Emily Reo – Only You Can See It

Il y a trois années de cela, Emily Reo est sortie des sentiers battus avec son album Teach You. Et dès lors, l’auteure-compositrice-interprète originaire de Brooklyn a de suite posé les bases de sa pop stratosphérique qui lui a valu toutes sortes de louanges. Mais trois années se sont écoulées et la voici de retour avec son successeur tant attendu du nom de Only You Can See It.

Ici, Emily Reo repousse les champs du possible et sa pop prend des allures démesurées. Avec des compositions fiévreuses et riches en motifs de clavier sucré en tous genres allant de l’introduction nommée « Phosphenes » au charme dévastateur de « Charlie » en passant par des allures extravagantes de « Ghosting », « Fleur » et autres « Strawberry ». Mettant les misogynes et autres adeptes du mansplaining au sol, la new-yorkaise tire son épingle du jeu avec des morceaux osés n’ayant pas peur du ridicule.

Seule aux commandes de l’écriture au mixage, Emily Reo ouvre un peu plus les portes de son intimité riche en maladies mentales (dépression, anxiété…) et son ras-le-bol face à la société de plus en plus patriarcale et oppressante pour la gente féminine. Et elle n’hésite pas à exprimer le fond de sa pensée sur ses productions bien taillées pour le FM comme le fut Art Angels de Grimes il y a quelques années de cela. Que ce soit sur l’hypnotique « Counterspell » ou sur « Sundowing » ainsi que la touchante conclusion « In Theaters », la musicienne n’a pas peur du ridicule. Et même si certaines productions un peu trop sucrées frôlent parfois le risque d’overdose, on ne peut qu’applaudir la prise de risque de la mamzelle sur ce Only You Can See It.

Note: 7/10