
Si il y a bien une artiste qui nous avait tant manqué durant tout ce temps, c’est bel et bien Aldous Harding. En effet, il fallait remonter au printemps 2022 pour avoir les derniers faits d’arme de l’incroyable musicienne lorsqu’elle a publié son dernier album en date du nom de Warm Chris. Et autant vous dire qu’elle nous a manqué car la voici de retour en ce milieu de printemps avec son successeur tant attendu du nom de Train On The Island produit une fois de plus par John Parish. Eh oui, on ne change pas une équipe qui gagne !
On avait plus que hâte d’appuyer sur la touche Play et de se laisser enivrer dès les premières notes de « I Ate The Most ». Dépouillé et envoûtant, on se familiarise avec le timbre de voix si particulier d’Aldous Harding pouvant changer de registre selon son humeur tandis que ses textes font toujours autant preuve de surréalisme et de tongue-in-cheek (« I’m not afraid like you’re not gay and you’re not old like I’m on the spectrum », chante-t-elle) parfois dérangeante (« Sometimes I eat till I vomit, there’s heavy and there’s heavier », chante-t-elle). De quoi démarrer ce Train On The Island de la manière la plus épurée qui soit avec les arrangements dépouillés de « One Stop » plus angélique ainsi que des ambiances plus brumeuses et solennelles que l’on retrouve sur le morceau-titre et « Worms » qui viendra se muer petit à petit en une sublime et déchirante ritournelle au piano.
Aldous Harding rayonne de plus belle à travers ce Train On The Island qui brouille les pistes entre spleen permanent et écrin de lucidité éclatant. Cette frontière est mince est parfaitement exprimée lors de la sublime collaboration avec le britannique H. Hawkline sur « Venus In The Zinnia » plein de délicatesse avant de prendre de la hauteur avec des élans pop que sont la parfaite triptyque « If Lady Does It », l’onirique « San Francisco » (quelle conclusion purée… *chief’s kiss*) et « What Am I Gonna Do ? » finement arrangés. Avec ces textes tout aussi imagés et quelque peu cryptiques, notre protagoniste tutoie les sommets avec des influences dignes de Jessica Pratt sur « Riding That Symbol » ou encore sur le final vaporeux et céleste du nom de « Coats » avec un refrain que l’on peut facilement chanter sans oublier les vocalises de la néo-zélandaise nous mettant sens dessus dessous une énième fois. Mais on ressort tout de même un peu triste car ce magnifique voyage musical prenne fin.
Donc oui, n’ayons pas peur des mots: Train On The Island est sans conteste le meilleur album de sa discographie. Aldous Harding signe un retour triomphal où elle mise sur le côté universel des textes à double-sens tout en privilégiant une production dépouillée afin de laisser beaucoup d’espace et de confort. Entre élégance indie folk et ascensions pop célestes finement arrangés, ce chef-d’œuvre mérite toute l’attention en raison de cette magie qui se dégage à chaque écoute répétée et attentive.
Note: 10/10
