
Il y a trois années de cela, Pam Risourié a réussi à se démarquer de la scène avec leur premier album nommé Days Of Distorsion. Le groupe de dream-pop/shoegaze français n’aura pas fini de monter avec leur univers en clair-obscur et ô combien foisonnant qui nous a autant marqué à chaque sortie. En cette rentrée, la formation viendra enfoncer le clou avec l’arrivée de leur successeur qui s’intitule I’ll never be human.
Après s’être offert les services de Simon Scott, batteur de Slowdive, pour Days Of Distorsion, pour ce second disque, Pam Risourié recrutera Peter Deimel et Rhys Edwards d’Ulrika Spacek pour la production. Et autant dire que le résultat se fait entendre dès le morceau-titre introductif où le groupe réussit à mêler sans vergogne shoegaze, dream-pop et slowcore pour un résultat beaucoup plus immersif et plus clair-obscur qu’à l’accoutumée avant de laisser place à des plages beaucoup plus contemplatives telles que le brûlant « Immer » notable par cette ligne de basse obsédante et le doux-amer « Moth » avec ces guitares infernales qui n’auront pas fini de nous frissonner.
Sur I’ll never be human, il est question de déracinement et de solitude avec cette sensation de déphasage face à l’époque actuelle et face à notre environnement. Pam Risourié brouille les pistes entre l’existence artificielle et cette volonté de créer un lien grâce à ce storytelling absolument prenant qui fait mouche sur « Sunds » et sur « Who Am They, Who Are I ». Au milieu de ces morceaux vrombissants subsistent quelques moments de respiration avec notamment « Reborn » où une guitare acoustique mène la danse avant de repartir de plus belle avec la pièce maîtresse de neuf minutes qu’est « Quicksands » aussi massif que sensible et grandiose.
Après une conclusion enveloppante du nom de « You, The Drug and The Rain », Pam Risourié opère un véritable tour de force avec I’ll never be human qui nous procurera énormément de frissons. Grâce à l’expertise du tandem Deimel/Edwards, le groupe réussit à peaufiner et densifier leurs compositions afin de mieux retranscrire cette sensation de dépaysement et de malaise palpable qui reste universelle.
Note: 8.5/10
