oda. – chair

Depuis leurs débuts en 2022, oda. continue d’entretenir son mystère. Le duo angevin composé d’Anna Bozovic et de Théo Noël-Appery est sorti des sentiers battus avec leur univers musical chatoyant et poétique qui leur a permis d’accéder au tremplin Les Inrocks Super Club, ce qui n’est pas rien. Après tant de temps d’attente, le groupe présente enfin son premier album du nom de chair qui tombe à pic en cette fin d’année qui s’annonce glacial et anxiogène.

Une fois n’est pas coutume, on retrouve ce qui a fait la singularité de oda., à savoir un croisement entre folk, indie pop et textures électroniques qui transportera son auditoire vers de nouvelles contrées. Et très vite, on plonge dans ce monde clair-obscur avec entre autres « le lilas » qui ouvre le disque de façon magistrale et touchante où on se laisse guider par l’interprétation magnétique d’Anna Bozovic côtoie parfaitement ces ambiances cotonneuses et éthérées. Des ambiances qui prendront son ampleur à travers d’autres moments épurés tels que « chair » et « tout disparaîtra » entre autres.

Cette alliance entre nappes synthétiques et mélodies acoustiques continue de faire effet tout au long de chair, et c’est sans compter sur l’alchime indéniable du duo angevin. La singularité d’oda. tutoie les sommets à travers de nombreuses perles suspendues dans le temps comme « tout disparaîtra » et « I was talking about love » vacillant entre langue de Molière et langue de Sheakspeare, tandis qu’ils nous incitent à suivre notre instinct et à écouter son corps pour mieux prendre possession. Cette frontière mince entre fragilité et résilience continue de se manifester avec notamment « my silence » mais encore « the cloud » permettant ainsi à oda. de se livrer à son auditoire à travers ces récits singuliers et intimistes qui feront le sel de chair.

Note: 8.5/10