Steve Gunn – The Unseen In Between

En 2016, Steve Gunn avait enfin connu la consécration avec son septième album intitulé Eyes On The Lines (chroniqué ici) qui était son premier album paru chez Matador Records. Pourtant, notre bonhomme originaire de Philadelphie et basé à Brooklyn a connu une carrière bien plus longue que cela sans compter ses collaborations extérieures mémorables (Michael Chapman, MV & EE, Kevin Morby…). Pour ce mois de janvier, il effectue son grand retour avec son nouvel album intitulé The Unseen In Between.

Avec l’aide de son producteur attitré James Eklington, Steve Gunn reprend là où il s’est arrêté trois années plus tôt. C’est avec plaisir que l’on repart sur les territoires folk-rock psychédéliques complètement voyageuses avec une introduction de haute volée intitulée « New Moon » avec ces notes de guitare acoustiques entêtantes et ses instrumentations qui s’en suivent. A l’image de The War On Drugs, The Go-Betweens ou son ancien partenaire de crime Kurt Vile, notre hôte américain nous invite dans une douce errance avec des morceaux aux arrangements somptueux comme « Chance » et « Stonehurst Cowboy » qui est un sublime hommage à son père décédé il y a peu.

On est agréablement surpris de voir passer Meg Baird alias Hand Habits qui est relayée aux chœurs sur le charmant « Vagabond » mais également James Eklington qui arrive à condenser les épopées acoustiques de son hôte avec des instrumentations on ne peut plus électriques tout au long de ce The Unseen In Between. Dès lors, le charme opère dès les premières notes de « Luciano » et de « New Familiar » avoisinant les 6 minutes mettant en avant le climat politique américain qui est loin d’être apaisant en revanche. On est en droit de penser à du Pink Floyd des tout débuts avec « Morning Is Bended » avec un jeu de fingerpicking à soulever, à Mark Knopfler sur « Lightning Field » mais encore à Black Sabbath sur le bien nommé « Paranoid » mais en version space-folk qui clôt ce petit bijou musical mais c’est une façon pour Steve Gunn de payer hommage à ses aînés.

Pour ce huitième opus, il continue son introspection de façon constante afin de trouver sa bonne étoile avec ces neuf compositions indie folk quelque peu arty mais totalement atmosphériques comme on n’en fait plus. C’est dire que Steve Gunn mérite toute reconnaissance avec cette discographie toujours aussi impeccable et constante.

Note: 8.5/10