
Cinq longues années se sont écoulées depuis le dernier album d’Il Est Vilaine qui se nommait Les Mystères de l’Orient. Et suite à cela, le duo parisien s’est quelque peu fait discret après une multitude de collaborations et de sets qui a contribué à forger leur réputation tenue jusqu’ici. Et en cette rentrée, ils reviendront frapper fort avec leur successeur tant attendu du nom de Best Service.
Fort heureusement, Il Est Vilaine n’a rien perdu de son excentricité à travers ces treize nouveaux titres riches en intensité. Débutant avec « Love or nobody » en compagnie de Rebolledo (Pachanga Boys) des plus psychédéliques, Best Service est une sacrée mosaïque musicale qui nous plonge dans une époque bien anxiogène et chronophage. Il est suivi de très près par les allures plus house de « Hands in the air » avec la voix caverneuse de Yan Wagner qui annonce un second disque à la fois surprenant et hétéroclite.
Avec Il Est Vilaine, soyez assurés que l’on voyage bien et ce Best Service vous le rappellera très bien. On navigue aussi bien en Pologne en compagnie de Yula Kasp sur « Battles » qu’en Ukraine avec Iuri Khustochka et Kate Curly qui sont sur « Pobuvai na dni » pour les moins clairs-obscurs avant de revenir sur nos terrains hexagonaux avec « Femme Peinture » conviant Simone Ringer (oui, la fameuse fille de Catherine qui nous a tragiquement quitté cette semaine, paix à son âme). Mais au milieu de ces influences diverses et variées, le duo n’a pas renié ses origines club avec entre autres les rebondissants « Tiki Dam Dam » et « Signal » avant d’arpenter des influences motorik/krautrock sur « Motoric Way » ou les breakbeats survoltés de « Tobacco and Patchouli » sans oublier les allures synthpunk de « Ketchup Purée ». Ajoutez ceci à un « Best Friend » en guise de conclusion basée sur la bromance et vous obtiendrez un Best Service des plus ambitieux où Il Est Vilaine saura alterner club et voyage immobile à travers ce large panel de sensations auditives.
Note: 7.5/10
