Claire Cronin – The Bruise

Tiens donc, ça faisait un petit bout de temps que nous étions sans nouvelles de Claire Cronin. En effet, la dernière fois que la musicienne californienne nous a fait frissonner, il fallait remonter cinq ans en arrière avec son précédent album du nom de Bloodless qui fut une fois de plus hors normes. A l’approche de Halloween, quoi de mieux que d’avoir de nouveau des frissons en sa compagnie avec un nouvel album à la clé du nom de The Bruise.

Ce nouveau disque s’ouvre sur un « Black Water » des plus malaisants. Le jeu de fingerpicking ainsi que l’interprétation frémissante de Claire Cronin restent présents mais il est question de trauma inimaginable et d’histoires terrifiantes dont une noyade soudaine tandis que les arrangements éparses prennent le dessus progressivement, comme sur « Before The End Of Time » et sur « There Was No Sound » racontant le traumatisme de donner naissance à un enfant. Impossible de ne pas rester de marbre à partir de là, je vous le dis.

The Bruise n’aura pas fini car Claire Cronin ose reprendre la fameuse comptine de Noël de « Silent Night » en se la réappropriant pour en faire un hymne sur le trauma intergénérationnel et la santé mentale mais aussi en se mettant dans la peau d’une mère suicidaire. Il est suivi de très près par le mystique « Poison Arrow » ayant de quoi rappeler du Low par moments mais également les influences plus slowcore de « Save A Little Hell » et de « Iris In Pyre » tandis qu’une bataille mentale persistante avec les démons du passé persiste jusqu’au bout avec « House In The Pines » où notre protagoniste est courtisé par le diable lui-même (« Straight out of Hell, I heard a bell / Deep in the ground at the back of the yard », chante-t-elle).

Pour ce grand retour, Claire Cronin voit les choses en grand à travers ce chef-d’œuvre de horror folk qu’est The Bruise. La musicienne nous invite à cette leçon d’exorcisme musical qui nous laissera clairement bouche bée du début à la fin. Vous voulà prévenus.

Note: 8.5/10