Al Tarba & Senbeï – Rogue Monsters

Les collaborations entre deux artistes issus de la même scène musicale peuvent toujours donner quelque chose de monstrueux. Dernier exemple en date: Al’Tarba et Senbeï. Les deux beatmakers sont issus de la scène hip-hop instrumentale hexagonale et se sont fait un petit chemin sympathique chacun de leur côté afin de briller. Voilà que les deux figures se rassemblent pour former un opus bien audacieux du nom de Rogue Monsters.

Composé de quatorze titres, le combo Al’Tarba & Senbeï unit leurs forces respectives pour nous offrir une bande-son hip-hop hybride et post-apocalyptique. Entre l’univers sombre et inquiétant d’Al’Tarba et l’univers plus japonisant de Senbeï, une sacrée énergie radioactive et mutante se dégage tout au long de ce Rogue Monsters. Et c’est avec des morceaux riches en grosses basses comme « Rakshasa » qui ouvre les hostilités mais encore « Gangsters » et « More Pressure » où l’énergie punk flirte avec l’esthétique digne de Ninja Tune.

Cet album collaboratif ira convoquer les influences de The Prodigy (avec Keith Flint qui nous a quitté bien brutalement) mais encore de Fatboy Slim et de DJ Shadow sur des instrumentaux audacieux comme « Yellow Fields », « Dahomey » sans oublier « Tarikh ». Rogue Monsters est considéré comme étant un disque hip-hop sous psychotropes où les ambiances psychédéliques dignes de Jefferson Airplane et Grateful Dead arrivent à s’insurger sur ses beats à coups de platine et de MPC qui brisent des nuques tels que « Yurei & Baku » et « Falling ». Bien évidemment, des collaborations sont présents comme Illaman, Youthstar et DJ Nix’On sur « Boris The Blade » et Droogz Brigade qui bouffent littéralement l’instru de « On Hante La Ville ».

Pour cet album collaboratif, Al’Tarba & Senbeï arrivent à cohabiter leurs univers différents pour en faire un disque où les monstres et autres créatures terrifiantes dominent sur des instrus radioactifs et psychédéliques. Un sacré disque de mutant.

Note: 7/10