Bambara – Birthmarks

De fil en aiguille, Bambara continue de s’imposer. Le groupe new-yorkais n’avait laissé personne indifférent avec leur précédent mini-album nommé Love On My Mind (chroniqué ici) pour le moins atmosphérique et romantique. Allons savoir ce qu’ils nous ont réservé pour cette nouvelle aventure musicale qui s’intitule Birthmarks.

S’ouvrant avec un « Hiss » beaucoup plus anxiogène et plus terrassant, Bambara amorce un virage plus noir qu’à l’accoutumée. Le post-punk plus radical et plus ténébreux continue de nous faire frémir avec d’autres compositions cathartiques et d’une puissance inégalable comme « Letters From Sing Sing » ou bien encore « Face Of Love » avec ces notes de piano posant le décor de façon théâtrale comptant sur la participation de Madeline Johnston alias Midwife aux chœurs tandis que Reid Bateh passe en revue le cycle de la violence et de l’impact que cela génère en nous.

Avec Birthmarks, Bambara réussit à interpeller son auditoire en détaillant le mécanisme de l’emprise que l’on peut avoir envers une personne et de façon réciproque ainsi que les traumas (intergénérationnels) que cela engendre. C’est en puisant son inspiration auprès du roi des ténèbres des temps modernes qu’est Nick Cave que le groupe brille de mille feux sur « Pray To Me » entre autres avant de prendre de la hauteur avec des moments à la fois tortueux et grandioses que sont « Holy Bones » et « Elena’s Garden » avec son coda presque jazzy.

Birthmarks tutoie les sommets avec l’atmosphérique « Because You Asked » avant de s’engourdir et de s’intensifier sur « Dive Shrine » et « Loretta » nous propulsant dans les ténèbres de façon théâtrale. Cette ambiance hantée et ces thématiques sombres (mort, violence, meurtres, histoires d’amour perdu et sans issue) qui plane tout au long permettra à chaque membre Bambara d’explorer de nouveaux recoins sonores et vocales pour mieux nous faire frémir tout en vacillant aisément entre le théâtral et la brutalité.

Note: 8.5/10