Teen Suicide – It’s The Big Joyous Celebration, Let’s Stir The Honeypot

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Nota bene: Cette chronique a été rédigée entre avril et mai 2016 mais a été mise à jour en janvier 2017. A cause de sa longue durée, ça a été presque un challenge d’écrire cette chronique du probable ultime album de Teen Suicide. Entre temps, j’avais d’autres chroniques et autres demandes sur le feu donc elle a été mise de côté inconsciemment. 

En 2012, Teen Suicide s’est fait connaître non seulement par son nom assez pessimiste mais par son premier album I Will Be My Own Hell Because There Is A Devil Inside My Body. Sam Ray, la tête pensante du projet, qui est également à la tête des projets musicaux comme Ricky Eat Acid et Julia Brown, avait mis entre parenthèses ce groupe pour s’épanouir artistiquement avant de revenir cette année avec un second (et probablement ultime) album intitulé It’s The Big Joyous Celebration, Let’s Stir The Honeypot.

Pour bien mettre un terme à l’aventure Teen Suicide, il nous présente un album composé de 26 morceaux pour 69 minutes de musique ! Non, ce n’est pas une beat tape mais bel et bien un disque d’indie rock lo-fi américain qu’on a affaire là. Le natif de Silver Spring, dans le Maryland, nous fait entrer dans son jardin secret où les influences musicales sont tellement larges. Allant de l’indie rock pur et dur avec des morceaux qui vont droit au but comme « Living Proof », « Alex » ainsi que « Long Way Down » très Alex G et autres plus lo-fi comme « God » (avec sa punchline « I don’t feel safe in my body ») et le garage-rock « Devotion », on nage dans la psychologie complexe et tortueuse de son auteur. Énormément inspiré de ses autres projets musicaux, Sam Ray s’autorise beaucoup mais beaucoup de liberté artistique. On pensera tantôt aux folies électroniques de Ricky Eat Acid sur « Obvious Love », « It’s Just A Pop Song », la mélodie pianotée du très étrange « I Don’t Think It’s Too Late » ou même les instrumentaux « My Little World » aux saveurs ambient ainsi que le distordu « The Stomach Of The Earth » tantôt à son side-project de bedroom pop Julia Brown sur les courtes ballades comme « Violets », « Big Mistake », les magnifiques « Have A Conversation » et « Neighbourhood Drug Dealer ».

On a également le droit à certaines curiosités comme les influences de feu J Dilla sur le funk mutant de « Wild Things Runs Free » mais aussi à pas mal de faux pas. Sérieusement, que vient foutre la cacophonie inécoutable de « Beauty » qui vient gâcher l’harmonie de l’album ? Heureusement que ça dure que ce bordel ne dure que 2 minutes 10 d’ailleurs. Mis à part cette petite erreur de parcours, l’album-qui-possède-un-titre-à-rallonge-que-j’ai-pas-envie-de-retaper possède sa propre couleur et son propre univers où il s’autorise tous les plaisirs coupables car c’est son disque. Il n’hésite pas à tacler les groupes indie rock d’aujourd’hui aux inspirations revival 90’s qui veulent faire du Pavement 2.0 sur le bien évident « Pavement » (« Pavement were an OK band but you don’t gotta sound like them, you were two when Cut Your Hair came out »). Ce n’est pas aussi une surprise que l’on croise Harmony Trividad de Girlpool, David Courtright, Neil Sanzgiri, Alec Simke, Kinsey Matthews, Elizabeth Sea, Owen Pallett, Josephine Ray, Spencer Radcliffe, Sean Mercer, John Toohey et Caroline White qui prêtent leurs voix sur quelques morceaux et des musiciens du groupe Elvis Depressedly qui interviennent de temps à autre. Teen Suicide nous la jouerait-il comme Kanye avec la mi-supercherie mi-chef-d’oeuvre The Life Of Pablo ? Nul ne sait mais c’est un peu the united world of Sam Ray et on ne peut pas lui en vouloir.

Pour faire court, ce loooooooong second album au loooooooooong titre est tout simplement un grand manifesto de Teen Suicide et on n’est pas si loin du chef-d’oeuvre en fin de compte malgré quelques moments d’égarement et d’étrangeté. Partagé entre Neutral Milk Hotel, Sparklehorse, Jeff Magnum, Aphex Twin, The Range mais aussi aux side-projects, Sam Ray arrive à nous captiver avec sa vulnérabilité et ses textes sentant la frustration mais aussi sa foi en Dieu qui lui donne une des raisons de tenir encore debout. On peut dire que ce bonhomme possède de l’ambition et c’est d’ailleurs pour cela qu’il reste un des musiciens les plus intrigants du moment qui a remporté le défi haut la main et il fallait une conclusion dantesque à Teen Suicide digne de ce nom. It’s The Big Joyous Celebration, Let’s Stir The Honeypot fait parti de ces longs albums qui méritent plusieurs réécoutes pour pouvoir capter le message puissant et percutant de son auteur.

Note: 8.5/10

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