Beauregard 2025 : le récap

Live-report et photos signé.e.s Martin Sojka.

L’année dernière, on avait eu la chance de couvrir le Festival Beauregard en Normandie. Si vous avez suivi nos réseaux ces derniers temps, vous aurez remarqué qu’on a eu l’occasion de renouveler l’expérience en ce début d’été. Retour sur ces quatre jolis jours…

Jeudi 3 Juillet : pour bien démarrer

Pas disponibles pour venir s’échauffer au before organisé la veille, nous rejoignons le festival dans l’après-midi. L’accueil est chaleureux, et on s’en va vite secouer la tête devant les alsaciens de Last Train. Toujours aussi pleins de maîtrise, ça crie, ça griffe, ça frappe les émotions de fond en comble. Ça passe vite comme un set de festival qui donne des coups de soleil. Suite à ça, à peine le temps d’aller prendre un verre et faire un tour du site du festival que Jean-Louis Aubert prend la scène. Il ne fera à aucun moment ses 70 ans fêtés au printemps et il enchaîne avec une fougue impressionnante les titres issus de ses derniers albums alternés avec des morceaux de Téléphone. Ambiance garantie à chanter Je rêvais d’un autre monde à l’unisson avec le public. S’ensuive le Rock de Girl In Red qui emporte tout avec elle, et la soul de Jorja Smith dont la voix nous fait encore rêver. Ses musiciens sont clairement tous de très haut niveau et l’alchimie entre elles et eux est impressionnante. On termine cette première soirée devant l’atmosphère lunaire de AIR qui revisite ses classiques pour le plus grand bonheur du public normand qui a encore répondu à l’événement (tous les soirs sont sold out à l’exception de cette première journée pour laquelle il restait… 500 billets, autant dire rien du tout). Ça fait plaisir de voir ce festival récompensé pour son travail de qualité.

Vendredi 4 Juillet : le week-end s’installe

À peine le temps de se remettre d’une première soirée de très haut-niveau, qu’il faut déjà reprendre le chemin d’Hérouville-Saint-Clair pour aller applaudir les artistes. Rassurez-vous, on a quand même eu le temps de profiter de la proximité du festival avec la côté pour aller tremper nos pieds dans la Manche mais ce n’est pas le sujet. Comme promis dans notre article indiquant les concerts à ne pas manquer, nous avons commencé la journée goûter en main en allant écouter Malik Djoudi et son exceptionnel groupe (franchement, ça joue extrêmement bien de la musique). Petite déception cependant, le chanteur n’a pas joué son titre Vendredi alors qu’on était justement… Vendredi. Tant pis, on a groové sur les autres titres de son nouvel album et la déception est vite passée. Un peu plus tard, on a découvert le rock engagé de Blonde Redhead. L’expérimenté trio a accompagné la fin de journée avec beaucoup de maîtrise. Par la suite, on a pu déambuler sur le site du festival, toujours agréable à parcourir et au final sans jamais se sentir pris au piège de la foule. C’est aussi ça, une belle expérience de festival : ne pas trop subir l’attente et le monde présent. On retourne ensuite voir Lamomali dont la troupe s’installe devant un public conquis, notamment par la scénographie mystique, et dont le totem symbolise Toumani Diabaté, membre fondateur de la formation malheureusement décédé un peu moins d’un an plus tôt (au moment du concert). On sent l’émotion, les morceaux sont touchants et chaque membre de la formation a son moment de mise en avant. L’énergie de Mathieu Chedid s’entremêle habilement avec les sonorités du Mali et on est vite emportés. La soirée se poursuit avec la ferveur d’un jeune public devant Biga*Ranx puis Damso, dont la scénographie nous a rappelé l’univers de Science Fiction de Dune.

Samedi 5 juillet : journée marathon

C’est là qu’on commence à distinguer celles et ceux qui étaient venu(e)s préparé(e)s à affronter le festival, et les autres. On arrive tôt pour aller headbanger devant le trio féminin de MADAM dont le rock “bagarre” nous emporte comme une tornade inarrêtable. Ça fait du bien, on aimerait voir ça plus souvent et en tout cas, on a passé un sacré bon moment avec elles. La journée se poursuit avec Isaac Delusion, dont le Groove est une belle transition pour se glisser doucement vers le début de soirée, un verre de soft à la main. C’est un point à noter : l’offre du festival en termes de boissons sans alcool est vraiment appréciable, notamment en comparaison d’autres événements qui se contentent du strict minimum. On retrouve ensuite Gringe, le local de l’étape, qu’on a croisé en backstage juste avant : pas besoin de voiture aux vitres fumées pour lui, il se déplace entre les scènes tranquillement, en baskets, sans autre artifice. Son set monte peu à peu jusqu’à ce qu’il soit rejoint par un autre mec du coin, un certain Aurélien quelque chose… En tout cas, ça a fait plaisir au public, et nous aussi : on aime mettre en valeur les scènes locales émergentes. Le temps d’avaler un repas rapidement, on a ensuite passé un moment doux et familial avec Hoshi et sa troupe, sorte de parenthèse qui fait du bien à l’âme. Enfin, on est rentrés dans la dernière ligne droite de cette journée pour profiter en priorité de Bloc Party et des Black Keys, évidemment. Adolescent(e)s des années 2000, jeunes adultes des années 2010, nous qui avons saigné Guitar Hero ou Rock Band au sons américano-britannique, nous avons replongé pour quelques heures dans ces périodes plus insouciantes, et c’était vraiment un beau cadeau.

Dimanche 6 Juillet : le déluge

Si le temps avait commencé à menacer le samedi, c’est surtout dans la nuit de samedi à dimanche ainsi que dans la matinée que le gros de la pluie est tombée. Pour autant, ces intempéries ayant cessé avec la matinée, le site du festival était prêt à nous accueillir ainsi que les artistes. C’est ainsi que malheureusement, le concert de The Limiñanas fut écourté par la chute, sur la scène, d’une partie de l’eau accumulée sur la bâche servant de toit à la scène d’où provenait le Rock à ce moment-là. Musicien(ne)s et matériel trempé, il allait vite falloir se rendre à l’évidence que le concert ne pourrait malheureusement pas reprendre. On espère tout de même les revoir très vite ! Dans un style plus sec, Jyeuhair a pris la relève pour que sèchent les larmes et les scènes. Encadré par quatre danseurs dans des scènes très bien accordées et qui faisaient parfois presque penser à une version moderne de West Side Story, le jeune rappeur a livré une très belle prestation. Ensuite, on profite d’un enchaînement de Rock entre Wet Leg, Amyl & The Sniffers et enfin Fontaines D.C., pour dépenser le peu d’énergie qui nous reste en cette fin de festival. On termine un peu plus tranquillement avec Clara Luciani dont la prestation a bien progressé depuis sa venue en 2022 (c’était déjà très bien à l’époque mais cette année c’était encore mieux).

Après tout ça, on remonte au parking, pour rentrer se reposer et être déjà impatient d’être à la prochaine édition !

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