Sowal Diabi – From Kaboul To Bamako

Quand le climat sociopolitique devient musical, les consciences s’éveillent plus facilement. C’est notamment le cas pour le collectif Sowal Diabi né en 2019 en Belgique initié par Saïd Assabi autour d’une réflexion sur l’apport des réfugiés. Dans ce collectif, on retrouve la chanteuse malienne Mamani Keita, son homologue et violoniste iranienne Aida Nosrat, la joueuse du luth târ iranienne Sogol Mirzaei, le chanteur et virtuose turc d’origine kurde Rusan Filiztek, le joueur de tablas afghan Siar Hashimi et enfin tous les musiciens du groupe d’ethio-jazz français Arat Kilo qui viendront faire parler leurs talents respectifs sur un premier album intitulé From Kaboul To Bamako.

Tout au long de ces quatorze nouveaux titres, Sowal Diabi (« sowal » veut dire « question » en persan et « diabi » veut dire « réponse » en bambara) brise toutes frontières musicales à bon escient. Peu importe si l’on retrouve les sonorités balkaniques, orientales ou encore de l’Afrique de l’Ouest, le grand carrefour musical reste incroyablement vibrant et dépaysant avec de sublimes pièces telles que « Désert », « Kera Kera » euphorique en son genre ou bien encore « Dalila ».

On navigue à travers une multitude d’émotions avec entre autres des moments dansants (« Solila », « Dia Barani ») et d’autres plus poignants et contemplatifs (« Master Gui », « Écoute Le Ney »). L’alchimie entre Mamani Keïta et Aida Nosrat fait mouche tant elles ramènent des vibrations locales pour mieux nous dépayser avec notamment « Râhé Nour » ou encore « Snow In Addis » avant de nous aventurer vers des terrains balkans sur « Drum Talk » et « Mirage ». Et c’est ce qui fera la force de Sowal Diabi qui appelle au rassemblement et à l’ouverture sur le monde avec un premier album voyageur et harmonieux.

Note: 8/10