Vinyl Williams – Polyhaven / Portasymphony

En 2023, Vinyl Williams nous avait mis sens dessus dessous avec son précédent album nommé Aeterna (chroniqué ici). Comme à son habitude, l’artiste californien continue à nous transporter vers des hautes sphères avec sa pop psychédélique absolument astrale qui vaut plus que le détour. Alors forcément, lorsque Lionel Williams, de son vrai nom, fait son retour, il ne compte pas faire les choses à moitié. La preuve étant son double album conceptuel du nom de Polyhaven/Portasymphony.

Pourquoi double album ? Tout simplement parce que Vinyl Williams ira explorer de nouveaux thèmes cosmologiques. Polyhaven (« poly » pour « plusieurs » et « haven » pour « refuge ») est notable pour cette multitude de styles, d’identités et d’émotions qui peuvent cohabiter harmonieusement. Ainsi, on retrouve ainsi une dream-pop psychédélique un brin jazzy toujours aussi enchanteresse dès le départ avec un « Beam Me Up » si cristallin avant que l’auditoire soit transporté au 7ème ciel avec des perles éthérées telles que « Find The Hidden » et le bien-nommé « Eden » qui suivent.

Vinyl Williams continue de nous transporter dans de nouvelles contrées célestes à travers ce périple musical plein d’émotions. Que ce soit sur les somptueux et doucereux « The Other Side » ainsi que « Glisten » et « In The Garden », l’artiste californien nous offre une bonne dose de béatitude à travers ces compositions atmosphériques qui n’auront pas fini de nous enivrer avec également « Alto Sol Nuevo » et « Cold Hard World » en guise de conclusion douce-amère. Une face A capture à coup sûr les talents mélodiques toujours aussi infaillibles de Vinyl Williams qui réussira à nous dépayser de la façon la plus efficace.

Note: 8.5/10

Ok bon c’est bien beau tout ça mais qu’en est-il de la face B nommée Portasymphony ?

Alors si Polyhaven est la face A hi-fi, ce Portasymphony (« porta » qui veut dire porte en latin et « symphony », vous savez ce que ça veut dire) est donc la facette plus lo-fi où Vinyl Williams nous entraîne dans un point d’entrée vers la cohésion par le son. Pour la faire courte, Polyhaven est l’observatoire céleste et Portasymphony est le chambranle mousseux où l’on doit passer pour y parvenir.

Après un « sunlight » instrumental résolument smooth avec ce groove jazzy et lo-fi délicieux et à mi-chemin entre du Stevie Wonder période Secret Life of Plants et du Ramsey Lewis, Vinyl Williams nous entraîne dans un périple à la fois rythmé et serein à travers des compositions psychédéliques ô combien raffinées telles que « ready for ascent » mais également « floating » et « tighten it up ». Portasymphony, qui est enregistré sur un Portastudio 488 (studio portable conçu pour enregistrer 8 pistes sur une cassette standard), démontre une fois de plus les talents de compositeur hors pair du californien qui brillent sur les infectieux « peaceful man », « lowphonic vum » ou encore « blueprint » restant toujours autant exquis avant de prendre de la hauteur avec « lo porta » et « polarized » entre autres.

Cette épopée psychédélique et lo-fi n’en reste pas pour autant envoûtant de bout en bout avec « divin » et « the always eyes » prouvant que Vinyl Williams est allé au bout de ses ambitions avec ce double-album incroyablement charmeur. Sur Polyhaven / Portasymphony, le californien réussit à nous transporter dans de nouveaux multiverses de façon fluide et cohérente tandis que ses compositions continueront de s’élever de la masse.

Note: 8/10