Alphonse Bisaillon – t.o.m. ou la trajectoire des perséides

Alphonse Bisaillon fait parti de ces nouveaux artistes qui est prêt à faire une entrée remarquable dans le paysage musical montréalais. L’auteur-compositeur-interprète avait publié un premier EP il y a trois années et demi de cela lui ayant permis d’avoir quelques récompenses prestigieuses telles que . En ce début d’année, il est prêt à frapper fort avec son premier long-format du nom de t.o.m. ou la trajectoire des perséides.

Et comment est-ce qu’Alphonse Bisaillon compte frapper fort ? Tout simplement en nous offrant un disque conceptuel qui trouvera un certain écho en nous. L’élève spirituel de Pierre Lapointe part dans une thématique absolument fascinante, à savoir qu’est-ce que la masculinité ? Elle est aussi fascinante que dérangeante, comme l’atteste « chroniques » qui est une critique acerbe riche en allitérations. Tout au long de ces quinze compositions absolument théâtrales, t.o.m. ou la trajectoire des perséides interroge l’homme dans ses contradictions, ses valeurs et ses aspérités et ce dès le départ avec « reel talk » tout en mettant en toile de fond l’absurdité de la vie.

Accompagne de son alter-ego qu’est t.o.m. qui est une silhouette de ce qu’il pourrait devenir, l’artiste originaire de Saint-Hyacinthe y compte voir plus large que l’homme à travers des morceaux pour les moins cinématographiques à l’image des très avenants « l’avenir et moi », « dessins désanimés » ou bien également « dubstep et le fantôme secret de Saint-Hyacinthe ». Passant sans vergogne de la chanson française à la musique néo-classique en passant par le jazz manouche, le dubstep ou encore le pop-rock et le slam bien groove, ce disque incitera son auditoire à ouvrir notre sixième sens avec d’autres trouvailles riches en originalité telles que « Mr. Freeze au valium » qui a quelque chose de Pierre Lapointe, son influence ultime, ou encore les plus foutraques « party de bourreaux » et « monsieur Quan ».

Mêlez ceci à la poésie brute et les arrangements hors du commun notamment sur « un jeu de lumière » et sur « t.o.m. au miroir », et vous obtiendrez un t.o.m. ou la trajectoire des perséides qui est une œuvre à la fois réfléchie et imprévisible qui saura jouer avec nos sens. Et c’est ce qui fera d’Alphone Bisaillon sa singularité dans le paysage musical montréalais d’ici les prochains mois.

Note: 7.5/10