mary in the junkyard – Role Model Hermit

Il aura fallu d’un EP pour que la machine mary in the junkyard puisse se mettre en marche. Le trio londonien avait publié un this old house qui leur a valu une consécration tant méritée. Après avoir fait les premières parties de The Murder Capital et de Wet Leg ainsi qu’une session KEXP mémorable, l’heure est venue pour la formation de frapper de nouveau fort avec leur premier long-format du nom de Role Model Hermit.

Ce qui a fait la singularité de mary in the junkyard, c’est cette facilité de brouiller les pistes entre art-rock, indie folk et post-rock. Et cette fusion musicale que Clari Freeman-Taylor (chant, guitare), Saya Barbaglia (basse, viola, violon) et David Addison (batterie) sauront maîtriser, compte mettre tout le monde d’accord dès le départ avec « Mantra III » dont les premières notes installent une ambiance tout en suspens sans oublier cet adage répété tel un mantra (« It is yours babe, you deserve it »). Role Model Hermit poursuit dans cette voie avec le plus langoureux « Blood » tandis que le rythme s’emballe au fur et à mesure quitte à en devenir intense, un peu comme feu Porridge Radio ou avec le plus rugueux et explosif « Seek and Destroy » faisant sortir définitivement les guitares.

Il n’y a pas de doutes, ce premier album de mary in the junkyard promet monts et merveilles avec la voix céleste de Clari Freeman-Taylor ainsi que les arrangements riches qui l’accompagnent en guise de fil conducteur. Ce n’est pas fin car le trio londonien enfonce le clou avec le groove irrésistible et l’énergie contagieuse de « New Muscles » avant que les faussement enjoués « Myrtle » et « Peter The Dog » viendront nous ensorceler comme personne. Il est question de rupture amoureuse et de masculinité toxique notamment sur le mélancolique et ténébreux « Crash Landing » absolument frissonnant mais également de comportement autodestructeur en amour sur le plus délicat et minimaliste « Candelabara » ainsi que d »attachement envers les animaux sur la conclusion poignante du nom de « Mouse » aux faux airs d’English Teacher. Une preuve que le trio sait accompagner son songwriting avec brio.

Ajoutez ceci à des moments impressionnants tels que « Welcome Break » ou encore « Thou Shalt Sprout » absolument électrique et vous obtiendrez un Role Model Hermit riche en sensations fortes. Il n’y a aucun doute, mary in the junkyard remplit le contrat avec brio avec ce premier album d’une maturité indéniable qui mérite son lot d’écoutes répétées afin de déceler toutes les nuances qui se dissimulent derrière ces arrangements brillants.

Note: 9/10