
Kelly Moran est le genre d’artiste qui continue de battre le fer tant qu’il est encore chaud. On en veut pour preuve son sublime précédent album nommé Moves In The Field paru l’an dernier et qui n’aura pas fini de nous émouvoir. Un an et demi plus tard, elle revient avec son successeur qui s’intitule Don’t Trust Mirrors.
La pianiste et compositrice originaire de Brooklyn continue de se distinguer à travers ces textures absolument envoûtants tout au long de ces dix compositions absolument immersives. Démarrant en trombe avec un « Echo In The Field » des plus hypnotiques où on sent que Kelly Moran souhaite revenir vers des ambiances beaucoup plus épurées notamment sur des pièces contemplatives à l’image de « Prism Drift » et de « Sans Sodalis » qui suivent où le piano préparé côtoie les textures électroniques pleines de fragilité afin de nous faire frissonner.
Don’t Trust Mirrors ira franchir de nouvelles barrières intimes où elle explore l’image de soi de la plus belle des manières avec entre autres « Lunar Wave » ou encore « Chrysalis » et « Reappearing » finement arrangés. Elle pourra également compter sur l’aide de Bibio pour le morceau-titre qui condense la notion de miroir déformant avant d’assumer définitivement l’exposition du corps symboliquement parlant avec ces jeux d’arpeggios ensorcelants comme « Systems » et « Above The Vapors ». Ajoutez cela à un « Cathedral » en guise de conclusion vibrante et vous obtiendrez un Don’t Trust Mirrors où l’on traverse cette épopée audiovisuelle par cycle allant de la perturbation à la confrontation et se clôturant avec la réconciliation avec l’image de soi.
Note: 8/10
