
Lorsque Julia Holter fait son retour, cela reste toujours un événement musical. Chaque disque est un voyage musical dont on en ressort quasiment pas indemne, surtout pas son précédent album nommé Something In The Room She Moves il y a deux années de cela maintenant. Et il en est de même pour son successeur nommé Materia.
Considéré non comme un sesuel mais comme étant une œuvre complémentaire à Something In The Room She Moves, Materia ira clairement nous en faire voir de toutes les couleurs. Julia Holter s’éloigne quelque peu du chaos réconfortant pour se rapprocher du minimalisme émouvant, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « The Laugh Is In The Eyes » qui nous emmène en terrains connus avec cette pop de chambre langoureux et quelque peu jazzy ainsi que « My Lost One » qui suit avec cet ascenseur émotionnel hors du commun. Son interprétation en suspension se heurte aux nappes synthétiques suffit pour nous dépayser aisément avant d’entrer dans de nouveaux territoires musicaux.
En effet, Julia Holter se rapproche des influences ambient par la suite avec « Fantasy » un brin expérimental mais ô combien renversant et onirique ayant de quoi rappeler Björk par moments mais avec le méditatif « Clepsydra » aux faux airs de Laurie Anderson qui mettra au premier plan les mellotron MIDI. Petit à petit, on pénètre dans un univers parallèle où tout semble imperceptible et abstrait, notamment avec le morceau-titre (que l’on connaissait déjà car il était présent sur Something In The Room She Moves) décliné en deux parties avec une première version presque Brian Eno dans l’esprit et une seconde plus hantée qui nous fera frémir comme jamais. Impossible non plus de passer à côté de la pièce de résistance de 10 minutes nommée « My Twin » qui est une belle improvisation musicale tiraillée entre l’avant-garde et l’ambient. Une preuve que Julia Holter réussit à brouiller les pistes afin de nous en faire voir de toutes les couleurs dans cette œuvre en perpétuelle métamorphose.
Note: 8/10
