St. Vincent – Masseduction

Est-il vraiment nécessaire de présenter St. Vincent à ce stade de sa carrière ? Mais sérieusement ? On parle quand même d’Annie Clark, ancienne membre du Polyphonic Spree, auteure-compositrice-interprète de talent, guitariste virtuose et cinéaste aussi bien surdouée que barjo. Auteur de quatre disques considérés comme des classiques de l’histoire de l’indie rock américain, la superhéroïne nous présente enfin son cinquième opus Masseduction où elle tente le tout pour le tout une nouvelle fois.

Maintenant qu’elle n’a plus rien à prouver, St. Vincent qui a le goût de l’expérimentation décide de repousser au plus loin les limites ici. On avait déjà eu un aperçu sur son dernier album paru en 2014 où elle flirtait avec l’électro-rock et bien Masseduction lui permet de pousser les précurseurs au maximum en faisant appel à pas mal de collaborateurs: son fidèle producteur John Congleton mais aussi le très discutable Jack Antonoff alias Bleachers (dont je ne toucherais probablement pas un mot sur son dernier opus), Lars Stalfors ou encore le saxophoniste Kamasi Washington et… Soundwave ?!? Un des deux principaux producteurs du label TDE (Kendrick Lamar, ScHoolboy Q, Jay Rock, Ab-Soul…) ? Ça peut paraître incongru mais c’est sans connaître le talent d’Annie Clark.

Et on commence plutôt bien avec un « Hang on Me » sinueux et électronique qui pose parfaitement les bases de Masseduction avant que déboule la première pièce de résistance pop enjouée et entraînante qu’est « Pills » et son refrain qui rentre facilement dans la tête comme un jingle publicitaire (« Pills to wake, pills to sleep / Pills, pills, pills every day of the week / Pills to walk, pills to think / Pills, pills, pills for the family ») avant un final plutôt magistral avec l’intervention divine de Kamasi Washington au saxophone. En soi, St. Vincent fait de sa vie un théâtre musical où l’on hésite entre les rires et les pleurs. Ici, elle remet en doute sa sexualité sur « Masseduction » plutôt sulfureux et incendiaire mais également sur « Savior » et le funky « Los Ageless », nous raconte ses peines d’amour sur les intonations new wave de « Young Lover » relatant sa dernière liaison avec Cara Delevigne, rend hommage au fameux Johnny qui fut présent sur l’album précédent sur le reposant « Happy Birthday Johnny » ainsi qu’aux derniers héros de la musique décédés l’an dernier que sont Bowie et Leonard Cohen sur la ballade quasi-Broadway « New York ».

L’américaine n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de mettre à l’évidence pas mal de genres musicaux avec les intonations techno surprenants de « Sugarboy », la pop 8-Bits de « Fear The Future » avec une énergie quasi-Bowiesque qui plane au-dessus sans oublier ses ballades plus poignantes que sont « Slow Disco » avec ses cordes ingénieuses et son coda interprété par Jody Williams mais également le dernier morceau intitulé « Smoking Section » qui possède des airs de music-hall. Une fois de plus, Masseduction se rajoute au palmarès impeccable de St. Vincent qui règne toujours au-dessus de ses concurrentes du moment, même si Strange Mercy restera toujours sa référence absolue pour moi. Mais qu’importe, Annie Clark règne toujours en maîtresse et ça fait plaisir.

Note: 8/10

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