RAMÓ – Grand Naïf

Lorsque RAMÓ était sorti des sentiers battus il y a six années de cela, il a fait parler de lui pour son originalité avec son premier EP nommé À Nouveau Sauvages (chroniqué ici). Je me souviens avoir accroché direct à son univers électro-pop instinctif et tropicalier lui ayant permis de se faire une place particulière dans le paysage musical underground avant de disparaître quelque peu de la circulation. Mais trêve d’impatience car notre protagoniste présente enfin son premier long-format du nom de Grand Naïf. Une belle surprise, en effet.

Après une introduction pour la moins mystique, RAMÓ sort l’artillerie lourde en nous entraînant dans cette jungle musicale hors du commun avec « Brèches » et « Des bosses et des bleus » notables pour ses rythmiques enveloppantes qui n’auront pas fini de nous ensorceler. On y décèle des influences presque 2-Step/UK Garage sur l’excellent « Mantra » (ma préférée de l’opus) aux lignes de basse légèrement acid ou d’autres plus trip-hop sur « Dolce Vita » mettant en avant toute la versatilité de notre auteur qui n’aura pas fini de nous bercer avec cette poésie presque surréaliste mais ô combien prenant.

Brouillant les pistes entre les différentes époques, l’électro-pop de RAMÓ se montre intemporel et continue de nous étonner par cette large palette d’émotions. Tantôt rythmé avec « Sirocco » et « Pourquoi on est ici ? » avec ses chœurs d’enfants tantôt envoûtant avec « Au bord du vide » en compagnie de Maison Piero qui se fait étrangement bien discret, Grand Naïf reste un périple musical dont on ne ressort rarement indemne avec également les infectieux « Tenir » et « Loin des phares » en guise de conclusion triomphale. Cela aura le mérite de remettre RAMÓ sur le devant de la scène avec cette originalité ébouriffante. En tout cas, je suis bien content de son retour, perso.

Note: 8/10