
L’année dernière, Emma Ruth Rundle avait pris le monde de court avec son précédent album nommé Music From The Bella Vista en raison de ses influences neo-classical où le piano a pris une place absolument centrale. Mais rassurez-vous, la musicienne de Portland ne compte pas retenter l’expérience car elle revient aux bases avec son sixième album événement du nom de These Killing Times.
Ce nouveau disque s’ouvre sur un « Powerless » notable par cette mélodie au piano absolument ensorcelante avant de laisser place à l’interprétation pleine d’émotions d’Emma Ruth Rundle brouillant les pistes entre la défiance et la tendresse contrastant avec les riffs bien sludgy emportant tout sur leur passage pendant les refrains. De quoi planter le décor avec tant de maestria avec entre autres des compositions plus contemplatives et émouvantes à l’image de « God’s Picture » presque folk dans l’esprit où le piano et les cordes ne font qu’un avant de partir sur des terrains shoegaze sur « Anvil » et « Catherine’s Wheel », notable par ces modulations vocales rappelant quelque peu PJ Harvey.
These Killing Times poursuit dans cette voie avec la dark romance du magnifique et aérien « Don’t Delay Heaven » témoignant de cette capacité pour Emma Ruth Rundle de procurer de nombreuses émotions comme sur « Enough » brouillant les pistes entre folk et noise-rock, sans oublier ce refrain qui s’annonce légendaire. Petit à petit, la musicienne de Portland compte passer du côté obscur avec « Human Kindness » montant en puissance avec l’explosion avec ces riffs presque noisy et metal qui emportent tout sur son passage avant que le calme ne revienne pour de bon avec « Oceans of Time » en guise de conclusion élégiaque conviant Lukas Frank, Marissa Nadler ainsi que Amelia Baker pour les chœurs. Une chose est sûre, c’est qu’Emma Ruth Rundle vacille entre ombre et lumière sur ce These Killing Times notable par cette incroyable densité qui fait mouche à chaque écoute.
Note: 8/10
