big Star, The Go! Team et Primal Scream, vous obtiendrez la couleur musicale de Timeless World Forever. En une demi-heure chrono, Graham Hunt nous tiendra en haleine avec des hymnes concises et efficaces telles que « Been There Done That » (qui n’est pas une reprise de Dr. Dre) ou encore « Frog In The Shower » teintés de nervosité avant que le musicien de Madison viendra apporter son lot d’originalité sur le dansant et distordu « Cave Art » ainsi que sur la conclusion beaucoup plus garage nommée « Movie Night ».
Se clôturant sur un cliffhanger insoutenable, cette trilogie que nous offre Graham Hunt capturera ainsi toute l’intensité émotionnelle de son songwriting introspectif faisant des merveilles sur des compositions racées.
Note: 8/10
