Big Wool – Big Wool

Le label Kütu Records est spécialisé dans le registre indie rock revival des années 1990 à la française. On vous a parlé de Niandra Lades, Talma Suns et autres et là, on vous parle d’un nouveau groupe prometteur du nom de Big Wool. C’est un quintet angevin (issu d’autres groupes comme Pony Pony Run Run, VedeTT, Coco Grrls, Scènefonia…) mené par Maxime Dubosz du groupe San Carol qui possède un énorme faible pour l’indie rock des années 1990 et la shoegaze, comme ils le montrent sur leur premier opus.

Et très rapidement, ça démarre en trombe avec le doux et lumineux « Home » qui capture l’essence même de leur musique, sans oublier sa seconde partie plus vertigineuse avec le violon de Baptistine Bariller qui rajoute une plus-value. On poursuit avec d’autres perles telles que la pop harmonieuse de « Always Goes Wrong » avec son duo basse/batterie qui fait des malheurs, le shoegaze en apesanteur de « Vanishing Point » ainsi que la pièce maîtresse de l’album qu’est « The Fall » où en 7 minutes, on passe des moments folk aux aspects shoegaze sans oublier sa teinte très post-rock soutenue par ses enivrantes notes de saxophone.

La seconde partie de l’album n’est pas en reste non plus avec le poignant « Friends Again » où la formule chant/guitare nous laisse sans voix tandis que « She » en remet une couche où pendant 6 minutes on passe de la douceur à la force et le dernier titre « Supertrigger » nous accompagne tendrement vers la sortie avec son ambiance de ciel dégagé symbolisé par ce violon étourdissant. Hormis l’expérimental « Underwater », Big Wool est non seulement un ode à l’indie rock de deux décennies à l’arrière mais aussi une invitation au lâcher-prise grâce aux morceaux sentimentaux et raffinés.

Note: 8/10

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Offa Rex – The Queen of Hearts

La dernière fois que l’on a eu des nouvelles de The Decemberists, c’était en 2015 avec leur dernier album en date What A Terrible World, What A Beautiful World (chroniqué ici). Depuis tout ce temps, le groupe s’est bien fait discret mais n’hésite pas à s’éclater dans de nouveaux projets annexes comme Offa Rex qui convie la chanteuse britannique Olivia Chaney sur leur premier album bien anachronique du nom de The Queen of Hearts.

Offa Rex flirtera avec les origines du folk britannique aux consonances aussi bien psychédéliques que médiévales et il nous accueille dans leur univers jamais suranné avec le morceau-titre qui ouvre le bal avec la sympathique interprétation d’Olivia Chaney mais aussi les plus vintage « Blackleg Miner », « Flash Company » et « The Old Churchyard ». Tout ceci contrebalance parfaitement avec les reprises réussis comme la poignante « The First Time I Saw Your Face » d’Evan MacColl joué à l’harmonium qui est un sacré moment solennel.

The Queen of Hearts est truffé d’arrangements en tous genres notamment avec la présence de nombreux instruments comme le clavecin, les cordes et les cuivres ou même l’arrivée incongru de l’accordéon sur l’interlude instrumental « Constant Billy (Oddington) / I’ll Go Enlist (Sherborne) ». Offa Rex n’hésite pas non plus à lorgner vers des contrées plus électriques notamment sur le très Led Zeppelin « Sheepcrook and Black Dog » coincé entre deux ballades folk psychédéliques comme « Bonny May » et « To Make You Stay ». Si vous avez envie de retomber dans les décennies antérieures, vous serez enchanté par l’univers merveilleux d’Offa Rex où la rencontre entre The Decemberists et d’Olivia Chaney est une fusion incroyable.

Note: 7.5/10

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