The Saints – Long March Through The Jazz Age

Le 9 avril 2022 fut une date pour la moins sombre pour les fans de The Saints. Pour celleux qui s’en souviennent, Chris Bailey, leader du groupe, nous avait quittés et laissant les fans orphelins. Par la suite, l’aventure musicale de The Saints s’est arrêtée ce jour-là. Mais ce que les gens ignorent, c’est que le groupe australien (pionnier du mouvement punk) avait déjà enregistré un album bien avant cette tragique date. Et le voici en chair et en os qui s’intitule Long March Through the Jazz Age.

L’annonce d’un album de The Saints peut sembler presque irréaliste quand on y pense. En effet, il fallait remonter à l’année 2012 pour les derniers faits d’armes du groupe avec l’album King Of The Sun. Quoi qu’il en soit, Long March Through The Jazz Age fut enregistré en 2018 au fameux Church Street Studio à Sydney en compagnie de jeunes musiciens mais personne n’allait s’imaginer qu’il ferait l’affaire d’un album posthume. N’y voyez donc pas d’influences punk pour ce dernier coup d’essai, The Saints se la joue nostalgique comme le montre des morceaux plus contemplatifs que jamais tels que « Empires (Sometimes We Fall) » qui est une parfaite ode à notre existence mais également « Break Away » et « Judas » qui suivent dans la même lignée.

À mi-chemin entre jangle-pop, classic rock et détours faussement Americana, l’interprétation à la fois vibrante et pleine de spontanéité de Chris Bailey n’aura pas fini de nous émouvoir tandis qu’il prend du recul sur ses expériences. À l’image de titres somptueux et finement arrangés comme « Gasoline » ou « A Vision Of Grace », la formation australienne possède toujours cette spontanéité qui leur est familière mais qui prendra au fur et à mesure un tournant pour le moins doux-amer notamment lors des écoutes de « Resurrection Day » ou de « Carnivore (Long March Through The Jazz Age) » où les cordes retentissent avant que le final plus émouvant du nom de « Will You Still Be There » prendra un nouveau sens suite au tragique départ de Chris Bailey.

On peut donc considérer ce Long March Through The Jazz Age comme une véritable œuvre testamentaire rappelant que The Saints est définitivement rentré dans la légende. Cette ode à la fragilité et le côté précieux de l’existence prend une tournure encore plus poignante maintenant que l’on connaît les circonstances. Et c’est pour ces raisons que le groupe australien continuera toujours d’exister dans nos cœurs et de ne pas oublier ce Chris Bailey si exceptionnel.